[Phase 2] Ensemble pour un avenir meilleur en Zambie centrale

Nous sommes ravis de vous annoncer le lancement prochain de la Phase 2 du projet Des lions et des vaches d’Elevages sans frontières, mené en partenariat avec l’association Melindika, dans la Province Centrale de Zambie. Cette initiative s’inscrit dans une démarche d’amélioration des conditions de vie des communautés vivant de l’élevage et de préservation de l’environnement. Province Centrale de Zambie, à proximité du Parc National Kafue La Phase 2 : vers l’harmonie et la prospérité Cette nouvelle phase se déroulera dans les plaines de la rivière Kafue en bordure d’un grand parc national. Elle s’étendra sur 36 mois et se concentrera sur 4 objectifs clés en collaboration avec les habitants de la chefferie Musungwa : Améliorer les pratiques d’élevage et les services de santé animale. Développer une micro-filière pour collecter et valoriser le lait local. Contribuer à la gestion collective des ressources pastorales. Permettre une cohabitation entre humains et faune sauvage. Activité agropastorale Service vétérinaire de proximité Les défis à relever ensemble Dans cette région, des lourds obstacles entravent le bien-être des communautés locales et menacent l’équilibre fragile entre la population et la nature : Problèmes de santé et de productivité des animaux en raison de l’accès limité aux soins vétérinaires et d’un manque de connaissances techniques. Difficultés pour valoriser le lait en raison de l’éloignement géographique et du manque d’infrastructures de transformation. Pressions sur les aires de pâturage et les ressources en eau entraînant des conflits sur leur utilisation et une diminution du contrôle communautaire sur des terres régies par des droits coutumiers. Présence d’une faune sauvage à préserver représentant une menace pour les élevages. Les objectifs pour un avenir meilleur L’objectif principal de ce projet est de contribuer à la préservation de l’agro-écosystème (homme-environnement-animal) de la chefferie de Musungwa à travers la promotion de systèmes d’élevage durables et respectueux des ressources du parc national de Kafue. Pour y parvenir, nous visons à : Renforcer les pratiques traditionnelles d’élevage pour 350 éleveurs dans 6 localités. Soutenir l’émergence d’initiatives innovantes pour une gestion durable des ressources pastorales et de la cohabitation avec la faune sauvage. Les résultats attendus : des changements pour un impact durable Cette nouvelle phase devra apporter des changements concrets, notamment : L’adoption de nouvelles pratiques d’élevage et un accès de proximité aux services vétérinaires. Une augmentation de la production laitière et des revenus pour les éleveurs et les éleveuses. Une meilleure gestion des ressources naturelles. Une sensibilisation aux méthodes de protection du bétail avec le souci de préserver la faune sauvage. Traite du lait Guide chien de garde de troupeaux Les réalisations antérieures et perspectives La Phase 1 du projet a déjà posé des bases solides, avec des réalisations concrètes telles que la mise en place et la construction d’un centre communautaire d’élevage, un accès augmenté des éleveurs.euses aux services vétérinaires, l’étude de faisabilité de la création d’une laiterie pour valoriser le lait local, l’analyse des conflits population-faune sauvage, l’expérimentation des nouvelles pratiques visant à protéger le bétail et la création de 3 coopératives d’éleveurs. Pour la Phase 2, nous nous engageons à continuer sur cette lancée, en œuvrant ensemble pour que familles et faune sauvage vivent en harmonie dans les plaines de la rivière Kafue. Restez connectés pour suivre les avancées du projet ! Thibault Queguiner, Chef de projet Zambie Les productions réalisées dans le cadre des projets en Zambie : Etat des lieux et perspectives : Conflit prédateur/bétail dans les communautés bordant le Parc National de Kafue en Zambie Projet pilote de mise en place de 5 chiens de protection de troupeaux dans des élevages de bovins en réponse à un conflit humain-prédateur grandissant Étude de marché d’une filière laitière locale à Itezhi-Tezhi ®Crédits photo David Guersan

