« La Voie Lactée des Femmes de l’Oubritenga » : où en sommes-nous à mi-parcours ?

Vendredi 22 juillet, les éleveuses du projet La Voie Lactée des Femmes de l’Oubritenga* et les services techniques de l’élevage se sont réunis à Ziniaré, pour échanger avec Elevages sans frontières et APIL sur les avancées du projet. A ce jour, 150 éleveuses ont amélioré leurs pratiques en élevage et se sont initiées à la culture fourragère. Après étude de faisabilité, une unité laitière est en train d’être construite, et les éleveuses avec leur entourage ont entamé une réflexion sur les inégalités de genre. Les participants à la rencontre ont aussi ciblé les faiblesses, les manques et les besoins persistants en vue d’améliorer les activités du projet en cours et d’identifier les enjeux pour une possible nouvelle phase du projet comme : la défense des droits des femmes, la préservation de l’environnement l’accès à l’eau l’insertion socio-économique des déplacé(e)s la paix sociale. Le projet a profité de l’évènement pour distribuer des semences de niébé destinées à aider à la production de fourrages pour nourrir les animaux. Découvrez le projet https://elevagessansfrontieres.org/wp-content/uploads/2022/08/Journal-Burkina-Faso.mp4#t=1 JT de 13H du 13 août 2022 de la RTB – Burkina Faso SYLVAIN GOMEZ Référent projet « La Voie Lactée des femmes de l’Oubritenga » * Projet mené avec le soutien du Comité Français de Solidarité Internationale / Fondation de France (CFSI/FF)

Burkina Faso : des chèvres pour renforcer l’entrepreneuriat des éleveuses burkinabè

Rappel du contexte du projet Depuis octobre 2020, face au contexte environnemental et sécuritaire instable que connait le Burkina Faso, 150 éleveuses de 6 villages de la province de l’Oubritenga, dans le Plateau Central, se sont formées dans l’amélioration de leurs connaissances et de leurs pratiques en élevage avec l’appui du projet La Voie Lactée des Femmes de l’Oubritenga*. A cet effet, elles ont construit des bâtiments d’élevage améliorés. Avec leur entourage, elles ont aussi entamé une réflexion sur les inégalités de genre. Une étude de faisabilité a aussi été menée pour la construction d’une unité laitière. L’objectif : renforcer l’entrepreneuriat féminin sur la filière laitière pour une amélioration et une diversification des produits laitiers et ainsi une meilleure satisfaction des besoins des consommateurs. Un renforcement des moyens de production Ce 14 juillet 2022, une cérémonie de remise s’est déroulée au niveau du centre agroécologique d’APIL de Nakamtenga, dans un des 6 villages d’intervention du projet, en présence de la directrice régionale et du directeur provincial des ressources animales et halieutiques : 50 éleveuses de caprins et 25 éleveuses de bovins ont reçu des mangeoires et des abreuvoirs dans le cadre de l’amélioration de leurs sites d’élevage. 25 éleveuses de chèvres ont aussi reçu 3 chèvres chacune. Ces éleveuses nouvellement dotées se sont engagées à rembourser ce microcrédit animal en réservant des chevreaux issus de leurs élevages pour les 25 autres éleveuses en attente de l’amélioration de leurs moyens de production. Bonne chance à elles ! 100 autres éleveuses attendent les vaches qui renforceront leur activité d’élevage. Nous vous donnerons bientôt de leurs nouvelles. Ce microcrédit animal, Elevages sans frontières l’adapte à la vulnérabilité des éleveurs engagés dans ses projets. Il permet d’instaurer un contrôle social et des liens de solidarité entre les ménages d’éleveurs. Micro-crédit animal : remise des chevreaux Cérémonie : remise des équipements d’élevage Des animaux, des équipements mais pas que…. Le projet a aussi dupliqué sa parcelle expérimentale de production fourragère : une nouvelle parcelle de maralfalfa a été installée au niveau du centre agroécologique d’APIL à Nakamtenga. L’innovation se rapproche des bénéficiaires et bientôt des tentatives d’appropriation au niveau des parcelles des ménages d’agroéleveurs seront testées. Ceci afin de mieux nourrir les animaux pour améliorer leur production laitière. Les éleveuses et leur entourage ont mené un diagnostic « Genre et Egalité des Chances » afin de cibler les inégalités et les violences faites aux femmes et qui nuisent au développement de leur entrepreneuriat et de leur bien-être socio-économique. Les activités en faveur de l’autonomisation des femmes seront renforcées avec le projet « Parions l’Egalité » dont nous vous parlerons sous peu. Enfin, une unité laitière est en cours de construction sur le même site. Elle permettra de recueillir et de valoriser les quantités de lait produites sur la zone d’intervention du projet. A bientôt pour des nouvelles des premières dégustations de lait pasteurisé, yaourt, dégué, gapal ou autre produit laitier. Découvrez le projet SYLVAIN GOMEZ Référent projet « La Voie Lactée des femmes de l’Oubritenga » * Projet mené avec le soutien du Comité Français de Solidarité Internationale / Fondation de France (CFSI/FF)

