Solidarités : des initiatives inspirantes

Chaque année, des donateurs et partenaires d’Élevages sans frontières lancent des initiatives avec énergie et talents pour promouvoir et soutenir notre action. En voici quelques-unes qui pourraient vous inspirer ! Un concert de rock solidaire à Issoire En janvier 2025, à Issoire, un concert de rock au profit de l’association a battu son plein. À l’origine de cet événement : Jérôme, fidèle donateur, avec ses élèves de jeu en groupe d’Issoire Music School. Grâce à son engagement et à la mobilisation locale, cette soirée a rencontré un beau succès musical et solidaire ! Créer une association locale pour soutenir nos projets Claude, avec d’autres habitants de La Boissière (Hérault), a créé une association pour soutenir Élevages sans frontières. Leurs activités d’aumônerie ont permis de financer le projet Or gris des Savanes au Togo. Lors d’un échange en visio avec des éleveurs bénéficiaires et d’une visite à distance d’un bâtiment équipé d’une couveuse, ils ont pu mesurer concrètement l’impact de leurs dons. Une rencontre riche en émotions. Les jeunes se mobilisent pour Noël Chaque année, avant Noël, au Collège de Marcq Institution près de Lille, les élèves des 14 classes de 6ème sont sensibilisés par notre équipe sur les impacts de la solidarité internationale, avant de participer à une vente caritative. Au fil des années, les jeunes ont vendu santons, cartes de vœux, anges en bois… et même des savons au lait de chèvre issus des élevages de femmes bénéficiaires au Maroc. Merci à Marcq Institution pour ce formidable partenariat qui dure depuis 23 ans ! Rendez-vous sur www.lilo.org LE SAVIEZ-VOUS ? Vous pouvez nous soutenir autrement avec Lilo Le moteur de recherche solidaire LILO permet de transformer ses recherches internet en dons. Grâce à cette mobilisation simple du quotidien, près de 1 000 € ont déjà été reversés à Élevages sans frontières : preuve que de petits clics peuvent avoir de grands impacts. Au-delà de l’aspect financier, cette émulation nous touche et révèle combien tous ces soutiens ici, qui croient en notre action et au principe Qui reçoit… donne, peuvent changer des vies là-bas. Aissatou BA Chargée des relations donateurs Vous avez une idée d’action ? Contactez Aissatou au 03 20 74 83 92 ou par mail à donateur@elevagessansfrontieres.org
Parions l’égalité : renforcer le pouvoir d’agir des femmes rurales

Avec notre partenaire marocain ROSA, nous rejoignons le projet multi-acteur Parions l’égalité coordonné par BATIK International. Cette organisation est engagée pour renforcer le pouvoir d’agir des communautés vulnérables, notamment des femmes rurales. Les activités ont démarré à Ouarzazate en février : l’équipe ROSA a suivi une session sur les stéréotypes de genre, les discriminations qui en découlent et l’impact des projets de développement. Une autre formation, destinée aux éleveuses relais, visait à renforcer leur confiance, leur capacité d’accompagnement et l’écoute active. « En réfléchissant à leurs qualités de leader et en les mettant en pratique, les éleveuses ont gagné en confiance et en force. Au-delà du renforcement des compétences sociales, cette formation a développé leur pouvoir collectif. » Manon DRONIOU Animatrice de formations BATIK International
Une voie vers l’autonomie pour les éleveuses

FOCUS SUR UN PROJET : LA VOIE LACTÉE DES FEMMES DE L’OUBRITENGA Dans l’Oubritenga, à juste 30 km de la capitale Ouagadougou, 9 habitants sur 10 vivent de l’agriculture et de l’élevage. Les femmes assurent de multiples tâches dans des conditions difficiles sur le plan climatique, sécuritaire, matériel et culturel. Avec des moyens limités et la concurrence du lait en poudre importé, elles peinent à sortir de la précarité. Notre projet Voie Lactée des Femmes de l’Oubritenga (VOLAFO) renforce leur potentiel et les accompagne sur la voie de l’émancipation. Un quotidien harassant remplis d’obstacles Epouses, mères, agricultrices et éleveuses, les femmes de l’Oubritenga élèvent leurs enfants dans un habitat rudimentaire, souvent sans électricité, ramassent du bois et parcourent des kilomètres pour s’approvisionner en eau sous une température atteignant 45°C en saison chaude. L’accueil de centaines de déplacés qui ont fui les conflits armés du Nord génère des tensions pour l’accès aux ressources et fragilise la sécurité alimentaire des familles. Impliquées dans la production laitière, les femmes restent dépendantes de leur mari. La culture burkinabé encore très patriarcale, en particulier en milieu rural, limite l’accès à l’éducation, à la propriété des terres et des animaux, et leur pouvoir de décision. Des leviers pour l’autonomisation Dans ce contexte, l’objectif du projet VOLAFO est de permettre à 150 femmes mossis et peules de devenir les actrices de la résilience dans leur foyer et leur communauté en agissant sur les leviers de la productivité laitière, la transformation et la commercialisation. Son originalité tient à une approche globale : agir simultanément sur la technique, l’organisation collective et la dimension humaine. Le lait local devient ainsi un enjeu d’autonomisation économique et sociale. Les éleveuses sont formées aux techniques d’élevage de bovins et petits ruminants, à l’hygiène de traite et aux cultures fourragères. 