Maroc : installation des ovins à Skoura

Dans le cadre du projet ‘Envol des femmes‘ lancé en octobre, 150 femmes de la région de Ouarzazate au Maroc sont accompagnées dans leur activité d’élevage caprin et ovin. L’appui à l’élevage de moutons débute par le choix des bénéficiaires ; 20 femmes ont été identifiées. L’équipe de ROSA a d’abord sensibilisé les éleveuses sur l’enjeu de se regrouper en coopérative, pour être plus fortes et conforter leur activité d’élevage. La coopérative LKSSIBA ainsi créée regroupe aujourd’hui l’ensemble des femmes bénéficiaires. Les femmes choisies ont assisté à la première session de formation sur « l’habitat, l’alimentation et l’abreuvement ». Ces formations leur ont permis de construire elles-mêmes les abris selon les normes et les démonstrations faites. L’équipe ROSA est passée ensuite vérifier que les bergeries construites suivaient les recommandations. Ces temps de formation et de construction ont été réalisés avant l’arrivée des animaux. Cela permet de consolider les connaissances de bases pour une bonne prise en charge des animaux dès leur arrivée et limiter ainsi la mortalité des animaux. Le 16 mars, 40 brebis ont enfin été achetées. Les femmes étaient très excitées à l’idée de recevoir leurs animaux. Elles se sont levées tôt et se sont rendues chez la présidente de leur coopérative Lkssiba pour accueillir ROSA …et les brebis ! Devant l’ensemble des femmes de la coopérative, ROSA a effectué le tirage au sort pour que chaque femme ait ses brebis sans crainte de favoritisme. 2 brebis ont été distribuées à chaque éleveuse et 4 béliers ont été donnés à la coopérative. Suite à cela, ROSA a aussi distribué 122 kg de semences de luzerne et de l’orge pour assurer l’alimentation des animaux, ainsi que les portes et les mangeoires qui garantissent un abri sain et de qualité pour le bien-être des animaux. Ce moment était historique pour elles, elles ne sont pas près de l’oublier ! Elles ont partagé leurs émotions avec l’équipe de ROSA en témoignant que « c’est  la première fois qu’elles sentent qu’elles ont raison et qu’elles ont fait le bon choix ». C’était aussi l’occasion pour elles de les sortir de leur coquille et de faire entendre leur voix. La joie était évidente sur leurs visages ce jour-là, nous leur souhaitons à toutes un bon démarrage et de la réussite dans leur élevage ! « C’est la première fois qu’elles sentent qu’elles ont raison et qu’elles ont fait le bon choix » Je soutiens ces femmes Zahra Jamil, Animatrice de ROSA

Monica, éleveuse de pintades : une référence dans son village

La région des Savanes est la région la plus pauvre du Togo : 90% des personnes y vivent avec moins d’1€ par jour. L’agriculture demeure l’activité principale malgré les difficultés croissantes liées aux aléas climatiques. L’élevage de pintades y joue un rôle socio-économique fort et représente un bon potentiel dans le développement d’activités génératrices de revenus. Les femmes sont plus particulièrement touchées par la pauvreté. Elles sont peu reconnues. Elles occupent les emplois les plus précaires, souvent dans le secteur informel. Elles ont des difficultés pour accéder au foncier, au crédit et aux formations : autant de contraintes qui les freinent dans le développement de leurs activités et leur émancipation. Monica, éleveuse de pintades Monica a 63 ans. Elle habite le village de Nano au nord du Togo. Elle est agricultrice, vendeuse de pain, éleveuse de pintades et mère de 5 enfants. Avant l’arrivée d’Elevages sans frontières, Monica se heurtait à une faible capacité de production, à une mortalité élevée des pintadeaux et à un manque d’accompagnement technique et économique. Pour se perfectionner dans son activité, Elevages sans frontières l’a aidée à construire un bâtiment d’élevage. Elle a également reçu 100 pintadeaux pour renforcer son cheptel et des équipements : mangeoires, abreuvoirs et pots de chauffage. En plus, elle a suivi des formations sur la conduite de l’élevage, sur la vente de pintades, la santé animale et sur la fabrication de l’aliment pour pintades. Pour le bien-être et la santé de ses pintades, Monica est suivie par un Auxiliaire Vétérinaire d’Elevage (AVE). Il a un rôle important. C’est lui qui la conseille sur l’entretien de son élevage. Il vaccine également les animaux et les soigne si nécessaire. En 1 an, Monica est passée de 100 à 250 pintades. Cela lui a permis d’améliorer et diversifier l’alimentation de toute la famille. Grâce à la vente de ses pintades, elle peut payer les frais de santé et de scolarité de ses enfants et épargner. « Les pintades sont comme un porte-monnaie pour moi. » Monica fait maintenant partie de ces femmes qui se réalisent grâce à l’élevage de pintades. Éleveuse confirmée, elle est un relai précieux pour les femmes de son village qui veulent à leur tour pratiquer l’élevage. Elle les guide et leur donne des conseils pour réussir leur activité. « Tout le village me dit que je suis une grande éleveuse et quand quelqu’un a besoin de pintades, il vient vers moi. » « Depuis que je me suis perfectionnée dans mon activité d’élevage, les autres femmes voient mon évolution et mes conditions de vie améliorées. De ce fait, elles s’intéressent aussi à l’élevage et je les encourage dans ce sens. » Je soutiens ces femmes

