Valoriser la viande locale pour renforcer les filières animales au Togo

Au Togo comme au Bénin, l’élevage contribue aux revenus des familles et à l’alimentation des populations. Pourtant, les éleveuses et les éleveurs rencontrent encore des difficultés pour développer leur production et accéder aux marchés. De leur côté, les consommateurs ont parfois peu de choix pour acheter de la viande locale de qualité. C’est tout l’enjeu du projet Des Éleveurs aux Consommateurs, mis en œuvre par Élevages sans frontières et ses partenaires au Sud du Togo et du Bénin. Jusqu’en juin 2027, le projet accompagne les acteurs des filières animales pour renforcer les productions locales, améliorer les pratiques et développer les liens entre éleveurs, transformateurs et acheteurs. Car produire davantage ne suffit pas : il faut aussi pouvoir vendre, transformer et valoriser les animaux issus des élevages locaux. À Lomé, au Togo, BoBar Distribution est l’une des entreprises bénéficiaires du projet. À travers sa marque Viviviand, l’entreprise développe une offre de viandes et de produits transformés locaux. Ahomoto EGBESSA, responsable des opérations, nous présente cette activité et les ambitions de l’entreprise pour les filières animales togolaises. Viviviand, une marque pour valoriser la viande togolaise « La BoBar distribution est une centrale de distribution de produits alimentaires locaux togolais et notamment Viviviand. » Derrière cette marque, une ambition : faire connaître et développer une offre de viandes issues des productions locales. Viviviand, qui signifie « propre viande », met en avant des produits de bœuf, de petits ruminants et de volailles. L’entreprise dispose d’une unité de transformation de la viande à Lomé, où les produits sont préparés, transformés et conditionnés avant d’être proposés aux consommateurs. Dans le bâtiment, plusieurs espaces permettent d’assurer ces différentes étapes : vestiaire, salle de désinfection, salle de production, salle d’exposition et chambre froide positive. L’objectif est de proposer des produits de qualité, adaptés aux attentes des consommateurs togolais. De l’élevage local aux produits transformés La BoBar Distribution travaille notamment avec des éleveurs accompagnés précédemment par Élevages sans frontières. Aujourd’hui, les volailles et les petits ruminants issus de ces élevages représentent environ 40 % de son approvisionnement. « Aujourd’hui, les viandes que nous recevons sont issues des éleveurs accompagnés par Élevages sans frontières. » Ce lien entre les éleveurs et l’entreprise est au cœur de la logique du projet « Des Éleveurs aux Consommateurs » : permettre aux productions animales locales de trouver leur place dans les circuits de commercialisation. L’enjeu est désormais d’augmenter progressivement les volumes achetés auprès de ces éleveurs. Une manière de renforcer les débouchés pour les producteurs, tout en développant une offre locale pour les consommateurs. Des équipements pour développer la transformation En tant qu’entreprise bénéficiaire du projet, BoBar Distribution a récemment reçu plusieurs équipements destinés à renforcer ses capacités de transformation. Scie à os, cutter mélangeur, hachoir ou encore machine à mettre sous vide : ces outils permettent à l’entreprise de développer et de diversifier les produits proposés sous la marque Viviviand. La viande peut ainsi être transformée en saucisses, merguez, chipolatas ou pâté « Cela nous permet de transformer la viande en sous-produits comme les saucisses, les merguez, des chipolatas et aussi du pâté. » Ces équipements permettent ainsi à BoBar Distribution de mieux valoriser les viandes issues des élevages locaux et de proposer une offre plus diversifiée aux consommateurs. Les clients recherchent des viandes de qualité, moins grasses, ainsi que des produits préparés avec soin. L’entreprise travaille donc à proposer une offre qui réponde à ces attentes, notamment grâce à l’utilisation d’ingrédients locaux. Trouver sa place sur le marché Si la production et la transformation se développent, une autre étape reste essentielle : trouver les clients. Aujourd’hui, BoBar Distribution souhaite renforcer ses partenariats avec les restaurants, les hôtels et les entreprises spécialisées dans les grillades. « L’idée, c’est de commencer par prospecter les restaurants, les hôtels et les entreprises qui offrent des grillades pour davantage créer des partenariats avec ces entreprises-là. » L’entreprise travaille également à l’ouverture d’une boutique Viviviand, qui permettrait de présenter et de vendre directement les produits transformés. Un projet important pour faire connaître davantage la marque et développer les ventes. Mais s’insérer dans un marché déjà structuré demande du temps. « Notre difficulté majeure, c’est de pouvoir trouver les clients, surtout les hôtels et restaurants, puisque par avance ils avaient déjà leurs relations avec lesquelles ils travaillent. » Il s’agit donc de convaincre de nouveaux partenaires de découvrir les produits locaux et de leur montrer la qualité de la viande proposée. Des partenariats pour faire vivre l’économie locale Le développement de BoBar Distribution repose aussi sur sa capacité à travailler durablement avec les éleveurs. L’approvisionnement représente un autre défi, notamment lorsqu’il faut trouver un accord sur les prix. L’objectif est de construire progressivement des partenariats permettant à chacun de trouver son intérêt : les éleveurs, l’entreprise de transformation et les points de vente. « Nous finirons par nous entendre au travers d’un prix juste milieu qui permet aux éleveurs de gagner, mais de gagner également à la Viviviand et à la boucherie de la BoBar distribution. » Cette recherche d’équilibre est essentielle pour développer une filière locale durable. Car derrière chaque produit vendu, ce sont plusieurs acteurs qui doivent pouvoir vivre de leur activité : les éleveurs qui produisent les animaux, les entreprises qui les transforment et les distributeurs qui les commercialisent. Faire le choix des produits locaux Pour Ahomoto, développer les filières animales togolaises représente aussi un enjeu pour l’économie locale. « Cela permettra de développer cette économie locale s’ils acceptent de prendre nos produits locaux plutôt que de prendre des produits importés. » En renforçant les liens entre les éleveurs et les entreprises de transformation, le projet Des Éleveurs aux Consommateurs contribue à créer de nouvelles opportunités pour les productions animales locales. L’ambition est de permettre aux éleveurs de mieux valoriser leur activité, aux entreprises de développer leur offre et aux consommateurs d’accéder à des produits locaux de qualité. En tant que bénéficiaire du projet, BoBar Distribution dispose désormais de nouveaux moyens pour développer son activité de transformation et mieux valoriser les productions animales locales. Développer