Lancement officiel du projet « Or Gris des Savanes » – Phase 2

Lancement officiel de la phase 2 du projet « Or Gris des Savanes : appui à la filière pintade au Togo » Le vendredi 15 juillet, Elevages sans frontières et ses partenaires togolais, ESFT, OREPSA, FMFRT et COOPEC-SIFA, ainsi que d’autres acteurs locaux de la région des Savanes, comme les services techniques étatiques et les collectivités locales, se sont réunis à Tandjoare pour expliquer la seconde phase du projet « Or Gris des Savanes ». Rappelons que la seconde phase du projet souhaite pousser plus loin les résultats obtenus, en contribuant davantage à l’insertion socio-professionnelle des femmes et des jeunes de la région des Savanes grâce à une filière pintade viable, respectueuse de l’environnement et productrice de richesses. Pour cela, trois approches sont mises en œuvre : L’approche « Genre et Egalité des Chances » vise le développement d’un entrepreneuriat durable et inclusif en élevage. Elle prévoit des parcours de formation endogènes et innovants et des dispositifs d’accès aux ressources productives (bâtiments, équipements, animaux) pour faciliter l’installation en élevage des femmes et des jeunes. L’approche « Une Seule Santé » vise une gestion respectueuse de l’environnement des élevages avec le développement de services vétérinaires de proximité, la diffusion de pratiques agroécologiques via des champs-écoles et l’initiation à des processus de gestion locale collective des ressources naturelles des terroirs villageois. L’approche en « Economie Sociale et Solidaire » vise un renforcement des économies locales. Elle comprend un accompagnement d’initiatives économiques (provenderie, unité de transformation, unités d’équipements) et une consolidation de l’organisation et de la défense des intérêts des éleveurs via des coopératives, des unions, une plateforme régionale et des alliances productives entre les acteurs économiques de la filière. Concrètement, près de 600 agroéleveurs•euses vulnérables amélioreront la productivité de leurs élevages de pintade, leurs rendements agricoles, leurs capacités d’organisation et donc leurs revenus. Les consommateurs bénéficieront aussi des retombées du projet en bénéficiant d’un meilleur accès à des produits pintades locaux et de qualité. Découvrez le projet Prévu pour une durée de 3 ans (2022 – 2024) et toujours avec le soutien de l’Agence Française de Développement (AFD), le projet est en plein ciblage de ses bénéficiaires et dans la préparation de ses méthodologies.  Pour que l’élevage de pintades contribue à un développement local durable et inclusif dans la Région des Savanes. JOSEPH KABORÉ Référent projet « Or Gris des Savanes » Source : Le Journal Agricole N°70 – Juillet 2022