25 femmes éleveuses de chèvres ont déjà bénéficié de bâtiments, d’équipements et d’intrants, favorisant la sédentarisation de l’élevage. La femme devient actrice car elle fournit désormais l’unité laitière. Voir le lait de son propre troupeau transformé en yaourt estampillé VOLAFO et vendu sur le marché renforce la fierté et le sentiment d’utilité sociale. En moyenne, chaque éleveuse produit 10 litres par semaine, vendus à 650 FCFA le litre (près d’1€), soit environ 25 000 FCFA (38€) de revenu mensuel. Un apport conséquent pour la scolarité, la santé et l’alimentation du ménage, qui modifie aussi les équilibres familiaux : la femme est désormais reconnue comme actrice économique à part entière. « La Voie lactée est mon espoir. À cause des attaques terroristes, nous avons trouvé refuge chez des parents de mon mari. Avec nos six enfants, nous étions à leur charge, ce qui me dérangeait car ils ont du mal à s’en sortir. À Foubé, notre élevage nous permettait d’assurer trois repas par jour et nos autres besoins. Nous avons fui juste pour sauver nos vies. Mon mari et moi ne connaissons que l’élevage. Quand on m’a parlé du projet pour personnes déplacées, je n’y croyais pas au début, surtout qu’il concernait les femmes. Il fallait le voir pour le croire ! » KADIGUÈTA DICKO, éleveuse, village de Lelexé Coopérer et transmettre pour avancer ensemble Nous accompagnons la création et la structuration d’une coopérative féminine qui mutualise la collecte et la vente du lait. À travers les élections de déléguées, la tenue d’assemblées générales et la gestion collective des décisions, les femmes découvrent une gouvernance démocratique. La coopérative joue aussi un rôle de filet de sécurité : face à la maladie, au deuil ou aux coups durs, les femmes peuvent compter sur un groupe solidaire. Enfin, dans ce contexte marqué par l’insécurité, VOLAFO mise aussi sur le facteur humain. Le dispositif de marrainage met en lien anciennes éleveuses, nouvelles arrivantes et femmes déplacées internes. Vingt-cinq marrainages ont déjà vu le jour. Au-delà du transfert de savoir-faire, ces relations offrent un soutien moral, une intégration sociale et favorisent le vivre-ensemble entre femmes peules et mossis, renforçant la cohésion et la paix sociale. À l’avenir, La coopérative souhaite diversifier ses produits laitiers et faire de VOLAFO un label régional de qualité, tout en poursuivant l’accompagnement des éleveuses. Cette dynamique prévoit l’installation de 50 nouveaux sites d’élevage, ainsi que la formation et l’équipement de 74 éleveuses pour améliorer la qualité du lait. Un partage de savoir-faire au Maroc avec la coopérative COROSA est prévu avant l’été. L’autonomisation des femmes n’a pas de frontières ! « Ce projet m’a redonné confiance. Je suis Djeneba, éleveuse et mère de sept garçons. Avant la Voie Lactée, je ne pensais pas pouvoir vivre de l’élevage laitier. Les formations, les chèvres reçues et le soutien de ma marraine m’ont appris à mieux soigner mes animaux et à produire du lait dans de bonnes conditions. Avec notre SCOOPS*, nous vendons ensemble à meilleur prix. Ces revenus financent l’école de mes enfants et soutiennent le foyer. Aujourd’hui, je suis ère de mon activité et de ma place dans le développement local. » DJENEBA KANDE, éleveuse, village de Barkoundouba *Société coopérative simplifiée Joseph KABORÉ Chargé de mission
Femmes d’Afrique de l’Ouest : garantes de la sécurité alimentaire et du développement

Piliers des familles, de l’agriculture et de la vie communautaire, les femmes rurales d’Afrique de l’Ouest portent à bout de bras une grande part du développement local. En soutenant leur émancipation, nos projets au Burkina Faso et au Togo contribuent à transformer durablement leur quotidien et les territoires. En Afrique de l’Ouest, les femmes assurent un rôle fondamental dans la production agricole, la sécurité alimentaire et la cohésion sociale. Pourtant, elles subissent des discriminations et leur potentiel reste largement sous-exploité. Des études démontrent que si les agricultrices bénéficiaient d’un accès équitable aux ressources productives, les rendements agricoles pourraient augmenter de 20 à 30%, permettant à plus de 100 millions de personnes de sortir de l’insécurité alimentaire. L’émancipation économique et sociale des femmes constitue donc un levier majeur pour un développement durable et inclusif. Des inégalités persistantes maintiennent les femmes dans la précarité. Au Burkina Faso, en milieu rural où vivent 9 habitants sur 10, les inégalités de genre sont très marquées. Près d’une femme sur deux est mariée avant ses 18 ans et 90% de la population considère que le maintien du foyer relève avant tout des femmes.vSeulement 2 filles sur 5 en âge d’être scolarisées dans le secondaire y sont réellement inscrites. Sur le plan économique, 85% des