Elevages sans frontières fête ses 20 ans

20 ans déjà ! Le 26 janvier 2002, la création de l’association ELEVAGES SANS FRONTIERES, alors dénommée Heifer France, était annoncée au Journal Officiel. Depuis 20 ans, le défi lancé par le fondateur André Decoster pour aider des familles vulnérables à sortir durablement de la grande pauvreté grâce à l’élevage a mobilisé des milliers de personnes dans 15 pays. Rien n’aurait été possible sans les donateurs et sympathisants, les mécènes et bailleurs, convaincus de l’efficacité de notre action et garants de sa pérennité. Alors que les besoins restent immenses, fêtons aujourd’hui les progrès accomplis en ce 1er jour du reste de notre combat aux côtés des familles paysannes. Ecoutez André Decoster et le Président Bruno Guermonprez expliquer comment l’association est née et a évolué et ce que leur inspire cet anniversaire. élever la solidarité. Ce double témoignages est le 1er d’une série qui mettra à l’honneur jusqu’à l’été sur notre page Facebook tous les acteurs de cette aventure solidaire. Qui reçoit du soutien… donne de la vie ! Ensemble, continuons à élever la solidarité. Suivez-nous sur Facebook

Première édition de la foire de la pintade à Dapaong au Togo

Première édition de la foire de la pintade Dapaong, 13 déc. (ATOP) Elevages et Solidarité des Familles au Togo (ESFT) et Elevages sans Frontières (ESF) ont organisé la première édition de la foire de la pintade, du 10 au 12 décembre à Dapaong. La cérémonie de lancement a été présidée par le préfet de Tône, Tchimbiandja Yendoukoa Douti en présence du directeur régional de l’Agriculture, de l’Elevage et du Développement Rural, Douti Lardja, des responsables des associations ESFT et ESF ainsi que des éleveurs. Des stands dédiés à l’exposition et vente de pintades ont été érigés pour la circonstance. Il y a eu également un stand dédié à la vente de matériels traditionnels destinés à l’élevage des pintades tels que des couveuses et des abreuvoirs. Durant ces trois jours d’exposition, 20 exposants ont présenté la richesse et la diversité de leurs produits. Ils ont fait découvrir leur savoir-faire dans le domaine de l’élevage de pintades. https://elevagessansfrontieres.org/wp-content/uploads/2021/12/SESSION-DE-VALORISATION-DES-ACQUIS-DE-LA-PREMIERE-PHASE-DU-PROJET-OR-GRIS-DES-SAVANES-FILIERE-PINTADES-NVO.mp4 Cette foire se positionne comme une vitrine incontournable pour l’émergence des produits pintades issus de la zone de la région des Savanes. Il s’agit de promouvoir la croissance de l’économie par la consommation des biens et services localement produits. La manifestation s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du projet « Or GRIS DES SAVANES : appui à la filière pintade dans la région des Savanes au Togo ». Ce projet vise à réduire la vulnérabilité alimentaire et économique des ménages ruraux grâce au renforcement d’une filière locale permettant une production et une commercialisation améliorées de pintades de la région. Durant 4 ans de mise en œuvre, ce projet a permis aux initiateurs d’élaborer un itinéraire technico économique de production de pintades, de renforcer les capacités de production de 720 producteurs et productrices, de réduire de 40% le taux de mortalité des pintadeaux. Il a permis également la mise en place de 25 champs écoles pour la diffusion des pratiques agroécologiques et de 180 élevages écoles. A l’ouverture de cette foire, le préfet de Tône et le directeur régional de l’Agriculture, de l’Elevage et du Développement Rural ont félicité les initiateurs de ce projet qui a permis de réduire considérablement le taux de mortalité des pintadeaux qui constitue un problème majeur dans l’élevage des pintades dans la région des Savanes. Selon eux, ce projet vient renforcer les efforts du gouvernement en matière d’élevage au Togo. Ils ont convié tous les acteurs économiques et éleveurs de la filière à mettre l’accent sur la qualité des produits et à respecter l’itinéraire technique normale afin de rendre plus compétitifs leurs produits et d’en tirer profit. Mme Tchacolow-Tagba Awoussi, la directrice exécutive d’ESFT, s’est réjouie de la tenue de cette manifestation. Pour elle, cette foire est une opportunité pour leséleveurs de se faire connaître et de nouer des contacts fructueux. Source : ATOP / GS / TJ https://elevagessansfrontieres.org/wp-content/uploads/2021/12/PREMIERE-EDITION-DE-LA-FOIRE-DE-LA-PINTADE-A-DAPAONG-SAVANES.mp4