3 questions à Joseph Kaboré, Chargé de développement économique en Afrique de l’Ouest

Rencontre avec les éleveurs et les partenaires, évaluation des résultats, suivi des activités, recherche de solutions… Les visites de terrain effectuées régulièrement par Joseph Kaboré, chargé de développement économique chez Elevages sans frontières, sont essentielles pour suivre l’avancée des projets au plus près des réalités vécues par les éleveuses et les éleveurs. À quoi servent concrètement les visites de terrain ? « J’aime ces moments sur le terrain. Ils permettent de sortir des rapports pour aller voir la réalité en face : observer les activités, écouter les ressentis des éleveuses et des éleveurs, comprendre les difficultés qu’ils rencontrent et chercher ensemble des solutions. » Pouvez-vous nous raconter l’histoire d’une éleveuse ou d’un éleveur qui vous a particulièrement marqué ? « Je me souviens très bien de Babotine lors de la phase précédente du projet Or Gris des savanes dans le village de Toumonlogue, situé près de Barkoissi au Togo. À l’époque, elle faisait ses tout premiers pas dans l’élevage. Elle n’avait reçu que 10 pintades reproductrices de la part du projet pour son apprentissage en élevage. Lors de ma première visite, son installation restait très précaire : ses volailles étaient abritées dans un poulailler traditionnel en terre. Babotine bricolait elle-même ses mangeoires et abreuvoirs en découpant d’anciens bidons en plastique. Elle y mettait tout son cœur mais les conditions étaient difficiles et le risque de perdre des oiseaux restait élevé. Grâce à la nouvelle phase du projet, Babotine vient de recevoir un tout nouveau bâtiment d’élevage moderne, propre et sécurisé. J’ai pu le constater lors de ma seconde visite. Elle attend maintenant de recevoir des équipements, des pintades et des intrants (aliments et produits vétérinaires) pour développer son activité d’élevage. » Qu’est-ce qui vous montre, sur le terrain, que ces projets font concrètement la différence ? « Ce qui me marque, c’est de voir concrètement les progrès réalisés par les éleveuses et les éleveurs. On part parfois de situations très fragiles. L’accompagnement permet de franchir progressivement différentes étapes. C’est cette progression que j’aime observer lors de mes visites. On voit les personnes gagner en confiance, développer leurs compétences et commencer à envisager leur activité comme une véritable source de revenus. Et puis, il y a les paroles des bénéficiaires. Avant mon départ, Babotine tenait d’ailleurs à transmettre un message aux personnes qui soutiennent le projet : « S’il vous plaît, dites un grand merci aux personnes qui font ces dons. Grâce à eux, ce projet a vu le jour et notre vie est en train de changer. » 👉 Pour soutenir le projet Or Gris des Savanes : c’est par ici Lire d’autres articles sur le Togo : Le Togo : un pays rural face aux défis alimentaires Or Gris des Savanes : le projet en chiffres et en actions