L’histoire d’Amira, transformatrice et vendeuse de lait au Burkina Faso

Au Burkina Faso, le projet Voie lactée offre aux communautés rurales un chemin vers un avenir plus prospère. C’est dans ce cadre que nous rencontrons Amira Kaboré, jeune transformatrice et vendeuse de lait, dont le témoignage révèle l’importance de cette initiative. Le projet Voie lactée des femmes de l’Oubritenga est une initiative visant à soutenir le développement de la filière laitière dans les régions rurales du Burkina Faso. Il vise notamment à améliorer les conditions de vie des éleveurs et à créer des opportunités économiques durables pour ces communautés. Pour ce faire, le projet met en place des programmes de formation, fournit du matériel et des équipements adaptés et encourage la mise en place de pratiques agricoles durables. En favorisant la transformation locale du lait et en renforçant les capacités des acteurs locaux, le projet Voie lactée contribue à dynamiser l’économie rurale et à améliorer la sécurité alimentaire dans la région. Son rôle de transformatrice et vendeuse de lait et l’appui-projet « Je m’appelle Amira. J’ai 22 ans et je viens de Ouagadougou. Je suis célibataire sans enfant, ce qui facilite mes allers-retours. Je vais à Ziniaré en début de semaine et rentre passer les weekends dans ma famille à Ouagadougou, mon lieu de vie. Je suis diplômée en agroalimentaire ; ce qui m’a valu d’être recrutée par APIL pour travailler à la laiterie du projet au poste de cheffe transformatrice et vendeuse. Voilà une année que j’occupe ce poste. J’ai sous ma responsabilité une autre transformatrice : Madame OUEDRAOGO Valentine. Nous avons été formées par APIL au sein de son unité laitière à Kaya. Tout le matériel a été obtenu grâce au projet Voie lactée. Je réceptionne le lait apporté par les collecteurs, j’en teste la qualité puis j’en supervise la transformation, le conditionnement et enfin la vente. » Réception du lait apporté par le collecteur Unité de transformation de la laiterie « Voie lactée des femmes de l’Oubritenga » La vente du lait « Les prix de vente varient en fonction de la nature et du volume du produit : – le lait frais est vendu à 750 FCFA le demi-litre et 1 250 FCFA le litre (1,90 euros). – le yaourt est vendu à 250 FCFA et 700 FCFA (1,10 euros) selon le grammage. Nous sommes ouverts tous les jours (de 7h à 17 h) sauf le dimanche. De par le positionnement de la boutique en bord de l’axe principal RN3 goudronné Ouagadougou – Ziniaré – Kaya, à l’entrée/sortie de Ziniaré, la vente du lait est facilitée : des particuliers, des services traiteurs et des boutiquiers s’arrêtent tous les jours. En moyenne, nous vendons 20 000 FCFA (30 euros) de produits laitiers par jour donc environ 400 000 FCFA (610 euros) dans le mois. De ces 400 000 FCFA sont soustraites toutes les charges (ferments, contenants, factures d’eau et d’électricité), nous avons pour le moment de maigres bénéfices estimés à moins de 50 000 FCFA (76 euros) le mois. » Selon la Banque mondiale, le revenu mensuel moyen par habitant au Burkina Faso s’élève à 64,5€, soit 776€ par habitant et par an. Réfrigérateur contenant les bouteilles de lait et yaourts tansformés Laitierie « Voie lactée des femmes de l’Oubritenga » L’itinéraire de collecte et de transformation du lait « Le lait est collecté par des collecteurs qui circulent à moto entre les villages de Barkoundba-peulh, Lelexé et Monemtenga car c’est dans cette zone que se trouvent les producteurs les plus importants. La collecte a lieu 3 fois dans la semaine à raison de 40 litres à chaque collecte, soit 120 litres par semaine. En saison sèche, notamment entre Février et Mai, il est difficile de maintenir cette capacité de collecte. On sent que des efforts doivent encore être faits pour l’alimentation et l’abreuvement des vaches. Dans l’avenir, le nombre d’éleveuses fournisseuses va aussi devoir augmenter pour pouvoir maintenir notre capacité de transformation avec du lait frais. Car nous ne souhaitons pas travailler avec de la poudre de lait. Au niveau des éleveuses, les collecteurs font une première vérification à vue du lait et collectent le lait trait par les éleveuses dans des bidons offerts par le projet. A l’arrivée du lait, je le teste avec un testeur de qualité qui permet de mesurer la quantité et de vérifier la qualité du lait. Si le test est validé, le lait est pasteurisé pendant 30 à 40 min grâce au pasteurisateur reçu par le projet qui fait monter le lait à une température de 60 degrés pour le lait frais et 90 degrés pour le yaourt. Nos stérilisateurs ont une capacité de 40 litres. Après refroidissement, le lait pasteurisé est : – soit mis directement en bouteilles afin de proposer du lait frais pasteurisé. – soit transformé en yaourt : on y ajoute du ferment, de la vanille et du sucre. Après une mise au repos pendant une à deux heures à température ambiante, le yaourt formé est placé dans des boîtes qui sont par la suite étiquetées et placées au frigo. » Les ambitions d’Amira « Ce serait bien que notre unité diversifie sa proposition de produits laitiers. De mon côté je n’abandonne pas mon rêve d’entreprendre dans le domaine de l’agroalimentaire pour avoir ma propre entreprise. J’y arriverai ! ». Le récit d’Amira Kaboré illustre l’impact concret du projet Voie lactée sur la vie des communautés rurales au Burkina Faso. Amira incarne la détermination des jeunes entrepreneurs à saisir les opportunités offertes par le projet Voie lactée. Malgré les défis qui restent à relever, notamment ceux liés à la saisonnalité et à la logistique, Amira et les équipes d’APIL et d’Elevages sans frontières restent déterminées à contribuer au développement économique de la région à travers la valorisation du lait local. Amira Kaboré Transformatrice et vendeuse de lait – Projet Voie lactée Propos recueillis en mars 2024 par Yenoudié Rébéka Roxane Soukaïna LANKOANDE, juriste, écrivaine et consultante dans le cadre du projet Voie Lactée des femmes de l’Oubritenga.

Élevage durable au Bénin : renforcer les circuits courts pour une consommation responsable