4 courts métrages sur le quotidien de 4 éleveuses du Haut-Atlas

Elevages sans frontières et ROSA ont réalisé en 2020 un guide méthodologique sur la mise en place d’élevages de chèvres laitières et l’appui à l’émergence d’une filière depuis la production de lait jusqu’à la vente de fromages. Ce guide s’appuie sur l’expérience de plus de 15 ans d’action au Maroc, dans la région d’Ouarzazate et se veut un partage d’expérience. En plus de ce partage technique, 4 très courts métrages ont été réalisés ; 4 portraits de femmes qui illustrent, par une immersion dans leur quotidien, la réalité de mise en œuvre des projets et les impacts recherchés. On espère que le parcours et les témoignages de ces femmes vous toucheront comme ils nous ont touchés. Je consulte le guide Portrait de 4 éleveuses de chèvres au Maroc Amina – La collecte du lait et l’accompagnement des éleveuses Amina est une des femmes leader du réseau mis en place et animé par ROSA et Elevages sans frontières. En suivant Amina, on découvre la collecte de lait des chèvres au petit matin, les temps d’échanges informels entre éleveuses et les rencontres entre femmes leader qui permettent cet appui même à distances des éleveuses. Une journée d’Amina, c’est aussi la réalité des tâches domestiques qui font de ces journées des journées bien remplies. Ce film donne un aperçu, en 12 minutes , de l’accompagnement suivi par les éleveuses, et réalisé à leur tour par les femmes leader. Radia – L’élevage et le travail aux champs Radia, c’est un peu la laborieuse du groupe. L’élevage, c’est pour elle un vrai métier, une activité économique dans laquelle, si tu t’investis que tu y crois, tu peux trouver ton compte. Ceci pour gagner de l’argent, mais aussi aider les autres car la solidarité est une évidence, quand on a traversé des moments difficiles. C’est aussi pour cela que Radia, accepte et s’engage dans la démarche de microcrédit en animaux, et s’apprête à transmettre 2 chevrettes à une autre femme. Mais comme ce sont des jeunes femmes, cela doit aussi être un temps d’amusement et de connivence… Ce 2ème portrait de 11 minutes vous emporte dans la vie de Radia et son champ de luzerne. Fatmah – Le soin aux animaux et la coopérative laitière Fatmah fait partie des éleveuses formées et accompagnées par ROSA depuis plusieurs années. On peut voir le chemin parcouru et la pertinence de l’appui individuel maintenu même pour une éleveuse confirmée. Fatmah fait aussi partie de ces femmes qui sont impliquée aujourd’hui dans la gestion de la coopérative laitière, COROSA, créée en 2008 et qui est l’instrument indispensable de la valorisation économique du lait produit par les éleveuses. Le portrait de Fatmah laisse apercevoir le chemin technique parcouru, mais aussi l’évolution sociale et personnelle de cette femme. Le don de chèvres entre éleveuses, le « Qui reçoit… Donne » (Jmiaa) Jmiaa souhaite se lancer dans l’élevage, car elle voit bien ce que cela a apporté aux autres femmes du village et on perçoit la vulnérabilité de cette jeune femme et de ses enfants. On découvre avec elle les conditions et le fonctionnement du microcrédit en animaux, le « Qui reçoit… Donne », qui va lui permettre de recevoir 2 chevrettes et des formations. La fête lors de cette transmission est aussi là pour rassurer cette jeune entrepreneuse et consolider la solidarité de ce groupe d’éleveuses, à qui il est difficile de ne pas souhaiter le meilleur pour l’avenir. Je soutiens ces éleveuses