Or Gris des Savanes : le projet en chiffres et en actions

Un projet ancré dans la région des Savanes Depuis 2017, Élevages sans frontières accompagne les familles rurales de la région des Savanes, au nord du Togo, à travers le projet Or Gris des Savanes. La troisième phase du projet se déroule de juillet 2025 à juin 2028, dans 20 villages des préfectures de Tône, Oti et Tandjouaré. Elle concerne 875 bénéficiaires directs et représente un budget de 854000 €. Les activités de transformation et de commercialisation sont également développées dans plusieurs villes : Dapaong, Cinkassé, Kara, Sokodé et Lomé. Développer l’élevage de pintades et les revenus L’élevage de pintades est une activité importante dans la région des Savanes. Le projet Or Gris des Savanes accompagne les éleveuses et éleveurs pour développer leurs activités et mieux valoriser leur production. Le projet agit concrètement sur plusieurs aspects : Améliorer les élevages : équipements, abris, couveuses et accompagnement technique Renforcer les compétences des éleveurs et éleveuses Accompagner les jeunes dans leur formation et leur installation en élevage Favoriser l’autonomie économique des femmes notamment en facilitant leur accès aux ressources et aux activités génératrices de revenus Développer la transformation et la commercialisation des produits issus de l’élevage Encourager des pratiques plus respectueuses de l’environnement et de la santé des personnes et des animaux Mais concrètement, qu’est-ce que l’élevage permet aux familles accompagnées ? Plusieurs bénéficiaires du projet témoignent de leur activité, de ce qu’elle leur apporte et de leurs perspectives pour l’avenir. https://www.youtube.com/watch?v=TTyBnoH6rnk&t=6s Des résultats déjà obtenus La deuxième phase du projet, menée de 2022 à 2024, a notamment permis de : Former 258 éleveuses et éleveuses Accompagner l’installation de 78 jeunes dans l’élevage Installer une unité de fabrication d’aliments pour animaux, parmi les rares de la région Permettre à des femmes de devenir propriétaires de leurs animaux et de tirer des revenus de leur élevage Selon une évaluation du projet, 96 % des personnes interrogées ont déclaré avoir vu leurs revenus issus des produits locaux augmenter et 98 % ont estimé que le projet avait eu un impact positif sur le développement économique local. Les objectifs de la phase 3 D’ici 2028, le projet prévoit notamment : 578 éleveuses et éleveurs accompagnés, dont 55 % de femmes 115 jeunes formés et accompagnés dans leur installation 220 femmes sensibilisées aux questions d’égalité 130 femmes déplacées accompagnées dans des jardins communautaires 20 écoles pratiques d’agriculture et 2 jardins communautaires mis en place. À terme, le projet vise notamment à ce que 75 % des éleveurs accompagnés tirent plus de 52 500 FCFA par mois (environ 80 €) de leur activité d’élevage. Avec le projet Or Gris des Savanes, Élevages sans frontières poursuit ainsi un objectif : renforcer durablement les activités d’élevage et les revenus des familles rurales, en s’appuyant sur les ressources et les savoir-faire locaux Joseph Kaboré Responsable projet 👉 Pour soutenir le projet Or Gris des Savanes : c’est par ici Lire d’autres articles sur le Togo : Le Togo : un pays rural face aux défis alimentaires 3 questions à Joseph Kaboré, Chargé de développement économique en Afrique de l’Ouest

Le Togo : un pays rural face aux défis alimentaires

Un pays rural marqué par la pauvreté Le Togo, petit pays d’Afrique de l’Ouest de près de 9 millions d’habitants, est l’un des plus vulnérables de la région. Il se classe 162e sur 191 pays selon l’Indice de Développement Humain et près de 47 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, avec une précarité encore plus marquée en zone rurale. Cette fragilité se traduit notamment par la malnutrition : près d’un enfant sur quatre souffre d’un retard de croissance. Agriculture et élevage au cœur de l’économie 57 % des habitants vivent à la campagne et 80 % dépendent directement de l’agriculture et de l’élevage. Pourtant, ces familles qui produisent l’essentiel de la nourriture manquent elles-mêmes d’alimentation suffisante et équilibrée. Selon la FAO*, plus de 20 % des enfants de moins de 5 ans souffrent de retard de croissance lié à la malnutrition chronique. En matière de viande, le pays doit importer près de 45 % de sa consommation, souvent sous forme de produits congelés et de mauvaise qualité. Cette concurrence fragilise les petits producteurs locaux qui peinent à vendre leurs animaux à un prix rémunérateur. À cela s’ajoutent des obstacles structurels : manque d’infrastructures d’abattage, services vétérinaires insuffisants, difficultés d’accès aux financements, et manque de perspectives économiques pour les jeunes dans le secteur. Dans le nord du pays, des défis encore plus marqués Ces difficultés sont particulièrement présentes dans la région des Savanes, au nord du Togo. La région est la plus pauvre du pays et particulièrement fragilisée par les chocs climatiques et la dégradation des sols : plus de la moitié de sa population vit sous le seuil de pauvreté. La région est également la deuxième productrice de volailles du pays. L’élevage y représente donc une activité importante pour les populations rurales, mais les filières peinent encore à se développer et à se structurer, notamment en raison du manque d’appui technique et financier et de l’accès limité aux moyens de production. Parmi ces élevages, la pintade occupe une place particulière. Traditionnellement pratiqué dans la région, cet élevage peut constituer une activité économique pour les familles rurales. Pourquoi il est urgent d’agir ? Parce que près d’1 enfant togolais sur 4 souffre déjà de malnutrition chronique. Parce que la dépendance aux importations expose la population aux pénuries et aux hausses de prix en période de crise. Parce que les jeunes se détournent de l’élevage, faute de perspectives, menaçant la relève des paysans et la vitalité des campagnes. Parce que sans infrastructures, financements et accompagnement technique, les éleveurs ne peuvent pas vivre dignement de leur travail, alors même qu’ils sont au cœur de la sécurité alimentaire. Dans les Savanes, soutenir l’élevage local constitue ainsi un levier à la fois pour améliorer l’alimentation des familles, créer des revenus et renforcer l’économie rurale. C’est dans ce contexte qu’Élevages sans frontières agit, avec des partenaires locaux, pour accompagner le développement de la filière pintade dans les Savanes à travers le projet Or Gris des Savanes. *FAO : Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture Joseph Kaboré Responsable projet 👉 Pour en savoir plus sur le projet Or Gris des Savanes : c’est par ici Lire d’autres articles sur le Togo : Or Gris des Savanes : le projet en chiffres et en actions 3 questions à Joseph Kaboré, Chargé de développement économique en Afrique de l’Ouest