Le projet Filières Vertes : renforcer l’agriculture locale au Bénin Le projet Filières Vertes mené au Bénin a pour objectif de renforcer l’agriculture locale et de promouvoir la consommation de produits régionaux. Plus spécifiquement, il vise à résoudre les défis rencontrés par les petits éleveurs vulnérables au Bénin, notamment le manque de moyens, de formation et de services. Il cherche à améliorer les conditions d’élevage, à développer des circuits courts de commercialisation et à valoriser les produits locaux, contribuant ainsi à la réduction de la pauvreté, au développement économique et à la promotion de modes de production durables. Le contexte dans lequel s’inscrit le projet est celui de la territorialisation de l’agriculture au Bénin, encouragée par le gouvernement pour promouvoir la consommation locale. Cette initiative facilite la collaboration avec les acteurs du Conseil agricole, permettant ainsi la planification, la coordination et le suivi du projet en harmonie avec les politiques publiques. Les réalisations clés du projet Les principales réalisations du projet comprennent l’identification et la formation de jeunes vulnérables, la mise en place d’infrastructures et d’équipements d’élevage, ainsi que des actions de commercialisation et de promotion des produits locaux. Des campagnes de vaccination, des échanges entre nouveaux et anciens éleveurs, et la structuration de pôles de développement sont également à souligner. Installation d’un élevage de lapins Supervisation de la campagne de vaccination Les avancées de la filière en amont et en aval Les résultats obtenus par le projet sont significatifs, tant en amont qu’en aval de la filière. En amont de la filière, plusieurs avancées ont été observées : Appropriation des techniques d’élevage amélioré : Sur les deux premières années du projet, 50 des 62 bénéficiaires ont adopté avec succès des pratiques d’élevage durables et intégrées, améliorant ainsi la qualité de leurs productions. Cette appropriation a conduit à une meilleure gestion des élevages, favorisant la reproduction des animaux et augmentant les revenus des éleveurs. Amélioration de la production en produits carnés : L’adoption de ces pratiques a également indirectement conduit à une amélioration des gabarits de carcasse et à une professionnalisation de La Bonne Viande, l’entreprise partenaire du projet. Intégration des concepts de bien-être animal et de One Health : Le projet a initié l’intégration de ces concepts auprès des bénéficiaires, renforçant ainsi les pratiques d’élevage respectueuses des animaux et la sensibilisation à la santé publique. Boucherie LA BONNE VIANDE Transformation des produits carnés En aval de la filière, les progrès sont également significatifs : Renforcement des circuits courts durables : Des coopératives organisées ont favorisé une meilleure cohésion entre les éleveurs, préparant ainsi le terrain pour des ventes groupées à l’avenir. Aide à la vente des produits : Les alliances avec des entreprises comme la boucherie La Bonne Viande ont facilité la commercialisation des produits, notamment pour les éleveurs de lapins qui rencontraient des difficultés à trouver des débouchés. Sensibilisation des consommateurs : Des actions de communication, telles que des vidéos et des spots radio, ont été entreprises pour sensibiliser les consommateurs aux produits carnés locaux, ciblant potentiellement jusqu’à 150 000 personnes. Spot radio de la Bonne Viande https://www.youtube.com/watch?v=xf3tJZfHWtQ Vidéo d’ACED réalisée après 18 mois de mise en œuvre du projet mettant en lumière les quelques résultats obtenus à mi-parcours. En conclusion, ce projet représente une initiative prometteuse pour renforcer l’agriculture locale au Bénin, améliorer les conditions de vie des éleveurs et promouvoir une consommation responsable et durable. Les perspectives : continuité et élargissement des actions Pour l’année à venir, le projet prévoit de continuer à renforcer les capacités des éleveurs, à étendre les circuits courts durables et à sensibiliser davantage les consommateurs. Des initiatives de capitalisation et de plaidoyer seront également menées pour promouvoir l’engagement des politiques dans la promotion du consommer local. Témoignage d’une éleveuse de lapins Je m’appelle Rose ADJAGBE, j’ai 34 ans. Je suis mariée avec 4 enfants à AKPOLI-DJIKPO Ulrich, je suis coiffeuse de formation et orpheline de père. J’ai passé une enfance difficile. Quand j’ai connu mon mari, il m’a aidé à obtenir mon diplôme et à venir en aide à ma famille. Mais lorsque nos charges ont commencé à augmenter avec le nombre d’enfants nous étions impuissants face aux nécessités de ma famille. Nous avons donc décidé de commencer l’élevage pour joindre les deux bouts. Mon mari a donc acheté des porcs et je l’aidais à en prendre soin. Un jour, il est rentré avec une cage contenant une lapine mère qui a mis bas quelques jours après son arrivée de 8 lapereaux qui sont tous morts parce que nous ignorions comment en prendre soins.  Une amie à moi m’a parlé du groupement de lapins ‘’Fondéou’’ qui pouvait m’aider à prendre soins de ma lapine. Je me suis donc rapprochée et j’ai intégré la coopérative. Quelques mois après mon adhésion, j’ai été mis au courant du projet porté par l’ONG ‘Eleveurs Sans Frontières Bénin’ qui accompagne depuis des années le groupement Fondéou dans la cuniculture. Sur la base de critères, j’ai été sélectionnée pour recevoir l’appui du projet. J’ai bénéficié d’une lapinière de 6m/4m, d’un clapier en fer de 10 cages, 20 abreuvoirs et 20 mangeoires, 5 boîtes à nids et des formations théoriques et pratiques en techniques d’élevages de lapins.  En 7 mois, je suis passé de 8 lapins (3 femelles et 5 lapereaux) à 102 lapins (1 mâle, 10 femelles et 91 lapereaux). J’ai déjà vendu 71 lapins à 194.750 FCFA (env. 300€). J’envisage d’ici deux ans d’agrandir mon bâtiment, de confectionner de nouveaux clapiers en fer et d’augmenter le nombre de mes géniteurs à 30 femelles et 3 mâles. Merci à l’ONG Eleveurs Sans Frontières Bénin et ses partenaires. Rose ADJAGBE Les partenaires opérationnels Les partenaires financiers