femmes actives occupent un emploi souvent non rémunéré ou informel, les normes sociales restreignant leurs droits à la propriété et aux services financiers. Ces fragilités sont amplifiées par un contexte sécuritaire instable. Les conflits et forcés exposent particulièrement les femmes aux violences physiques, sexuelles et économiques, tout en accentuant leur vulnérabilité sociale. Le constat est aussi préoccupant au Togo. Les femmes gèrent une large majorité des unités de production informelles. Pourtant, leur accès à l’éducation, au foncier, au crédit et aux déplacements instances de décision reste limité. Seules 20% possèdent des terres, ce qui freine leur capacité à développer des activités rentables. Dans la région des Savanes, au nord du pays, ces inégalités sont encore plus fortes. Mariages précoces, grossesses adolescentes, violences et effets du changement climatique fragilisent durablement les trajectoires de vie des femmes. Des solutions concrètes améliorent la condition des femmes. Face à ces enjeux, nous développons dans ces pays une approche intégrée en faveur de l’émancipation des femmes. Au Burkina Faso, la première phase du projet Voie Lactée a permis de renforcer les compétences des équipes locales, de sensibiliser les communautés aux inégalités de genre avec des séances de théâtre et des assemblées dans les villages. Nous avons initié des actions pilotes pour réduire les violences et la pénibilité du travail féminin, par exemple avec l’octroi de charrettes pour faciliter la collecte d’eau. Par souci d’adaptation, nous favorisons l’initiation à l’élevage caprin, plus accessible, moins coûteux et mieux maîtrisé par les femmes pour faciliter une acquisition durable de revenus réguliers. Au Togo, notre programme Or Gris des Savanes a pour ambition de placer les femmes au cœur du développement local. L’approche s’appuie notamment sur plusieurs dispositifs complémentaires : les Associations Villageoises d’Epargne et de Crédit (AVEC), l’accès au microcrédit avec une institution partenaire de microfinance et les élevages-écoles. Les élevages-écoles reposent sur l’apprentissage entre pairs. Les éleveurs moins expérimentés, dits associés et en majorité des femmes, se regroupent au sein des exploitations d’éleveurs plus expérimentés, dits noyaux. Ce cadre favorise une transmission directe des connaissances, basée sur la démonstration des bonnes pratiques. Les éleveurs noyaux partagent ainsi leur savoir-faire en matière d’alimentation, de soins, d’hygiène et de gestion de l’élevage. L’utilisation de kits imagés rend les messages techniques accessibles, y compris pour les personnes peu alphabétisées. Ainsi, les femmes renforcent leurs compétences, adoptent des pratiques plus performantes et augmentent ainsi la productivité et la durabilité de leurs activités. Dans les Associations Villageoises d’Epargne et de Crédit (AVEC), les femmes mettent en commun leur épargne et accèdent à des prêts internes à faible taux pour des dépenses personnelles. Au-delà de l’appui économique, ces groupes leur offrent un espace de parole, de solidarité et de prise de confiance pour échanger sur leurs difficultés, réussites et aspirations. Parallèlement, avec la COOPEC SIFA, nous facilitons l’accès des femmes à deux dispositifs innovants de microcrédit. Le crédit direct, destiné à des groupes solidaires de femmes sans épargne préalable, finance des activités économiques dans des zones très précaires. La tontine, combinant épargne collective et prêt à court terme, favorise l’inclusion financière progressive et l’ouverture de comptes d’épargne. Ces mécanismes permettent aux femmes de diversifier leurs activités et de sécuriser leurs revenus. Toutes ces actions ont des impacts visibles pour les femmes et leurs communautés. De nombreuses éleveuses burkinabè et togolaises sont aujourd’hui propriétaires de leur élevage et gèrent mieux leurs revenus. Les formations sur l’égalité de genre, l’élevage et la gestion financière renforcent durablement ces acquis, tandis que les forums communautaires continuent d’encourager un dialogue constructif entre femmes et hommes autour des enjeux d’équité. Kenza MENSAH Chargée des financements institutionnels » Être éleveuse dans les Savanes du Togo n’est pas simple : nous, les femmes, manquons souvent de moyens, de formation et de reconnaissance. Avant, je faisais face à de fortes pertes de pintades et mes revenus restaient très limités. Sans appui technique, il était difficile de développer mon activité. Grâce à l’accompagnement reçu, j’ai appris de meilleures pratiques d’élevage, à soigner mes animaux et à sécuriser ma production. Aujourd’hui, mes pintades sont un véritable soutien pour nourrir ma famille, payer les frais de santé et de scolarité, et même épargner. Cette évolution a renforcé ma confiance et ma place dans le village. Je suis ère de mon parcours et j’encourage les autres femmes à se lancer pour améliorer durablement leurs conditions de vie. » Monica LAMBONI, éleveuse de pintades – Togo Cliquez ici pour visionner le témoignage de Monica >>>