Ignace, un éleveur béninois engagé pour sa communauté

Au Bénin comme au Togo, l’élevage permet à de nombreuses familles rurales de générer des revenus et de répondre aux besoins du quotidien. Mais pour développer son activité, un éleveur doit pouvoir accéder à des équipements, à des services de santé animale et à des conseils adaptés. C’est l’un des objectifs du projet Des Éleveurs aux Consommateurs, mis en œuvre par Élevages sans frontières et ses partenaires au Sud du Bénin et du Togo. Le projet accompagne les éleveuses et éleveurs pour renforcer leurs capacités de production, améliorer la santé animale et développer des activités plus durables. À Veha, dans la commune de Lokossa au Bénin, Ignace ATCHODJIHOUNDE est éleveur talent. À 37 ans, il élève des volailles, des lapins et des chèvres, avec sa femme. Il est également agent communautaire de santé animale et met son expérience au service des autres éleveurs de son village. Un élevage construit au fil des années Ignace a commencé l’élevage il y a cinq ans, avec quelques volailles. Aujourd’hui, il possède notamment 37 lapins, 17 poules, 2 coqs et 7 chèvres. Au quotidien, lui et sa femme participent aux soins et à l’entretien de la ferme. Son parcours n’a pourtant pas été sans difficultés. Il a notamment connu des épisodes de mortalité liés à la peste, avec quatre volailles perdues. Au fil des années, il a amélioré ses installations. Dans le cadre d’un précédent projet, il avait reçu des mangeoires et des abreuvoirs. Plus récemment, il a bénéficié d’un bâtiment d’élevage dans le cadre du projet Des Éleveurs aux Consommateurs. Pour Ignace, être éleveur talent signifie aussi encourager d’autres personnes à développer leur activité. « J’essaie de sensibiliser les gens autour de moi pour qu’ils évoluent dans l’élevage et pour leur faire savoir qu’ils peuvent bénéficier du projet. » Veiller sur ses animaux et ceux des autres Ignace est également Agent Communautaire de Santé Animale (ACSA). Il rend visite aux éleveurs, observe leurs animaux, donne des conseils et organise des réunions de sensibilisation sur la santé animale. Il dispose également de médicaments et de traitements pour apporter les premiers soins lorsque cela est nécessaire. Dans son propre élevage, il applique ces bonnes pratiques au quotidien. Chaque matin, il vérifie l’état de ses animaux, leur donne de l’eau et de la nourriture et s’assure qu’aucun animal n’est malade ou manquant. Il cherche également à rendre son élevage plus autonome. Il utilise notamment des feuilles de moringa pour nourrir ses volailles, récupère les fientes pour fertiliser ses champs et s’est équipé d’un récupérateur d’eau et d’un moulin pour fabriquer une partie de l’alimentation de ses animaux. L’élevage, une source de revenus pour sa famille Aujourd’hui, 50 % de ses revenus proviennent de l’élevage, en complément de son commerce, de son activité d’électricien et du maraîchage. Ces revenus lui ont notamment permis de scolariser ses enfants, d’agrandir son élevage et d’améliorer les conditions de vie de sa famille. Il a ainsi pu remplacer son ancienne habitation en terre par une maison en dur et investir dans de nouveaux équipements. « L’élevage nous a apporté beaucoup de choses. C’est pour cela que je continue depuis autant d’années. » Ignace fait également partie de la coopérative Benodou, qui permet aux éleveurs de s’entraider. Chaque membre contribue à une caisse commune qui peut être utilisée en cas de difficulté, notamment pour les soins des animaux. La coopérative permet aussi d’organiser des ventes groupées pour répondre aux commandes importantes. Transmettre pour faire avancer les autres Le parcours d’Ignace a changé le regard porté sur son activité. Aujourd’hui, d’autres éleveurs viennent lui demander conseil. Il les accompagne, les forme et peut même leur donner des poussins pour les aider à démarrer leur élevage. « Je les aide, je leur donne des poussins pour les lancer dans leur activité, je les forme. » Pour Ignace, cette transmission fait désormais partie de son rôle. Son ambition est de continuer à progresser : agrandir son élevage, avoir davantage d’animaux et construire des bâtiments plus grands. Son parcours illustre l’une des dynamiques recherchées par le projet Des Éleveurs aux Consommateurs : permettre aux éleveurs de développer leur propre activité tout en renforçant, à leur tour, les compétences et les services disponibles dans leur communauté. Un éleveur qui avance et qui fait avancer les autres. Daouda Sanou Coordinateur du projet 👉 Pour en savoir plus sur le projet Des éleveurs aux consommateurs : c’est par ici