Les Femmes Relais Environnement et Santé Animale au Maroc

Dans le cadre du projet Envol des femmes, des Femmes Relais dédiées à l’Environnement et à la Santé Animale (FRESA) sont accompagnées au sein des villages. Ce projet vise à soutenir 102 éleveuses de chèvres et de moutons dans leur installation et leur émancipation socio-économique grâce à leur activité d’élevage. Dans la région de Ouarzazate, les femmes rurales sont confrontées à un défi supplémentaire avec l’accentuation des sécheresses due au changement climatique. Face à ces vulnérabilités croissantes, l’équipe ROSA/Elevages sans frontières a décidé d’innover en accordant une attention particulière à la santé environnementale et animale. Pour faciliter l’intégration de ces enjeux dans les villages, 10 femmes relais spécialisées dans l’environnement et la santé animale ont été sélectionnées dans le cadre du projet. Les FRESA, c’est quoi ? Les femmes relais environnement et santé animale sont des éleveuses bénéficiaires du projet. Elles assurent la relation entre les services vétérinaires et les groupements au sein des villages. Elles organisent également les activités de sensibilisation aux pratiques agroécologiques et à la valorisation du fumier issu de leur élevage. Parage des onglons – santé animale Compostage – santé environnementale Pourquoi mettre en place des FRESA ? Il a été constaté dans certains élevages des cas récurrents de maladies chez les animaux avec une méconnaissance des démarches à suivre pour les éleveuses. Jusque-là, peu de contact était établi entre les éleveuses et les services vétérinaires agréés. De plus, l’équipe recevait aussi des demandes d’anciennes éleveuses en cas de maladies dans leurs élevages. Il a donc semblé nécessaire d’introduire des femmes relais dynamiques et volontaires pour assurer la coordination des besoins des groupements villageois avec les services de santé animale. En outre, ces dernières années, la zone de Ouarzazate a connu des épisodes de sécheresse de plus en plus intenses. Cette situation s’accompagne d’un appauvrissement des sols et d’une augmentation de l’utilisation de produits chimiques dans les pratiques agricoles. Ce constat découle d’une évaluation des pratiques effectuées par l’équipe au cours de la deuxième année du projet. Ainsi, la santé environnementale devient une priorité pour les populations concernées. Afin de sensibiliser et de faciliter la transition vers des pratiques plus respectueuses de l’environnement, il a été décidé de continuer à former les femmes relais dans ce domaine. Les objectifs des FRESA Faciliter la relation entre les vétérinaires et les éleveuses pour une meilleure prise en compte de la santé animale au sein des élevages. Faciliter la transmission des pratiques agroécologiques au sein des villages. Favoriser le lien entre la santé animale et la santé environnementale au sein des villages à travers les femmes relais. Assurer un impact durable à long terme. Comment s’organise l’accompagnement des FRESA ? Pour commencer, il est primordial d’installer les bénéficiaires afin qu’elles puissent acquérir des connaissances grâce aux formations sur l’élevage dispensées par l’équipe, qu’elles aient un bon suivi des pratiques enseignées et qu’elles soient volontaires pour jouer ce rôle. Les bénéficiaires sont sélectionnées par groupements selon des critères établis par l’équipe, notamment l’accès à une parcelle pour les activités environnementales. Elles participent à des formations similaires à celles des éleveuses, avec un accent particulier sur les points clés qui les concernent davantage. Lors des formations en santé animale, elles sont présentées aux services vétérinaires afin de discuter des enjeux et d’échanger des contacts téléphoniques. En ce qui concerne l’aspect environnemental, elles sont sensibilisées aux pratiques agroécologiques lors de séances pratiques sur le terrain (visites de parcelles) et participent à des formations sur la valorisation du fumier et du compost. Quels sont les résultats constatés en année 3 du projet ? Concernant la santé animale : on remarque une dynamique dans les villages, une meilleure coordination pour les campagnes de vaccination et d’antiparasitaires entre les regroupements d’éleveuses et les services vétérinaires, une meilleure considération globale de la santé animale dans les élevages, ce qui se traduit par une plus grande autonomie des éleveuses dans la gestion de la santé de leurs troupeaux. En ce qui concerne l’environnement : on remarque une réponse positive à l’épandage du fumier sur les terres avec moins de sécheresse et moins de mauvaises herbes que sur d’autres parcelles avec un épandage direct des excréments des animaux. Cependant, des défis persistent pour le moment. Une évaluation plus complète sera possible à la fin du projet, à l’issue des deuxièmes sessions de ces initiatives prévues pour la troisième année du projet. Kbira Ouchen Kbira témoigne Kbira, une éleveuse de chèvres déterminée, nous partage son expérience. Grâce au projet, elle est devenue une femme relais environnement et santé animale dans son village, offrant son aide et ses conseils aux autres éleveuses en cas de besoin. Lire son témoignage Pour la suite Pour la prochaine étape du projet Envol des femmes, prévue pour octobre 2024, il est envisagé de renforcer le rôle des femmes en leur proposant une formation technique approfondie sur les pratiques agroécologiques. Cela sera accompagné d’un suivi de leurs pratiques agricoles sur leur parcelle, ainsi que de tests de cultures visant à améliorer la résilience du système d’élevage face aux changements climatiques. De plus, il est prévu d’intensifier les formations en santé animale pour ces éleveuses, dans le but de les transformer en relais reconnus par les services vétérinaires. Cela leur permettra d’effectuer certains actes au sein des villages, tout en suivant la réglementation du territoire. Aline Migault Chargée de mission