Elevages sans frontières de retour au Kosovo

Un lien particulier avec le Kosovo C’est au Kosovo, il y a plus de 20 ans, qu’Elevages sans frontières a lancé son tout premier projet d’appui à la filière caprine. Ce petit territoire (plus petit que la Région Île de France !) sortait alors d’une guerre aux effets dévastateurs : victimes civiles, déplacements massifs de population, ou encore perte des biens et des moyens d’existences. Pendant 17 ans, ESF a mené des projets auprès de 500 familles ayant perdu leur capacité de productions agricoles, pour leur permettre de relancer une activité économique. 17 ans d’action en chiffres 242 ménages bénéficiaires directs 266 familles bénéficiaires du « Qui reçoit… Donne » Des projets menés dans 14 Municipalités Ces derniers mois, la guerre en Ukraine a ravivé le regain d’attention pour les pays des Balkans occidentaux : ces Etats encore fragilisés par les guerres, sont eux-aussi candidats ou « candidats potentiels » à l’intégration à l’Union Européenne. Cependant, la pacification de la région et sa stabilité économique et sociale restent des enjeux clés dans ce processus. Un nouveau projet qui se lance ! Fin juin 2022, Elevages sans frontières s’est rendu à Pristina (capitale du Kosovo) pour rendre visite à son partenaire historique, l’ONG kosovare Meshqerra, en vue de la préparation d’un nouveau projet mené conjointement.  Meshqerra a été créé en 2013, à la suite du retrait de Heifer International au Kosovo. Son équipe est aujourd’hui constituée de 4 salariés motivés, à l’expertise et aux projets reconnus. Meshqerra s’est spécialisé dans les projets bovins et caprins qui sont portés sur l’ensemble du territoire, en partenariats avec les acteurs publics locaux. La mission a permis une ré-immersion dans ce contexte, à la fois éloigné des autres pays d’intervention actuels d’Elevages sans frontières, mais proche dans les problématiques qui touchent les populations rurales et les plus vulnérables. L’élevage de chèvres au Kosovo bénéfice d’un potentiel prometteur : les pâturages sont abondants et les villages ont un accès à l’eau tout au long de l’année. Dans les familles d’éleveurs, tout le monde participe que ce soit pour mener les animaux en pâturages, cultiver les terres, traire (la plupart du temps à la main), transformer les produits de manière artisanale ou encore pour vendre les produits aux voisins. Au fil des rencontres, la fracture entre le milieu urbain et rural s’est fait de plus en plus sentir. La plupart des familles visitées dans des villages excentrés vivent dans une grande précarité. Les allocations de l’Etat (environ 170€ euros par mois), ne sont pas des « coups de pouce » suffisants pour aider ces familles durablement, et les chocs économiques (liés à la Covid-19, l’inflation,…) accentuent leur vulnérabilité. Elevages sans frontières est enthousiaste à l’idée de renouer avec ses racines, de transposer son expérience sur ce territoire avec les populations vulnérables du Kosovo. Notre mission : doter les éleveurs et éleveuses en animaux et en équipements, les former à la conduite d’élevage, à la transformation et la commercialisation du lait et également les former à la reproduction et à la santé animale. A très vite pour le lancement du projet ! MARION BUTTY Référent projet, Kosovo

Elevages sans frontières lance un projet en Zambie !