Des nouvelles des jeunes éleveuses de chèvres du projet Imik S’Imik

4 jeunes éleveuses de chèvres soutenues par leur marraine Fatma 📍 Tamassint, à l’ouest de Ouarzazate au Maroc. La rencontre à Tamassint d’une marraine et de ses 4 filleules est édifiante. Les 4 jeunes femmes sont heureuses d’avoir eu l’opportunité de débuter leur propre élevage et de commencer à tirer des revenus grâce à la vente du lait de leurs chèvres à la fromagerie COROSA. Fatma, une éleveuse appuyée depuis longtemps par ROSA et très investie dans l’association des femmes de Tamassint, les a convaincues et les accompagne dans leurs débuts. Fatma (marraine) et ses éleveuses Ouidad, Ilham, Fatima et Fatima Mis en place dans le cadre du projet Imik S’Imik, ce marrainage est apprécié tant par les jeunes que par la marraine, Fatma. Pour cette dernière, c’est un plaisir de transmettre et de donner une chance aux jeunes femmes de son village : « Elles ont besoin d’aide ! J’ai reçu de l’aide quand j’en avais besoin, et je connais leur situation à chacune. C’est pour cela que je les aide à mon tour ». Fatma a pris le temps de diffuser l’information autour d’elle, d’aller chercher des jeunes qui pouvaient être intéressées par une activité d’élevage, qu’elles soient adhérentes à l’association des femmes ou pas, qu’elles soient mariées ou pas, peu importait. Le critère était leur motivation et leur envie de réussir. Réception des chèvres, portes et mangeoires par les bénéficiaires Pour Ouidad, jeune éleveuse, le projet Imik S’imik est enthousiasmant car il permet une véritable reconnaissance des jeunes. A départ, des personnes du village lui ont dit qu’elle ne réussirait jamais. Mais le marrainage et les formations collectives de ROSA l’ont aidée à ne pas les écouter. Après 10 mois de projet, elle vend du lait chaque semaine à la fromagerie. Ses revenus lui permettent entre autres d’avoir la satisfaction et la fierté de « donner quelque chose de sa propre poche à ses enfants ». Ouidad pense même à ouvrir son propre compte en banque, pour y déposer son argent. La rencontre organisée avec d’autres coopératives lui a montré jusqu’où elles pourraient aller, et elle compte bien ne pas s’arrêter en si bon chemin. Ilham, elle, avait déjà une activité qui lui procurait un revenu, celui de garde d’enfant. Seulement ce qu’elle gagne est bien trop peu et l’activité d’élevage, qui lui prend moins de temps (environ 2 à 3h par jour), lui rapportera bientôt plus que son salaire d’enseignante (500Dhr/mois). Les formations suivies durant le projet lui ont apporté « de la rigueur, [l’ont aidé à] bien organiser son temps », et cela lui a donné envie « de développer cette activité d’élevage ». Son souhait, surtout, est de créer une association dans son village d’origine à côté de Zagora, pour transmettre ce savoir qu’elle a acquis, « car là-bas, il y a plus de pauvreté ». Pour Fatima, les formations à l’entrepreneuriat lui ont montré l’intérêt de créer sa propre entreprise. Elle voit aujourd’hui ce qu’elle a comme capacité, et ce qui lui manque. Et puis pour elle, le moment qu’elle n’oubliera pas, c’est la sortie entre marraines et filleules, car elle n’était allée au restaurant avant. Elle n’avait également jamais suivi de formation : « le premier jour, mon stylo tremblait… ». Formation des éleveuses : parage des onglons (ou entretien des sabots des chèvres) Enfin, la cadette avec tout juste 26 ans, la deuxième Fatima du groupe a vu sa vie changer par ce projet. Elevée par sa mère seule, Fatima sortait très peu, aidait sa mère et n’avait pas de projet à elle. Dans les jardins où elle va pour aider sa mère aux travaux des champs, Fatima entend parler de ce projet d’appui à l’élevage de chèvres, réservé aux jeunes. Elle prend son courage à deux mains et se rend chez Fatma pour candidater et devenir bénéficiaire de ce projet. Quand l’équipe de ROSA vient lui rendre visite, elle et sa mère ont déjà construit l’abris pour accueillir les chèvres afin de montrer leur motivation et montrer que Fatima est capable de s’investir dans ce projet d’élevage. Rapidement, Fatima développe un réseau de quelques clients qui lui achètent directement du lait, en plus de ce qu’elle peut livrer à la coopérative COROSA. La coupe de la luzerne dans les champs La joie et le dynamisme de ces 4 jeunes femmes est à l’image de l’engouement qu’a suscité le projet Imik S’Imik auprès des 25 jeunes femmes bénéficiaires du projet. Leurs troupeaux sont encore petits aujourd’hui, nécessitant encore quelques mises-bas pour stabiliser les productions de lait. Les connaissances techniques sont encore à consolider, notamment grâce au relai des marraines des groupes de femmes leader, animés par ROSA depuis une dizaine d’années. La suite du projet « Imik S’Imik », appelée « L’Envol des femmes », vient de débuter en novembre et permettra de poursuivre l’appui technique de ces jeunes éleveuses, le temps nécessaire à la pérennisation de leur activité économique naissante. Pauline Casalegno, directrice d’Elevages sans frontières Je soutiens ces éleveuses