[Témoignage] Kbira Ouchen et l’impact du projet Envol des femmes

Pendant une période de trois ans (oct 2021 – sept 2024), le projet Envol des femmes, initié par Elevages sans frontières en collaboration avec l’association locale Rosa, accompagne 148 éleveuses dans la région de Ouarzazate. L’objectif principal est d’accompagner 102 femmes dans le développement d’une activité d’élevage de moutons ou de chèvres, offrant ainsi des sources de revenus et favorisant leur autonomisation socio-économique.  Ce programme comprend la mise en place d’élevages, la formation aux pratiques d’élevage efficaces et durables, ainsi que le suivi régulier des activités d’élevage. De plus, il intègre un suivi économique et des sessions de sensibilisation à l’entrepreneuriat. Un aspect crucial du projet est le renforcement des connaissances en santé animale, assuré par des formations dispensées par le service vétérinaire local, ainsi que la nomination de 10 femmes relais au sein des villages. L’objectif global de ces initiatives est d’assurer la pérennité à long terme des activités d’élevage. Découvrez le témoignage de Kbira, éleveuse caprins, femme relais environnement et santé animale et relais suivi économique Je m’appelle Kbira Ouchen, j’ai 43 ans, j’habite dans le village d’Aghane, je suis mariée et j’ai 5 enfants. Mon mari est forgeron et mon aîné est militaire. Ils travaillent tous les 2 dans d’autres régions et reviennent de temps en temps dans le village. Moi, je reste au village pour m’occuper de la maison et des enfants. Je commence ma journée en général, par les tâches dans la maison et auprès des enfants, puis je pars aux champs. Lorsque je rentre, je vais m’occuper de mon élevage. Grâce au projet Envol des femmes d’Elevages sans frontières et Rosa, j’ai bénéficié de 2 chèvres et débuté une activité qui me permet d’avoir du lait pour ma famille. Mon élevage me permet aussi d’avoir mes propres revenus. Avec le projet, j’ai reçu des formations en élevage, en santé animale, en suivi économique pour mon activité et à la transformation du fumier et compost. Formation au compostage Formation valorisation du fumier Dans mon village, je suis femme relais environnement et santé animale. Si une éleveuse a des problèmes avec ses animaux, elle vient chez moi et j’essaie de l’aider ou la conseiller. Si je n’ai pas de solution, j’oriente vers le service vétérinaire de la région. Avant le projet, je n’avais pas de connaissances en élevage, je ne faisais pas attention à la nourriture que je donnais ou au nettoyage de mon enclos. Je ne faisais pas non plus attention à ce que j’achetais ou aux dépenses que je faisais. Suivi des dépenses avec cahier de gestion Aujourd’hui, j’ai conscience de l’importance de l’hygiène pour mes animaux et je fais attention au matériel dont j’ai besoin pour qu’ils soient bien. J’ai compris aussi l’importance du sevrage des animaux. Enfin, je surveille mes achats et mes dépenses pour mon activité. Il faut être patiente au début, le temps du démarrage de l’élevage, mais je conseille aux femmes de bénéficier des actions de Rosa et ESF. Dans le futur, je m’imagine continuer à développer mes compétences en élevage, être indépendante et capable de subvenir à mes propres besoins. Ainsi, elles peuvent avoir leur propre activité génératrice de revenus et apporter du lait pour leurs familles. Dans le futur, je m’imagine continuer à développer mes compétences en élevage, être indépendante et capable de subvenir à mes propres besoins. Kbira Ouchen

[Étude] Des cantines scolaires approvisionnées en protéine animale

Notre projet a germé début janvier 2023. Aude avait très envie de (re)partir à l’étranger, Mathieu avait très envie de découvrir la coopération. Le dénominateur commun était notre attrait pour l’Afrique et notre soif d’aventure. L’équation était posée, on décide de se donner une chance et d’avancer dans nos recherches. Quelques mois plus tard, nous rencontrons l’association Elevages sans frontières à qui nous proposons nos compétences et qui nous confie une mission en collaboration avec un de leurs partenaires locaux Éleveurs Sans Frontières Bénin. It’s a MATCH ! Nos entreprises respectives nous soutiennent (MERCI), c’est comme ça que nous nous retrouvons le 1er Novembre 2023 au départ d’Orly à destination de Cotonou. Notre mission : étudier la faisabilité de l’introduction de la protéine animale dans les cantines scolaires pour développer un nouveau canal de distribution en circuit court et améliorer l’alimentation des enfants avec tous les impacts bénéfiques associés. Aude LEFEBVRE Responsable de developpement Grands Comptes chez API Restauration Mathieu TRICART Responsable Marketplace & Partenariat chez Spareka L’alimentation scolaire intégrée, associée à la production locale, se révèle être un filet de protection sociale aux multiples objectifs au Bénin. Karimou Salimane, Ministre des enseignements maternel et primaire du pays, souligne son impact positif sur l’accès à l’éducation, la performance scolaire et la garantie d’une alimentation saine. Dans cette perspective, Aude et Mathieu ont entrepris pour Elevages sans frontières, une étude visant à évaluer la faisabilité de l’approvisionnement en protéine animale dans les cantines scolaires. Contexte et justification de l’étude Le Bénin a rendu officiellement gratuit l’accès à l’éducation maternelle et primaire depuis 2006, plaçant l’alimentation scolaire parmi les mesures essentielles pour favoriser l’accès, la rétention et la performance des élèves. Les cantines scolaires, soutenues par le Programme National d’Alimentation Scolaire Intégré (PNASI), ont été identifiées comme un moyen de lutter contre l’absentéisme, le redoublement et l’abandon scolaire, en améliorant significativement la nutrition des élèves. Cependant, une carence notable en protéines animales, sauf le fretin, persiste dans les repas des cantines scolaires en raison de contraintes financières. Convaincu des bienfaits de la sécurité alimentaire, l’État béninois a débloqué des fonds pour les cantines mais l’approvisionnement en protéines animales reste un défi. La Mission L’étude initiée par Elevages sans frontières vise à étudier la faisabilité de l’approvisionnement en protéine animale des cantines scolaires au Bénin. Les objectifs principaux incluent l’analyse du fonctionnement des cantines scolaires, l’évaluation des opportunités de partenariat avec des fournisseurs locaux de viande, l’identification des opportunités et contraintes d’approvisionnement, ainsi que l’étude de faisabilité de l’intégration d’élevages locaux. Analyse et recommandations L’étude révèle le fonctionnement du PNASI avec des livraisons trimestrielles de vivres sèches (maïs, riz, niébé, sel, huile) mais souligne l’absence de protéines animales. Pour introduire la protéine animale, trois pistes sont aujourd’hui à étudier plus en profondeur : un circuit court avec les éleveurs locaux, la mise en place d’un élevage intégré à l’école, l’intégration d’un élevage communautaire chez un éleveur local. La réussite de ces initiatives reposera également sur des fondamentaux tels que la sécurité, l’implication communautaire, l’expertise en élevage et le suivi rigoureux. L’étude recommande une initiative pilote dans une école pour concrétiser ces propositions. Ces approches ont chacune des contraintes et des avantages spécifiques qu’il convient maintenant de creuser avant une expérimentation qu’Elevages sans frontières souhaite pouvoir tester dans un avenir proche. Conclusion L’analyse met en lumière l’importance de l’approvisionnement en protéine animale dans les cantines scolaires béninoises. Les recommandations s’orientent vers des solutions locales et durables, alignées sur la vision d’Elevages Sans Frontières. En renforçant l’alimentation scolaire, le Bénin peut créer un environnement éducatif propice à la croissance et au développement des enfants. Merci à Aude et Mathieu pour leur travail !