Aux abords de la 3ème plus grande réserve naturelle d’Afrique, on retrouve le parc national Kafue. Dans cette zone, les enjeux environnementaux sont nombreux et la coexistence Homme-faune sauvage est un défi majeur pour les populations locales et le territoire de la chefferie Musungwa. C’est autour de cette problématique et des actions menées par l’association Melindika dans cette région de la Zambie que le partenariat avec Elevages sans frontières né en 2021. Un diagnostic technico-économique de la filière laitière confirme le potentiel laitier des ménages d’agropasteurs vivant en bordure du parc national Kafue. Les deux acteurs font alors le choix de s’engager dans la formulation d’un premier projet pilote commun. Notre partenaire Melindika agit pour le développement rural en appui aux élevages paysans. Elle intervient dans les domaines de l’élevage et de la santé animale dans les zones défavorisées. En juin 2022, le projet « Des lions et des vaches » est officiellement lancé ! Il vise à renforcer les systèmes d’élevages traditionnels bovin-laitiers de 195 ménages d’éleveurs. En soutenant les activités d’élevages dont dépendent étroitement les population locales pour vivre et subvenir à leurs besoins, le projet entend sécuriser leurs principaux moyens d’existence et proposer une alternative économique tangible à la consommation de viande de brousse et au braconnage des animaux du parc de Kafue. Découvrez le projet Les activités phares de l’action participeront : à l’autonomisation des services vétérinaires offert jusqu’à lors par Melindika, à l’organisation des éleveurs et éleveuses en collectif autour de la gestion et conduite de leurs activités d’élevage à la définition des moyens nécessaires à la création d’une unité de transformation laitière capable d’offrir un débouché rémunérateur et juste pour les ménages Ilas et Tongas vivant sur ces plaines. Au terme de ce premier projet, Elevages sans frontières et Melindika s’inscriront en 2023 dans une nouvelle phase. Elle visera à faciliter les moyens matériels et l’appui technique pour l’organisation de : la collecte, la transformation et la commercialisation d’un lait local respectueux de l’environnement et de la faune sauvage. THIBAULT QUEGUINER, Référent projet « Des lions et des vaches »

Les élèves de 6ème de Marcq Institution : acteurs du projet haïtien

19 années d’action à nos côtés n’ont pas entamé la motivation et la mobilisation du Collège Marcq Institution. L’équipe pédagogique a reconduit cette année encore l’action de sensibilisation et de vente caritative avec les treize classes de 6ème de l’établissement. L’action s’est déroulée sur une semaine du 22 au 26 novembre 2022. Marina, notre Chargée des Animations Scolaires et Christine, Responsable de la Collecte, sont intervenues une heure dans chaque classe de 6ème, afin de présenter aux élèves les missions d’Élevages sans frontières à savoir : permettre l’autonomie des femmes et des familles, favoriser le développement durable et la solidarité en Afrique de l’Ouest, en Haïti et au Maroc. Comme chaque année, nous proposons aux élèves de s’engager en menant une vente solidaire afin de contribuer de manière concrète à la réalisation d’un de nos projets. Et c’est le projet haïtien « Le lait des collines de Lascahobas » qui a été choisi pour cette saison. L’objectif de ce projet consiste à aider 380 éleveurs et éleveuses démunis à Haïti en leur offrant des vaches laitières pour améliorer leurs conditions de vie. Parmi eux, 190 jeunes vulnérables vont pouvoir démarrer un élevage de vaches qui leur donnera un nouveau départ dans la vie ! Des élèves de 6ème : acteurs du projet haïtien Les élèves ont été attentifs et curieux tout au long des interventions. Découvrir le quotidien d’enfants haïtiens qui vivent en zone rurale leur a permis de porter un regard différent sur notre mode de vie occidentale et de comprendre les enjeux essentiels de la solidarité internationale. Vivre sans eau courante, dans des régions frappées par le réchauffement climatique, les crises politiques, où aller à l’école n’est pas une garantie pour tous… Voilà qui donne à réfléchir ! Cette semaine de sensibilisation permet d’impliquer et de motiver les élèves à vendre le plus d’objets possibles en décembre avant les fêtes de fin d’année. Cette fois-ci, ce sont de petites décorations en forme d’ange à mettre dans le sapin qui ont été proposées à leur entourage. 2650€ ont ainsi pu être collectés grâce à ces élèves devenus les ange-gardiens du projet ! Sensibiliser oui, et après ? Afin de tenir les collégiens informés sur l’avancée du projet et de leur montrer l’impact qu’a eu leur action solidaire sur la vie des familles paysannes haïtiennes, Marina a régulièrement demandé des nouvelles du projet à nos collaborateurs sur le terrain. C’est tout récemment qu’elle est revenue au collège pour conclure l’action, en présentant le bilan du projet aux élèves et au corps enseignant. L’occasion de les remercier de vive voix en valorisant leur engagement comme il se doit. Grâce à eux, 8 vaches laitières ont pu être distribuées à 8 familles haïtiennes avec tout le nécessaire pour démarrer leur élevage. Bravo à eux ! https://www.youtube.com/watch?v=aGWMmcFPaz0 Bénédicte Delecour, Animatrice en pastorale, Marcq Insitution Nous tenons à remercier sincèrement le Collège de Marcq pour sa confiance dans cette belle initiative et cette collaboration que nous entretenons depuis de nombreuses années maintenant. Un grand merci aussi à tous les élèves pour leur écoute et leur implication dans le projet.