Des nouvelles des éleveuses de la Voie Lactée de l’Oubritenga au Burkina Faso

« Des nouvelles des éleveuses de la Voie Lactée de l’Oubritenga au Burkina Faso » Il y a quelques mois nous vous avions emmenés dans le village de Nakamtenga sur la commune de Ziniare, au cœur de la zone d’intervention du projet « La Voie Lactée des femmes de l’Oubritenga » qui vise une amélioration de l’entrepreneuriat féminin et de l’autonomisation des femmes. Adama Diallo, présidente du groupement féminin « Potan », avait été notre guide. Elles et ses consœurs avaient échangé avec nous sur les contraintes rencontrées par les femmes dans le développement de leurs activités d’élevage. Début octobre 2021, nous sommes repartis à la rencontre de ces femmes pour une visite des 22 ménages des agroéleveurs de Nakamtenga engagés dans le projet : 12 dans le quartier Peulh Nonemtenga et 10 dans le quartier Mossi. L’environnement a bien changé depuis avril. L’hivernage, saison des pluies des zones sahéliennes, a tout fait verdir et pousser. Nous traversons des champs d’arachides, de mil, de maïs et de sorgho. Les motos patinent dans la boue par endroits. Difficile parfois de trouver la bonne piste pour accéder aux concessions très éloignées les unes des autres. La place nue et poussiéreuse où nous avions fait notre rencontre en avril, à l’ombre d’un pauvre arbre, est maintenant noyée dans un océan de végétation. Malgré ce dédale vert, Iliasse Tiemtoré, le nouveau chargé de projet APIL exprime son inquiétude : « Tu as vu l’état de certaines parcelles… C’est pas terrible : ça pourrait menacer la sécurité alimentaire. » Le bilan des récoltes qui commence juste parlera et nous dira si la saison pluvieuse a été bonne ou mauvaise. Les villages sont déserts : tout le monde est aux champs. La pluie qui est tombée ce petit matin est propice aux travaux champêtres. Djeneba Bandé qui nous avait montré les briques qu’elle avait rassemblées pour la construction de son étable, s’est faite « piéger » par l’hivernage. « Le champ collectif des hommes est maintenant en cultures. Il était prévu que je fasse construire mon étable là-bas. Le mil a poussé. Je ne peux plus installer mon bâtiment d’élevage maintenant. Dans la coutume, on ne peut pas couper les cultures comme ça. Je dois attendre après la récolte. Mais mon mari devra m’aider : toutes mes briques ont été gâtées par la pluie. » Est-ce la vraie explication ? Djeneba a-t-elle du faire face à une urgence familiale qui l’a incitée à utiliser l’appui projet ? Tout ne se dit pas parfois. Adama notre guide de la dernière fois nous a rejoint et nous explique : « Sur les 12 femmes du quartier Nonemtenga qui ont été appuyées dans le village, elles sont deux à ne pas avoir pu construire leur étable. Nous avons toutes été appuyées par nos maris pour compléter la subvention donnée par le projet (60 000 FCFA = 92 €) et destinée à l’achat de matériaux. En ce qui me concerne, mon ménage a dû rajouter 200 000 FCFA (305 €) pour finir la construction recommandée par le projet (14 m², 10 feuilles de tôle, 9 poteaux, 3 chevrons, 1 chape en béton et des murs ou murets) ». Son étable est une des plus jolies et des plus avancées. Non loin de là, le hangar qui, en avril, supportait des résidus de culture et abritait 2 béliers et un taurillon a été démonté. Abraham Kalaga et Awa Sawadogo, les animateurs d’APIL mobilisés sur le projet, sont satisfaits. Le message est passé : « Lors des réunions et des formations nous avions insisté sur le fait que si la femme est bien, tout le ménage sera bien. Le soutien des maris a payé ». Adama surenchérit : « Et vous nous avez bien accompagnées. Je peux dire que le suivi était fait à 150 %. A chaque fois ils étaient là : pour sensibiliser, pour expliquer, pour remettre l’argent, pour choisir le lieu d’implantation de l’étable, pour voir le rassemblement des matériaux et des matériels et pour suivre les constructions. » Plus loin, nous tombons sur Salamata Bandé. Elle est parmi les animaux revenus du pâturage et se prépare à la traite. Sur les 16 vaches que compte le troupeau, seules 4 sont suitées [1] et donnent donc du lait. Un des veaux ne se sent pas bien : il ne tient pas sur ses pattes. Le vétérinaire a été appelé (« Meilleure santé ! » comme on dit ici). Salamata nous montre son étable autour duquel des petits ruminants s’ébattent. Elle pointe du doigt le tas de 350 briques en banco [2] que la pluie a gâtées et avec lesquelles elle comptait construire son bâtiment d’élevage. « Le maçon a tardé à venir. A 35 FCFA la brique, j’ai perdu 12 250 FCFA ; sans compter le transport : 10 000 FCFA ! ». Son mari Saïdou Bandé [3] l’a aidée et a racheté des briques, mais « en dur » cette fois-ci [4]. L’appui de Saïdou est louable et semble sincère mais il faudra veiller à ce que l’investissement réalisé ne justifie pas un contrôle exclusif de l’atelier d’élevage de sa part. Adama tente de rassurer : « Nos maris ne vont pas nous enlever ceci. Ils ne peuvent pas. » Elle complète les explications : « Les peulhs ne savent pas comment faire les briques. On doit les acheter et faire appel aux maçons. Ils ne sont pas toujours disponibles et avec la préparation de la fête nationale du 11 décembre qui va se dérouler à Ziniaré cette année, beaucoup sont mobilisés sur le chantier de la cité [5]. D’ailleurs j’aimerais que mon enfant s’initie à la maçonnerie ». Un marché est à prendre. Adama, femme leader précurseur avec toujours un temps d’avance sur ses consœurs, sa communauté, son temps… Pendant ce temps, Salamata a commencé la traite d’une vache peulhe noire. Son veau est attaché un peu plus loin et observe ce partage du lait imposé par l’Homme. Le lait fuse dans la calebasse. La traite