Aimée, éleveuse talent au service de sa communauté

Au Bénin comme au Togo, l’élevage joue un rôle important dans les économies rurales. Il permet aux familles de se nourrir, de disposer d’une source de revenus et de faire face aux dépenses du quotidien. Pourtant, les éleveuses et les éleveurs rencontrent encore de nombreuses difficultés pour développer leur activité, accéder aux services techniques et sanitaires ou commercialiser leur production. C’est dans ce contexte qu’Élevages sans frontières et ses partenaires mettent en œuvre le projet Des Éleveurs aux Consommateurs, au Sud du Bénin et du Togo. Jusqu’en juin 2027, le projet accompagne 890 agroéleveuses et agroéleveurs afin de renforcer les productions animales locales et de contribuer à des filières plus durables et inclusives. Formations, accompagnement technique, amélioration des équipements, accès aux services vétérinaires ou encore développement de nouveaux services : l’objectif est de permettre aux éleveurs de mieux maîtriser leur activité et de répondre davantage aux besoins des marchés locaux. À Veha, dans la commune de Lokossa au Bénin, Aimée KAKPO est l’une des bénéficiaires du projet. À 41 ans, elle élève aujourd’hui une centaine de volailles. Et depuis qu’elle a reçu une couveuse dans le cadre du projet, son activité prend une nouvelle dimension : son élevage se développe, mais elle peut aussi rendre service à d’autres éleveurs de son village. De quelques volailles en divagation à un élevage mieux structuré Aimée a commencé son activité avec quelques poules. À l’époque, ses volailles étaient en divagation et les pertes étaient nombreuses. « Quand j’ai commencé l’élevage, mes poules étaient en divagation et il y avait beaucoup de pertes. » En rejoignant le projet, elle a progressivement amélioré ses pratiques. Elle a bénéficié de formations pour apprendre à mieux prendre soin de ses animaux, à les entretenir et à fabriquer leur alimentation. Elle a également reçu du matériel pour améliorer ses conditions d’élevage : un bâtiment, des abreuvoirs et des mangeoires. Aujourd’hui, l’élevage rythme son quotidien. Chaque jour, Aimée vérifie l’état de ses volailles, les nourrit, soigne les animaux qui en ont besoin et entretient les abreuvoirs. Lorsqu’un animal tombe malade, elle fait également appel au vétérinaire. « Quand mes animaux ne vont pas bien, j’appelle le vétérinaire pour les soins. Ce suivi est très important. » Ces nouvelles pratiques lui permettent de mieux suivre son élevage et de limiter les pertes. Une couveuse qui profite à tout le village Pour Aimée, une nouvelle étape a été franchie lorsqu’elle est devenue « éleveuse talent ». Elle a alors reçu une couveuse. Avant cela, les volailles couvaient naturellement leurs œufs. Une méthode qui limite le nombre de poussins pouvant naître et rend la reproduction moins régulière. Avec la couveuse, Aimée peut désormais mettre davantage d’œufs à incuber et obtenir les poussins au bout de 21 jours, de façon plus régulière. Mais l’équipement ne profite pas uniquement à son propre élevage. Une dizaine d’autres éleveurs du village, également accompagnés par le projet, viennent aujourd’hui utiliser la couveuse. L’équipement devient ainsi un véritable service au bénéfice de la communauté. « Je suis fière de pouvoir offrir ce service aux autres éleveurs. » Formée à son utilisation, Aimée peut également partager son expérience et ses connaissances avec les autres éleveurs. Être la première à bénéficier de cet équipement dans sa communauté représente pour elle une grande satisfaction. Développer son élevage pour faire vivre sa famille Pour Aimée, l’élevage représente bien plus qu’une activité professionnelle. Mariée et mère de sept enfants, elle s’appuie sur les revenus de son activité pour répondre aux besoins de sa famille. « Quand je vends un animal, cela sert directement aux besoins de la famille. Je peux scolariser mes enfants. » Elle souhaite maintenant aller plus loin. Son objectif est notamment de disposer de davantage d’espace pour développer son activité autour de la couveuse et mieux élever les poussins. Elle souhaite également trouver davantage de clients. Car si la demande existe déjà, elle reste encore limitée. « En trouver plus permettrait d’augmenter mes revenus. » À plus long terme, Aimée aimerait aussi acheter des parcelles pour agrandir son activité. Une éleveuse qui transmet à son tour Au-delà de son propre élevage, Aimée mesure aussi ce que son parcours a changé dans sa communauté. Des personnes viennent désormais lui demander conseil et lui posent des questions sur son activité et sur la manière dont elle est parvenue à la développer. Elle partage volontiers son expérience et il lui arrive même de donner des animaux à d’autres éleveurs pour les aider. Elle parle également du projet autour d’elle et encourage d’autres personnes à s’intéresser à l’élevage. En développant son activité, Aimée contribue ainsi elle aussi à renforcer les capacités des éleveurs de son village. Son ambition est désormais de continuer à faire grandir son élevage, de trouver de nouveaux clients et de construire, progressivement, une activité qui lui permette de répondre aux besoins de sa famille et de préparer l’avenir. « Je suis fière d’être éleveuse. » Daouda Sanou Coordinateur du projet 👉 Pour en savoir plus sur le projet Des éleveurs aux consommateurs : c’est par ici