Au cœur du quotidien d’une éleveuse – Vies à Vies 2022

Au Burkina Faso, la journée des femmes rurales commence bien souvent avant les premières lueurs de l’aube pour se terminer une fois que tout le monde est couché. Leur travail, invisible ou mal valorisé, contribue à l’équilibre social et économique des foyers mais traduit de fortes inégalités entre les sexes. Mariame, 5 enfants : son bébé dans le dos, elle prend soin de ses 5 vaches UN BIEN-ETRE COLLECTIF AU DETRIMENT DE CELUI DES FEMMES 5h30 du matin : se lever, balayer la cour, allumer le foyer, préparer le petit déjeuner pour toute la famille, réveiller les enfants, les débarbouiller, les habiller, les nourrir et les envoyer à l’école pour ceux qui y vont. Veiller au bien-être des enfants : une priorité pour les femmes. Au tour des animaux ! Il est 8h30, ces derniers reviennent des pâturages et du point d’abreuvement. C’est l’heure de la traite et de la tétée pour le veau qu’il ne faut pas oublier mais qui ne doit pas non plus boire tout le lait ! Le lait fuse plus ou moins dans la calebasse en fonction des saisons : les vaches ne mangent pas tout le temps à leur faim. Djeneba, Mariame, Salimata – pour ne citer qu’elles – ont commencé à garder quelques vaches au village pour que ces dernières dépensent moins d’énergie et produisent plus de lait. Cela implique toutefois de leur porter nourriture et eau. Veiller au bien-être des animaux : une nécessité si les femmes veulent gagner sur la vente du lait. A la corvée d’eau maintenant ! A vélo, en charrette ou à pied : tous les moyens sont bons pour rapporter le précieux liquide à la maison. Des heures pour parcourir des kilomètres, attendre son tour à la borne fontaine, le tout sous un soleil de plomb, pour recevoir parfois à peine de quoi répondre aux besoins du foyer et des animaux. L’eau est là, l’approvisionnement en bois est fait (une autre corvée assurée par les femmes) : c’est l’heure de préparer « la popotte » ! Faire cuire le riz et les condiments achetés au marché avec parfois les bénéfices tirés de la vente du lait. Veiller au bien-être des estomacs du foyer : une obligation à laquelle se tiennent les femmes. Cette charge de travail domestique se ressent dès le plus jeune âge et le temps pour prendre soin de soi, pour apprendre, se reposer est moindre comparé à celui des hommes. Coumbo prépare de quoi nourrir les volailles. L’heure du bain pour le fils de Mariame UN TRAVAIL INVISIBLE ET TEINTÉ D’INÉGALITÉS Dans la communauté peulh, les femmes ne cultivent pas et sont plus expertes en élevage avec le développement d’une activité économique autour de la traite. Dans la communauté mossi, les femmes sont très impliquées dans les travaux champêtres mais sont moins spécialistes en élevage, avec une activité de traite essentiellement dédiée à la consommation familiale. Dans tous les cas, les femmes ne sont pas propriétaires de la terre, des infrastructures et des animaux. Elles n’ont pas non plus le contrôle de certains maillons des filières comme l’achat ou la vente des animaux. Ce sont les maris qui donnent ou pas l’autorisation pour l’exploitation du lait, tout comme la participation aux organisations paysannes ou politiques. Pourtant, si les femmes avaient le même accès aux ressources productives et aux sphères de décision que les hommes, le rendement des exploitations augmenterait de 20 à 30% selon la FAO. Ce patriarcat s’installe très tôt dans les mentalités. Comme on dit en mossi, « Rawa katar bilié » : quel que soit son âge, un garçon reste un garçon et est toujours supérieur à la femme. La lessive avec cette eau si précieuse Djeneba, 4 enfants : à la traite de ses 10 vaches ENCORE PLUS DIFFICILE POUR LES DEPLACÉES Depuis 2015, le Burkina Faso connait une crise sécuritaire sans précédent. Les attaques terroristes se sont multipliées au nord, à l’est et à l’ouest. En mars 2022, la population déplacée a été estimée à 1,7 million de personnes. Des conflits peuvent survenir lorsque les ressources essentielles à la vie font défaut. Du fait de leur rôle dans la gestion de ces ressources, les femmes se retrouvent au cœur de ces tensions. La pression autour de la terre, de l’alimentation et de l’abreuvement du bétail peut mettre en péril la cohésion sociale. Dans le cadre du projet « Voie Lactée », les communautés de 6 villages de l’Oubritenga travaillent avec ESF et son partenaire APIL(1) pour que les femmes puissent s’engager sereinement dans le projet, avoir un meilleur accès aux ressources et aux bénéfices, mieux les contrôler et enfin faire appliquer leurs droits juridiques, sociaux et politiques. Le tout compris, accepté et soutenu par toutes et tous. SYLVAIN GOMEZ, Référent projet « Voie Lactée des femmes de l’Oubritenga » (1) Action pour la Promotion des Initiatives Locales