L’année de la pandémie est marquée par un pic de la faim dans le monde

L’année de la pandémie est marquée par un pic de la faim dans le monde Comme les Nations Unies l’ont fait savoir récemment, la faim dans le monde s’est aggravée de manière dramatique durant l’année 2020 – une grande partie de la hausse est liée aux conséquences du Covid-19 et aux changements climatiques. Il est estimé que 811 millions de personnes soit environ un dixième de la population mondiale – était en situation de sous-alimentation en 2020. Et c’est l’Afrique qui a connu la plus forte poussée de la faim, avec une prévalence de la sous-alimentation estimée à 21 % de la population. Cette crise sanitaire révèle la fragilité profonde des systèmes alimentaires locaux : les petits producteurs peinent à vivre dignement de leur travail, dépendent des chaînes d’approvisionnement et des marchés locaux, sont trop peu soutenus face aux crises sanitaires et climatiques et font face à la concurrence des importations et au manque de filières pour valoriser leur production. Ce qui peut être fait La transformation des systèmes alimentaires est essentielle pour atteindre la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et permettre à tous d’avoir accès à une alimentation saine. Une des voies à suivre est de renforcer la résilience des plus vulnérables face à l’adversité économique – en mettant par exemple en place des programmes d’aide en espèces ou en nature pour réduire les conséquences de la pandémie ou l’instabilité des prix des denrées alimentaires. Ce que fait Elevages sans frontières sur le terrain Les équipes d’Elevages sans frontières contribuent à l’organisation d’un système alimentaire durablement plus juste par l’implantation d’activités d’élevage familial productives et respectueuses de l’environnement, par l’appui de pratiques agroécologiques, par le développement de circuits courts et la promotion de la production locale. Au Togo, les agroéleveurs s’initient à la production de compost en valorisant la fumure animale de leurs élevages. Dorénavant, la disponibilité d’engrais vert produit sur leurs exploitations agricoles permet progressivement de réduire la dépendance aux intrants chimiques et de reconstituer la fertilité de sols. En savoir plus sur le projet « du Champ à l’Assiette » Au Bénin, pour une consolidation du « Produire Local – Consommer Local », nous mettons en place un modèle innovant et écoresponsable de circuit-court de viandes locales, basé sur un partenariat entre des éleveurs et une entreprise privée. En savoir plus sur le projet « Filières vertes » Au Burkina Faso, nous améliorons la production laitière et la résilience des systèmes d’élevage dans le but de renforcer la résilience des éleveuses burkinabè. Notre appui passe par l’expérimentation de l’élevage caprin laitier conduit par les femmes, le développement d’un circuit court, juste et équitable pour une offre de produits laitiers de qualité et la promotion des produits locaux auprès des consommateurs. En savoir plus sur le projet « La voie lactée des femmes de l’Oubritenga » Au Maroc, afin d’améliorer autonomie sociale et économique des femmes, nous renforçons leurs compétences techniques et entrepreneuriales. Nous appuyons les initiatives collectives des éleveuses. En savoir plus sur le projet « Envol des femmes » Ensemble, engageons-nous avec détermination et pragmatisme pour une alimentation locale suffisante pour tous, en quantité et en qualité. La sécurité alimentaire de millions de personnes – dont beaucoup d’enfants – est en jeu. Il faut agir maintenant pour espérer atteindre l’objectif «Faim zéro» pour 2030 des Objectifs de Développement Durable des Nations Unies. Je fais un don