[Témoignage] De l’adversité à l’épanouissement : le parcours de Dame Kitiyésso au Togo

Dans le nord du Togo, le projet Or Gris des Savanes vise à améliorer les conditions de vie des éleveurs et des éleveuses de pintades. Dans sa deuxième phase, le projet s’engage à accroître les revenus des communautés locales en créant une filière pintade renforcée, rémunératrice et respectueuse de l’environnement. La mission est claire : insérer socialement et professionnellement les femmes et les jeunes de la région des Savanes grâce à une filière pintade « Or Gris des Savanes » renforcée. À travers le récit de Dame Kitiyésso, découvrez l’impact concret de ce projet. Témoignage de Dame Kitiyésso, bénéficiaire du projet Or Gris des Savanes Ce témoignage a été recueilli en janvier 2024 par notre équipe au Togo : ESFT (Elevages et Solidarité des Familles au Togo). Voici l’extrait de l’interview en vidéo. https://elevagessansfrontieres.org/wp-content/uploads/2024/01/Dame.mp4#t=4 « Je m’appelle DAME Kitiyésso, j’ai 35 ans, je suis mariée avec 5 enfants ; 2 filles et 3 garçons. J’habite le village de Kpandjini dans le canton de Galangashie, préfecture de l’Oti (Togo). Avant d’être bénéficiaire du projet Or Gris des Savanes, mon mari et moi avions beaucoup de difficultés dans l’élevage. Nous avions beaucoup de mortalité de poussins et pintadeaux allant jusqu’à 100%. Nous avions un poulailler traditionnel dont une partie de la toiture était en très mauvais état, l’eau de pluie s’infiltrait ; les conditions financières ne nous permettaient pas de le réparer. Le peu de récoltes que nous faisions étaient utilisées pour payer l’alimentation des animaux. Depuis 3 ans, je suis éleveuse associée(1) de DOUTI Komi auprès de qui je mets en pratique les connaissances théoriques apprises dans le cadre du projet, comme comment bien alimenter mes volailles ou encore les bonnes pratiques de couvaison des œufs de pintades. Grâce aux connaissances acquises et aux conseils de l’équipe ESFT, je suis motivée et engagée à poursuivre cette activité que mon mari et moi voulions abandonner. Dans le cadre du projet, j’ai été sélectionnée pour bénéficier de formations sur les itinéraires techniques d’élevages de pintades. On nous a appris les normes de construction des poulaillers, les techniques pour bien formuler l’aliment des pintades et des pintadeaux, les bonnes pratiques d’hygiène dans le poulailler pour éviter les maladies dans les élevages et/ou en limiter ainsi que la gestion financière d’une unité d’élevage avec des cahiers de suivi. Aujourd’hui, j’ai 23 pintades, 16 canards et 12 poules. Je me réjouis de ce début d’amélioration de nos conditions de vie. Les revenus issus de l’élevage m’ont permis d’acheter les tenues scolaires de mes enfants et d’acheter une chèvre pour faire de l’élevage de petits ruminants. Après les formations, par le biais de la COOPEC SIFA, j’ai pu ouvrir un compte bancaire. J’ai reçu une subvention de 245 000 FCFA (375€) qui m’a permis de construire mon poulailler amélioré. D’ici peu, je devrais recevoir les équipements d’élevage, les produits vétérinaires, l’aliment et même des pintades pour renforcer mon activité. Aujourd’hui, je peux dire que je suis épanouie dans cette activité. Je veux développer mon élevage pour aider mon mari à subvenir aux besoins de la famille, surtout la santé et la scolarisation de mes enfants. Je remercie le projet Or Gris des Savanes, tous les partenaires de mise en œuvre et les généreux donateurs de nous soutenir. » Bravo Kitiyésso ! (1) Une éleveuse associée désigne une éleveuse bénéficiant de l’accompagnement d’une éleveuse talent. Une éleveuse talent est une éleveuse confirmée, agissant comme une référence pour d’autres femmes du village souhaitant s’engager dans l’élevage. Elle les oriente et donne des conseils précieux pour assurer la réussite de leur activité. Je découvre le projet Témoignage recueilli par Soumana Lagbema Chargé de projet ESFT