OR GRIS DES SAVANES : un tremplin pour l’émancipation et l’insertion socio-professionnelle des jeunes

Dans la région des Savanes, au nord du Togo, l’émancipation des jeunes se heurte à la précarité économique et à l’instabilité sécuritaire. Le manque de capital et l’absence de garanties foncières bloquent l’accès au crédit, rendant l’auto-emploi quasi impossible sans soutien extérieur. Ce frein financier est accentué par un fossé entre les formations théoriques et les réalités de gestion d’une exploitation rentable. Parallèlement, la dégradation climatique fragilise les activités agro-pastorales traditionnelles tandis que la menace terroriste au nord du Togo crée un climat d’insécurité. Sans perspectives concrètes, les jeunes, qu’ils soient diplômés ou vulnérables, deviennent des cibles pour l’enrôlement extrémiste. La structuration de filières locales comme celle de la pintade apparaît comme un levier vital pour lever ces obstacles. Des formations techniques basées sur la pratique Le projet Or Gris des Savanes place la professionnalisation et l’insertion des jeunes au cœur de sa stratégie. Au delà de l’aide matérielle, nous proposons un véritable parcours entrepreneurial pour que les jeunes deviennent des acteurs de la filière pintade et plus largement de leur territoire. Pour réussir ce pari, le projet déploie une ingénierie de formation multidimensionnelle. En s’appuyant sur la complémentarité entre les Maisons Familiales de Formation Rurale (MFFR) favorisant l’ancrage communautaire et l’IFAD-Élevage de Barkoissi, pôle d’excellence technique, l’initiative offre un parcours d’apprentissage complet. Au sein du centre de formation IFAD, un atelier démonstratif a été mis en place : une unité d’élevage de pintadeaux a été améliorée avec un biodigesteur qui produit de la chaleur à partir des déjections animales, répondant ainsi à l’enjeu de diminution de la mortalité des pintadeaux et des coûts énergétiques. Un parcours arboré nouvellement installé concilie bien-être animal et préservation de la biodiversité.  Ces dispositifs d’apprentissage permettent aux jeunes de réaliser des stages pratiques sur la conduite de l’élevage sous le regard du maître de ferme. Ce tutorat contribue à la maîtrise des techniques par les apprenants avant le lancement de leur projet d’élevage et la réplication des techniques apprises en centre de formation. Formation sur l’entrepeneuriat à l’IFAD (Barkoissi, Togo) « À l’IFAD Élevage de Barkoissi, nous formons des jeunes entrepreneurs capables de créer et gérer leur propre activité dans le domaine de l’élevage. Dès leur entrée en formation, chaque apprenant développe un projet professionnel concret, accompagné pendant trois ans. Grâce au projet Or Gris des Savanes, 50 de nos diplômés bénéficient aujourd’hui d’un appui à l’insertion dans l’élevage de pintades. Ce partenariat montre qu’en associant formation, accompagnement et entrepreneuriat, nous pouvons offrir de réelles perspectives d’avenir à la jeunesse rurale. » Napo KPANDJA, Directeur de l’IFAD (Barkoissi, Togo) Un appui à la vision et à la mise en œuvre du projet d’élevage La formation à l’auto-entreprenariat comprend un appui à la structuration de projet. L’adoption de l’approche GERME AGROPASTORAL du Bureau International du Travail (BIT) constitue une innovation majeure. Elle permet aux apprenants de ne plus voir l’élevage comme une simple activité de subsistance mais comme une activité entrepreneuriale nécessitant planification, calcul de rentabilité et marketing. En complément, des modules d’éducation financière sont dispensés par la COOPEC-SIFA pour sécuriser la gestion des futurs crédits, rationaliser l’usage des subventions et surtout ancrer une culture de l’épargne, gage de pérennité pour les microentreprises rurales. Chaque jeune est accompagné dans l’élaboration d’un plan d’affaires personnalisé, véritable feuille de route qui définit la stratégie de rentabilité de l’exploitation, avec une analyse de la faisabilité technique, une planification des besoins en matériel et produits d’élevage et une prévision des revenus. Les jeunes se projettent ainsi davantage dans une activité économique viable et gérée avec professionnalisme. Pour concrétiser l’installation des jeunes, le projet lève l’obstacle majeur de l’accès au capital. Grâce à son partenariat avec la COOPEC-SIFA, il offre des crédits adaptés aux cycles de l’élevage et un accompagnement à la gestion des crédits pour éviter le surendettement. Les jeunes bénéficient de conditions de financement facilitées qui les dispensent des garanties lourdes exigées par les systèmes bancaires classiques. Non seulement ce dispositif assure le financement du premier cycle de production en pintades mais il favorise également l’autonomie financière et la pérennité de ces jeunes micro-entreprises d’élevage. « L’aviculture représente pour moi bien plus qu’un métier : c’est une véritable vocation. Malgré mon diplôme de l’IFAD Élevage, le manque de compétences en gestion et de ressources financières freinait mon installation, jusqu’à ma sélection au projet Or Gris des Savanes. La formation GERME AGROPASTORAL m’a permis d’adopter une gestion plus professionnelle et d’avoir aujourd’hui une vision claire de mon projet. Grâce à cet accompagnement, mon rêve de devenir entrepreneuse dans l’élevage de pintades devient peu à peu réalité. » Stéphanie LAMBONI 26 ans Graine d’éleveuse diplômée de l’IFAD Joseph Kaboré Responsable projet Je soutiens les jeunes 👉 Lire aussi : LES JEUNES : acteurs incontournables pour l’avenir des territoires 👉 Pour en savoir plus sur le projet Or Gris des Savanes : c’est par ici