Zoom sur le parcours de Michel – Vies à Vies 2022

JEUNE ÉLEVEUR DE PINTADES AU TOGO Au Togo, 48% de la population a moins de 18 ans. Chaque année, les jeunes qui arrivent sur le marché du travail peinent à réussir leur insertion professionnelle. Le lien entre manque de formation et chômage est évident. Le projet « Or Gris des Savanes » a permis à Michel de lancer son projet d’élevage de pintades. Michel Tchable, jeune éleveur de pintades ambitieux Michel Yentaguime Tchable a 23 ans. Il vit dans les Savanes, dans le village de Kourientre. Sa famille n’a pas pu lui payer sa scolarité au-delà de la 1ère. Grâce à son engagement dans l’élevage, il a été retenu pour faire partie des 60 jeunes qui ont été formés à la Maison Familiale de Formation Rurale de Nagbéni. Pendant 7 mois, il a reçu des formations en élevage, en commercialisation et en gestion d’exploitation. Il sait à présent élaborer un aliment local pour pintade, incuber des œufs, dispenser les soins vétérinaires nécessaires au maintien de la bonne santé de ses animaux mais aussi suivre et évaluer son activité. Il a aussi été accompagné dans le montage et le financement de son projet d’élevage. Sur la base du plan d’affaire qu’il a formulé, il a été sélectionné et a reçu une subvention qui lui a permis de construire, d’équiper son poulailler et d’acheter des animaux. Cette formation et cet accompagnement ont été possibles grâce aux animateurs et aux formateurs des partenaires togolais FMFRT et ESFT(1). Avec les bénéfices tirés des ventes de pintades, il participe aux dépenses du foyer comme l’alimentation et la scolarisation de ses 6 frères et sœurs. Une partie de ses ressources est aussi réinvestie dans les activités agricoles. Devenu un modèle pour sa génération, il conseille et encourage des jeunes à s’investir comme lui dans cette activité qui lui permet de subvenir à ses besoins, de contribuer à ceux de son entourage et de participer au développement économique du territoire des Savanes. Sa famille bénéficie de la réussite de son projet. Formation sur l’alimentation des pintades JOSEPH KABORÉ, Référent projet « Or Gris des Savanes » (1) Fédération des Maisons Familiales et Rurales du Togo (FMFRT) – Elevages et Solidarité des Familles au Togo (ESFT)