Impact du séisme au Maroc et les perspectives d’avenir en 2024

Séisme au Maroc : défis et réponses du Projet Envol des Femmes Le 8 septembre dernier, un séisme d’une ampleur considérable a touché le Sud du Maroc. Les bénéficiaires et les activités du projet Envol des Femmes, dans la région de Ouarzazate ont été impactées. La proximité et la réactivité de l’équipe de Rosa, notre partenaire au Maroc, ont été déterminantes pour évaluer la situation et réagir efficacement. Les éleveuses, bénéficiaires directes du programme, ainsi que leur famille, ont été touchées psychologiquement et économiquement par ce tremblement de terre. Si on ne déplore heureusement aucune victime, certaines ont subi des dommages importants dans leurs habitations et leurs élevages entraînant des perturbations dans leurs activités. Des mesures d’urgence ont été mises en place : des visites pour un soutien dans les villages, l’orientation vers les aides de l’Etat marocain et la distribution d’aliments pour les animaux. Des dégâts importants ont également été enregistrés au niveau de la coopérative laitière COROSA qui permet la transformation du lait de chèvres en formages et yaourts. Les éleveuses étant prioritairement focalisées sur les réparations à faire sur leur habitation, la collecte de lait a naturellement connu un recul significatif après le séisme. Les clients (Kasba, restaurants, etc.) et les consommateurs sont fortement dépendants de l’activité touristique, ils ont donc également diminué leurs demandes en produits de la coopérative le temps de leurs propres réparations et le retour des touristes. Ces 2 éléments ont eu un impact majeur sur les ventes. Alors que la collecte de lait concernait 8 villages avant le séisme, elle est actuellement limitée à 4 villages seulement. Une fermeture temporaire d’un mois de la coopérative est planifiée en février afin d’effectuer les réparations du bâtiment. Cette période correspond à la mise-bas des chèvres et à un arrêt de la collecte de lait, afin de limiter les impacts sur l’activité économiques de COROSA et donc des éleveuses. Amina témoigne… Découvrez le témoignage d’Amina, éleveuse et employée de la Coopérative Corosa. Je consulte Vers l’avenir : défis et ambitions pour l’Autonomisation des éleveuses en 2024. Parallèlement, les efforts pour améliorer le système d’élevage et les formations aux bonnes pratiques se poursuivent. L’appropriation par les éleveuses des outils de suivi économique, qui ont démontré leur efficacité pour analyser le bon fonctionnement des élevages en termes d’alimentation, d’hygiène et de santé animale, demeure un défi à relever. La phase 2 du projet est d’ores et déjà en préparation. Elle consistera à accompagner les éleveuses vers un système élevage-agriculture capable de s’adapter aux crises socio-climatiques auxquelles elles font face aujourd’hui. Les activités pour améliorer leur capacité à élaborer un système économiquement viable seront aussi poursuivies. Les actions de l’équipe se concentreront également sur l’appui aux coopératives, visant une meilleure valorisation des produits issus des élevages (lait, laine, cuir par exemple) et leur autonomisation. Malgré les obstacles rencontrés, l’équipe Rosa reste résolue à poursuivre sa mission d’émancipation des femmes et d’amélioration des conditions d’élevage. L’année 2024 s’annonce propice à des changements significatifs, avec un engagement renouvelé en faveur de la collaboration, de la formation et de l’innovation. Je contribue à la rénovation de Corosa Pauline Casolegno Directrice

Séisme Maroc : Amina, éleveuse et employée de la Coopérative Corosa témoigne

« Je m’appelle Amina Abdeddine, j’habite à Tifoultoute, j’ai 31 ans et je suis célibataire. J’ai bénéficié de l’appui en élevage de Rosa/Elevages sans frontières en 2021, lors du projet Imik S’Imik. Mon élevage a été touché par le séisme du 8 septembre au Maroc. Mon enclos a été en partie détruit. Je réfléchis toujours à comment je vais faire pour réparer mon enclos et louer une nouvelle parcelle de luzerne car ma zone de stockage a aussi été touchée. Je n’ai trouvé nulle part où louer car tout le monde en a eu besoin après le séisme.  Le tremblement de terre a touché tout le village, pas seulement moi. Depuis, j’ai remarqué que tout a augmenté, l’alimentation pour les animaux aussi. Dans mon village, les habitants cherchent à avoir des revenus mais le séisme a fait que toutes leurs économies vont vers les réparations maintenant. Ma maison, par exemple, a aussi des fissures importantes. J’ai recommencé à donner du lait à la coopérative laitière Corosa récemment mais avec une plus petite fréquence car je n’ai plus le même état d’esprit. Je pense encore au séisme. L’alimentation que je donne aux chèvres, soit je n’ai pas l’argent pour l’acheter soit je n’ai plus le moral pour aller la chercher dans les champs. Je reste choquée. Ma mère a pris le relais dans mon activité d’élevage pour l’instant. La coopérative Corosa est une coopérative qui a beaucoup aidé les femmes, surtout avec la production de lait. Maintenant, les femmes ont des revenus mensuels, c’est bénéfique pour elles. Elles peuvent avoir leur propre argent et aider leurs familles.  Pour ma part, je suis salariée de Corosa depuis 2022. Je suis chargée de remplir les fiches de production et de stockage, conformément aux normes de l’ONSSA (Office Nationale de Sécurité Sanitaire des produits Alimentaires). Je gère aussi les besoins de production dans la coopérative. Et si nous avons une commande, nous préparons les produits avec mes 2 autres collègues. L’activité de Corosa a beaucoup changé depuis le séisme, presque un virage à 180 degrés. Il n’y a plus la même fréquence de ventes, même les passages de clients ont diminué.  Les fissures importantes de la coopérative sont très visibles et peuvent aussi effrayer les clients. Certains d’entre eux nous demandent si nous n’avons pas peur de travailler ici. Il arrive que des clients préfèrent attendre leurs commandes à l’extérieur à cause des fissures. Lorsqu’un camion passe à côté de la coopérative, nous craignons que ce soit un nouveau séisme. Nous sortons tout de suite de la coopérative de peur que le sous-sol s’effondre devant nous. Si la coopérative reste dans cet état, elle va fermer. Nous cherchons de l’aide pour que la coopérative reste debout et fonctionne de nouveau. » La Coopérative COROSA La coopérative est née de la volonté d’ESF et de ROSA de promouvoir les produits issus de l’élevage, de valoriser le travail des femmes et de garantir des revenus grâce à la commercialisation de produits issus du lait. En l’absence de statut, les femmes ne pouvaient vendre le fromage de chèvre. Elles décident alors de créer une coopérative leur autorisant la commercialisation. C’est en 2008 que la coopérative COROSA voit le jour. Elle compte aujourd’hui plus d’une centaine d’éleveuses réparties dans 8 villages autour de Tamassint. Ces éleveuses sont les adhérentes de l’association ROSA. Elles ont bénéficié du don d’animaux d’Elevages sans frontières et viennent régulièrement fournir le lait à la coopérative. Depuis, la coopérative s’est étendue et a permis la vente de produits dérivés. Avec l’obtention de l’autorisation de l’ONSSA, elle s’est ouverte à de nouveaux marchés comme les établissements touristiques et quelques supermarchés. Cela a aussi aidé à appuyer les compétences de transformation et assurer aux clients un respect des normes sanitaires. 3 techniciennes y travaillent à temps plein et se répartissent le travail de la transformation des produits. Amina Abdeddine Éleveuse et employée de la Coopérative Corosa Je contribue à la rénovation de Corosa