LES JEUNES : acteurs incontournables pour l’avenir des territoires

En 2026, l’Afrique subsaharienne compte 550 millions d’habitants de moins de 18 ans, soit 43% de la population. En 2030, ils seront 100 millions de plus. Le continent conservera sa jeunesse démographique pendant des décennies et devra relever des défis importants pour en garantir l’éducation, la formation et l’employabilité. L’enjeu est de taille car les jeunes jouent un rôle crucial dans le développement des territoires ainsi que dans la garantie de la paix et de la gouvernance démocratique sur le continent. En les accompagnant dans leurs trajectoires de vie à travers les opportunités offertes par les filières d’élevage, nos projets soutiennent leur autonomisation et leur insertion sociale et économique. Des environnements difficiles pour les jeunes Plus d’un tiers des jeunes africains de 18-35 ans placent le chômage et l’éducation en tête des problèmes les plus urgents auxquels leur pays sont confrontés. L’emploi représente l’une de leurs trois priorités principales : 54 % expriment une préférence pour l’entrepreneuriat, laissant loin derrière la fonction publique (22%), le secteur privé (11%) et les organisations non gouvernementales (6%).  Un diagnostic mené par Élevages sans frontières au Togo a permis de mettre en évidence les freins spécifiques auxquels sont confrontés les jeunes en milieu rural. Les pressions familiales et communautaires, les stéréotypes de genre, la difficulté d’accès à la pratique, aux personnes ressources, aux informations et aux moyens de production ainsi que le manque de confiance en soi et de capacité de projection sont ressortis comme les difficultés principales vécues par les jeunes. Ces freins sont d’autant plus forts pour les jeunes filles qui doivent dépasser des situations liées au patriarcat et aux dominations masculines. Les filières d’élevage : des opportunités pour les jeunes Firmin, 22 ans, éleveur de lapins (Allada, Bénin) Nous accordons une place de plus en plus importante aux jeunes dans nos programmes afin qu’ils et elles puissent devenir des acteurs à part entière. Pour mieux répondre à leurs besoins en formation et en insertion professionnelle, des partenariats avec des acteurs spécialisés dans l’accompagnement des jeunes ont été noués avec plusieurs objectifs : Améliorer les apprentissages Au Burkina Faso, des ateliers pédagogiques sont développés dans l’enceinte du lycée agricole de Goundrin, avec l’amélioration d’une unité d’élevage bovin pour que les jeunes puissent apprendre davantage par la pratique. Au Nord du Togo, dans le cadre du projet Or Gris des Savanes, des sites d’élevage améliorés de pintades ont été mis en place avec les Maisons Familiales de Formation Rurale (MFFR) et l’IFAD (International Fund for Agricultural Development). Des parcours de formation technique et entrepreneuriale en élevage ont aussi été développés avec les centres de formation, sur l’élevage de pintades au nord du Togo ou sur celui de petits ruminants au sud du Togo. Elèves du Lycée LPTP3AE(Loumbila, Burkina Faso) Elèves du Lycée LPTP3AE (Loumbila, Burkina Faso) Diagnostic réalisé par les jeunes de la MFFR (Lamboni, Togo) Faciliter le lancement de l’activité professionnelle Au Togo, la structure de finance décentralisée COOPEC-SIFA facilite l’accès au crédit des jeunes sortant de formation et prêts à l’installation. À cet effet, ils ont été accompagnés dans le montage et la mise en œuvre de leur plan d’affaires pour leur projet d’élevage de pintades. Le même accompagnement sera réalisé au Sud du Bénin et du Togo, avec le projet Des Eleveurs aux Consommateurs, pour permettre à des jeunes de lancer leur activité d’éleveur, de collecteur, de transformateur ou de commerçant au sein des filières animales appuyées. Stimuler les compétences humaines des jeunes La maitrise de la technique et l’accès aux moyens de production ne font pas tout : les jeunes ont besoin d’acquérir des compétences transversales pour créer les meilleures conditions pour la réalisation de leurs projets.  Au Bénin, l’implication des centres sociaux permet, via des consultations avec des spécialistes, un accompagnement psycho médico-social spécifique pour des jeunes en situation de marginalisation. Ce suivi leur permet de dépasser certaines situations personnelles (problèmes de santé notamment), familiales ou communautaires qui handicapent leur formation et leur insertion socio-professionnelle. Sylvain Gomez Responsable projet Je soutiens les jeunes 👉 Lire aussi : Or Gris des Savanes : un tremplin pour l’émancipation et l’insertion socio-professionnelle des jeunes