Regard sur les champs-écoles – Vies à Vies 2022

Un « champ-école paysan » est une démarche de conseil agricole visant à accompagner les paysans dans l’amélioration de leurs pratiques pour une intensification durable de leurs productions agricoles. ESF utilise cet outil de formation pour animer des processus d’apprentissage en milieu rural. Comme une école « sans murs », les rencontres sont organisées dans un champ pour apprendre et valider des nouvelles techniques et solutions améliorant la gestion et l’écologie d’une culture. COMMENT METTRE EN ŒUVRE UN CHAMP-ÉCOLE ? Cette méthode centrée sur les apprenants repose sur une logique d’apprentissage par l’expérience. Durant toute une saison de culture (de la préparation des sols à la récolte), 15 à 30 agriculteurs se regroupent autour d’un champécole. Sous l’animation d’un technicien en agriculture, les membres d’un groupe se rencontrent pour conduire plusieurs expérimentations autour de la fertilisation des sols, la gestion de l’eau ou d’autres techniques testées. Le champ est divisé en plusieurs parcelles afin de disposer d’éléments visuels et factuels permettant de comparer les pratiques culturales communément utilisées et les techniques novatrices à mettre en œuvre (comme par exemple la substitution d’engrais chimiques par du compost à base de fumure animale). Lors de ces rencontres, le facilitateur encourage les participants à observer et apprécier les effets des pratiques appliquées sur les cultures de façon à retenir les solutions les plus avantageuses. A l’issue de ce processus, les paysans reproduisent les innovations validées collectivement dans la conduite des cultures dans leur ferme. Abou, Animateur en productions végétales sur le projet « Or Gris des Savanes » QUELS IMPACTS DANS NOS PROJETS ? Depuis 6 ans, ESF a essaimé cette approche dans plusieurs zones d’action. Récemment au nord Togo, les résultats de 25 champs-écoles paysans conduits au cours du projet « Or gris des Savanes » ont été capitalisés. L’objectif était d’amener les agroéleveurs à apprendre et à mettre en pratique les techniques de l’agroécologie et de l’agroforesterie pour améliorer la productivité des cultures vivrières tout en diversifiant leurs productions végétales. D’après l’évaluation menée, les producteurs disent avoir de meilleurs rendements sur leurs cultures (maïs, sorgho,…) avec les solutions de lutte antiérosives et l’application d’engrais verts. Ils souhaitent poursuivre ces expérimentations collectives et l’échange de savoir-faire entre pairs. THIBAULT QUEGUINER, Référent projet « Du champ à l’assiette »

Parole de Christian Bassolé, dessinateur – Vies à Vies 2022

CHRISTIAN BASSOLÉ DIT « MAIN2DIEU » Je me nomme Christian Arnaud Bassolé, dit « Main2DIEU ». Je suis dessinateur. Je termine ma formation aux Beaux-Arts d’Abidjan en Côte d’Ivoire. Ma formation initiale en Droit m’aide à dénoncer par le dessin les injustices, les inégalités et les faiblesses de nos sociétés. J’ai croisé Sylvain Gomez, référent projet ESF au Burkina Faso lors d’une « soirée caricatures » à Ouagadougou. Je l’ai caricaturé et puis on a parlé dessin et d’ESF ! Ensemble nous avons conçu deux kits de formation imagés : un sur l’élevage de poulets, l’autre sur l’élevage de chèvres. Nous avons d’autres idées pour former en images et à travers l’élevage sur les droits des femmes, la préservation de l’environnement et l’insertion socio-professionnelle des jeunes. Savoir que mes dessins permettent d’échanger, de former et de décider avec les éleveurs sur les améliorations de leurs pratiques me motive beaucoup. Cela dépasse le simple plaisir des yeux et mes dessins contribuent aux changements économiques, sociaux et environnementaux auxquels je crois. Un grand merci à Elevages sans frontières pour cette collaboration !