Des produits laitiers locaux pour tous

En cette Journée Mondiale de l’Alimentation, il est crucial de rappeler l’importance de l’alimentation pour la santé et le bien-être de tous. Dans les pays où nous intervenons, l’urgence est notamment de soutenir des filières laitières durables et équitables. Les filières laitières européennes présentent des réalités contrastées. L’élevage laitier industriel, qui est le modèle dominant dans la plupart des territoires, assure une production laitière abondante couvrant largement les besoins nationaux. La fin des quotas laitiers et l’ouverture du marché à l’international ont engendré un export massif de lait en poudre de qualité nutritionnelle médiocre. Parallèlement, dans les pays du sud où Elevages sans frontières intervient, les filières laitières font face à des défis importants. On y trouve des élevages sédentaires et pastoraux non industrialisés, des ressources naturelles insuffisantes, des rendements laitiers faibles, ainsi que des moyens techniques et financiers limités pour les éleveurs. De plus, l’absence de soutien au développement des chaînes de valeur laitière locales et la concurrence déloyale des importations en provenance de l’Europe compliquent encore davantage la situation. Pourquoi soutenons-nous les filières laitières dans nos pays d’intervention ? Nous soutenons activement les filières laitières pour améliorer les conditions de vie des familles paysannes en leur permettant de diversifier leurs activités génératrices de revenus grâce à l’élevage laitier. Cette diversification contribue à réduire leur vulnérabilité économique. Ensuite, nous visons à améliorer la sécurité alimentaire en enrichissant les apports nutritionnels des ménages, en particulier ceux des enfants, grâce à la disponibilité de produits laitiers locaux de qualité. Cela a un impact direct sur la santé et le bien-être des populations. De plus, nos actions favorisent la création de richesses et d’emplois dans les territoires d’intervention, ce qui stimule le développement économique local. Enfin, en soutenant les filières laitières locales, nous renforçons la souveraineté alimentaire des pays où nous collaborons réduisant ainsi leur dépendance aux importations. Comment notre appui contribue-t-il au développement des filières laitières ? Elevages sans frontières contribue au développement de filières laitières dans 4 pays (Maroc, Burkina Faso, Haïti et Zambie) par : L’amélioration des conditions d’élevage : des infrastructures et des équipements d’élevage sont fournis afin d’accroître la productivité et le bien-être des animaux. Le microcrédit animal : l’accès des éleveurs aux animaux est facilité grâce au « Qui reçoit… donne », afin de réduire les barrières financières au démarrage de l’élevage laitier. La formation et l’assistance technique : des formations approfondies et une assistance technique sont offertes aux éleveurs pour améliorer leurs compétences en matière de gestion du bétail et de conduite d’élevage. La mise en place d’outils de valorisation : nous soutenons la création de structures telles que les centres de collecte, les laiteries et les fromageries pour transformer et commercialiser le lait localement. La promotion du consommer local : des actions de communication, des opérations marketing et des campagnes de sensibilisation sont mises en place pour encourager la consommation de produits laitiers locaux auprès des consommateurs. Exemples de projets dans différents pays : Au Maroc : un programme de microcrédit animal a été mis en place pour développer l’élevage de chèvres laitières. Une fromagerie locale a également été créée. Au Burkina Faso : des étables améliorées ont été construites et des formations ont été dispensées aux éleveurs pour améliorer leur production et la collecte de lait. En Haïti : l’accès à l’alimentation animale a été amélioré et les compétences des jeunes en élevage bovin laitier ont été développées à travers des élevages-écoles. En Zambie : des études sur le potentiel laitier et une étude de marché ont été menées. Un modèle économique gagnant-gagnant est à l’étude entre les éleveurs et les transformateurs avec le montage d’un plan d’affaires pour la création d’une laiterie. Quels effets sur les territoires et les populations touchés par les projets ? Nos projets ont un impact significatif sur les territoires et les populations que nous accompagnons : Au Maroc Les femmes éleveuses s’émancipent et jouent un rôle essentiel dans la production d’aliments nutritifs pour leur famille et leur territoire. Une coopérative de femmes est devenue un acteur clé dans le développement de la transformation laitière. Au Burkina Faso Les revenus des femmes s’améliorent pour un impact positif sur leur nutrition et celle de leurs enfants. En Haïti La jeunesse s’engage davantage dans le développement de la filière laitière. De jeunes éleveurs entrepreneurs ont pu développer leur activité d’élevage bovin laitier. En Zambie Nos projets contribuent à proposer des alternatives économiques aux éleveurs locaux pour atténuer le conflit homme-faune sauvage. Elevages sans frontières s’engage activement dans des campagnes de plaidoyer envers les décideurs politiques pour protéger les acteurs des filières en Afrique de l’Ouest. C’est notamment au travers de la campagne « Mon lait est local » que nous nous investissons au côté du Comité français pour la solidarité internationale (CFSI) et d’autres acteurs. Cette campagne vise à sensibiliser et à faire pression sur les décideurs politiques européens pour promouvoir et protéger les producteurs locaux et les chaînes de valeur laitières. Cette démarche vise à garantir une meilleure équité commerciale et à préserver la souveraineté alimentaire de ces pays. Thibault Queguiner, Responsable projets Je souhaite soutenir ces projets