Bilan et résultats du projet « Eleveur, un métier d’avenir » – Bénin

A quelques jours de la fin du projet béninois « Eleveur un métier d’avenir », nous souhaitions vous faire le bilan des activités mises en place et partager le témoignage d’une bénéficiaire dite « éleveuse talent » qui vient illustrer l’impact économique et social de cette activité sur son quotidien. Rappel des objectifs du projet Le projet vise à participer au renforcement d’une économie locale qui contribue à la réduction de la pauvreté par l’accès à des emplois décents. Le projet poursuit 3 objectifs principaux : – Permettre la (ré)insertion des jeunes en grande précarité sociale et économique par l’élevage. – Favoriser les pratiques agricoles durables et solidaires – Appuyer les éleveurs.ses pour mettre en place des circuits courts de commercialisation durables de leurs produits, basés sur les systèmes alimentaires territorialisés soutenus. Les résultats à date Le projet a démarré en septembre 2019 pour prendre fin en septembre 2021. 1er résultat : Les élevages permettent la (ré)insertion de 36 jeunes très vulnérables en grande précarité sociale et économique. – Installation et équipement d’un élevage de lapins pour chaque bénéficiaire (bâtiments, matériels, formations, aliments de démarrage, cages, mangeoires, abreuvoirs, boites à nid, etc.) – Formation et organisation des 36 jeunes en deux coopératives solidaires – Appui à la commercialisation (dotation de matériels de ventes groupées, atelier d’appui à la commercialisation, mise en lien commercial, organisation de ventes groupées, installation d’un poste de vente de lapin) – Elaboration de 15 plans d’affaire et mise en relation avec les services financiers décentralisés pour 15 potentiels entrepreneurs. 2ème résultat : les éleveurs vulnérables développent des élevages améliorés durables grâce à la complémentarité cultures-élevages et à la solidarité entre éleveurs talents et éleveurs vulnérables. – Identification, formation et installation de 128 nouvelles familles – Distribution de 1 050 poulets, 40 lapins, 35 caprins et 110 ovins selon le « Qui reçoit… donne » (microcrédit animal) – Formation et équipement de 6 Vaccinateurs Villageois d’Animaux formés et équipés + une campagne de vaccination de 1 737 poulets, 1 280 petits ruminants et 831 lapins. 3ème résultat : les acteurs des filières poulet, lapin et petits ruminants mettent en place des circuits courts de commercialisation durables basés sur les systèmes alimentaires territorialisés soutenus. – Identification et formation de 14 nouveaux Talents – Formation de 25 anciens Talents sur l’entrepreneuriat et l’élaboration de plan d’affaire – Accompagnement spécifique de 89 Talents pour le développement de leurs activités – Instauration et dynamisation d’un comité de commercialisation Les bénéfices environnementaux Le projet a choisi d’accompagner l’élevage des animaux en enclos et encourage les initiatives respectueuses de l’environnement à savoir la valorisation des fientes des animaux comme fumure organique pour les cultures et la promotion des champs fourragers pour l’alimentation des petits ruminants. Ainsi les déchets d’une activité sont valorisés pour en renforcer une autre. Témoignage d’Aimée KAKPO, Éleveuse Talent Je m’appelle Aimée, je suis éleveuse et revendeuse de riz. J’ai 37 ans et je suis mère au foyer, mariée à BESSAN Antoine âgé de 39 ans avec qui j’ai fondé une famille. Nous avons 8 enfants dont l’ainée a déjà son baccalauréat. Ma deuxième fille est en formation d’auxiliaire d e pharmacie, mon troisième en apprentissage de vitrier et les autres sont encore au cours primaire, sauf la benjamine qui n’a pas encore commencé les classes. Nous résidons dans le village Vêha dans la Commune de Lokossa. Je suis membre de la coopérative « GBENONDOU » de Vêha qui a bénéficié des appuis d’ESFB en 2019. Notre organisation a été fidèle en matière de remboursement de QRD. Au début du projet, ESFB m’a doté d’un bâtiment d’élevage, j’ai reçu également des mangeoires et abreuvoirs et 10 poulets. J’ai participé aux formations sur l’élevage. Avec les suivis appui conseils au domicile, j’ai acquis les techniques d’élevage qui m’ont permis de rapidement réussir mon entreprise. Mon mari travaille avec moi dans l’élevage et nous avons ensemble réussit le projet. Grâce à nos résultats, j’ai été primée par ESFB en 2020 et 2021 comme meilleure éleveuse « Talent ». J’ai reçu des compléments de matériaux qui m’ont permis d’agrandir le poulailler. J’ai pu agrandir l’ancien poulailler sur une superficie d’environ 80m² que j’ai divisé en trois. Cela m’a permis de loger les géniteurs à part, les jeunes à part et les poussins à part. Aujourd’hui, dans mon élevage, j’ai un effectif de 6 coqs, 36 poules et 216 jeunes poulets. J’ai également étendu mes activités aux petits ruminants et aux porcs. A ce jour j’ai 11 caprins et 17 porcs. Grâce à l’élevage, les scolarités de mes enfants sont payées ; mon mari et moi avons acquis des parcelles de terre pour un montant de 990.000 FCFA dont 200.000 FCFA sont venus de l’élevage. Nous voulons nous lancer dans la production de poules pondeuses en commandant 100 sujets d’un montant de 65.000 FCFA issu des ventes. Tout ce qui nous reste à faire est de ramener l’eau à la maison vu la distance que nous parcourons pour nous approvisionner. Je remercie sincèrement ESFB et ESF pour cet accompagnement qui a permis de consolider une famille qui s’épanouit bien et se porte mieux dans le village. Eleveur, un métier d’avenir Permettre l’insertion socio-économique des jeunes et familles vulnérables béninoises grâce à l’élevage. JE DÉCOUVRE Projet Rien n’aurait été possible sans le soutien de nos donateurs et partenaires. Merci d’agir à nos côtés.

Regard sur la période de soudure

La plupart des pays où Elevages sans frontières intervient sont marqués par des risques alimentaires qui se cristallisent souvent au court de ce qu’on appelle la « période de soudure ». On nomme ainsi la jonction entre deux récoltes, de durée très variable, précédant les premières récoltes et où les réserves de la récolte précédente sont épuisées. Les greniers sont vides et il faut pourtant aller au champ cultiver et faire face aux besoins de chacun. La réponse à cette période difficile passe notamment par une organisation de stocks de céréales ou d’animaux et une adaptation à cette période de soudure qui va varier en fonction des territoires (climat, fertilité des sols, etc.), mais aussi en fonction des communautés voire des familles (combien de bouches à nourrir, qui travaille, etc.). La durée de la période de soudure dépend donc fortement de la vulnérabilité sociale et économique des populations. Anticiper et prévenir ce moment parfois très difficile nécessite de prévoir et gérer les stocks durant 2, 3, parfois 6 mois, en fonction des personnes à nourrir, des autres sources économiques possibles et de la durée hypothétique à tenir avant les récoltes suivantes. Assurer l’alimentation de sa famille et une source de revenus monétaires nécessitent aussi une capacité de production durant la période culturale, en quantité et en qualité suffisante. Concernant les animaux, l’enjeu est d’assurer l’abreuvement et l’alimentation. Traditionnellement, les populations rurales mettent en place des stratégies d’adaptation et n’ont bien sûr pas attendu les appuis extérieurs pour chercher et trouver des solutions. Toutefois les changements climatiques, les crises sanitaires et sécuritaires bouleversent brutalement ces pratiques. Dans un contexte de crises et de risques plus élevés de catastrophes naturelles, sociales et sécuritaires, les populations peinent parfois dans ce contexte à trouver des adaptations. C’est face à cette vulnérabilité accrue qu’il est important et urgent d’agir, afin de travailler à la réduction des risques et aux moyens durables d’y faire face. Le chemin est long et parfois ardu, mais la capacité d’innovation et de résilience des populations est importante.