En Zambie, les éleveurs s’organisent pour améliorer l’accès à l’eau

L’accès à l’eau, un enjeu clé pour les communautés d’éleveurs Ce programme s’inscrit dans la continuité du projet Des lions et des vaches, mené conjointement par Melindika et Élevages sans frontières, à travers l’accompagnement des comités de gestion des pâturages. Au fil des échanges et du travail mené ces dernières années, un constat s’est imposé : la question de l’eau reste un défi majeur pour les éleveurs. En particulier à la fin de la saison sèche, le manque de points d’eau disponibles complique fortement la gestion des troupeaux. Cette situation peut conduire les éleveurs à se déplacer vers des zones plus éloignées, parfois plus exposées aux risques de prédation ou de transmission de maladies. Face à ces enjeux, il était nécessaire d’aller plus loin, en accompagnant les communautés sur des solutions concrètes liées à l’accès à l’eau. Des comités au cœur de la construction des projets L’approche choisie se veut simple, inclusive et entend fédérer la population locale autour des « comités de gestion des pâturages ». Ces derniers, à travers des consultations villageoises, identifient les besoins d’infrastructures hydrauliques collectives pour faciliter un meilleur accès à l’eau pour l’élevage. Ils sont ainsi accompagnés à chaque étape, de l’identification des besoins jusqu’à la structuration complète du projet. Cela commence par des échanges avec les éleveurs du village pour définir collectivement les priorités et choisir les solutions les plus adaptées. Les comités prennent ensuite en charge la construction du dossier : estimation des coûts, rencontres avec des prestataires, compréhension des aspects techniques… L’objectif est qu’ils soient en mesure de porter eux-mêmes leurs projets, de manière autonome et informée. Un travail spécifique est également mené sur la recherche de financements, notamment à travers des dispositifs de bourses proposés par les institutions publiques. Les comités sont accompagnés dans la constitution et le dépôt de ces dossiers. Des projets concrets, construits collectivement En 2025, plusieurs villages ont déjà été accompagnés dans cette démarche. À New Ngoma, le projet porte sur la création d’un bassin de rétention d’eau. Des études de terrain ont été réalisées avec un technicien, incluant l’identification précise du site et des analyses de sol. La construction est prévue pour 2026. À Ibula, le comité travaille sur un projet de puits équipé d’une pompe à énergie solaire. Une demande de financement a été déposée auprès du gouvernement et est actuellement en cours d’instruction. Chaque projet repose sur un modèle de financement partagé. Les communautés contribuent directement, que ce soit par la main-d’œuvre, des matériaux ou une participation financière. Cette implication est essentielle pour garantir l’appropriation et l’entretien des infrastructures sur le long terme. Les financements sont ensuite complétés par des bourses externes (publiques ou issues d’autres organisations), ainsi que par un appui de Melindika pour accompagner et sécuriser la mise en œuvre. Cette approche demande du temps et un engagement important des communautés. Elle marque aussi un changement dans la manière de concevoir les projets : ici, les éleveurs ne sont pas seulement bénéficiaires, mais pleinement acteurs des solutions mises en place. Thibault Queguiner Responsable projet 👉 Pour en savoir plus sur le projet Des Lions et des Vaches : c’est par ici 👉 Découvrir aussi : « En Zambie, les femmes renforcent leur rôle dans l’élevage caprin » : lire l’article 

En Zambie, les femmes renforcent leur rôle dans l’élevage caprin

Renforcer le rôle des femmes dans l’élevage caprin Un programme d’accompagnement des femmes vers plus d’autonomie et une meilleure protection des troupeaux caprins a été lancé en 2025. Il s’inscrit dans la dynamique du projet Des lions et des vaches, mené conjointement par Élevages sans frontières et son partenaire Melindika. Ce travail fait suite à une étude menée en 2024 sur les conflits entre les prédateurs, notamment les hyènes et les troupeaux de chèvres. Elle a mis en évidence deux éléments clés : des pertes régulières liées aux attaques et un rôle central des femmes dans la gestion de ces animaux. Dans les villages, les chèvres représentent en effet une ressource essentielle pour le quotidien. Elles permettent de faire face aux dépenses courantes comme l’alimentation ou l’achat de petits équipements, contrairement aux bovins souvent réservés à des besoins exceptionnels. Leur gestion repose donc très largement sur les femmes, même si celles-ci ne se définissent pas toujours comme éleveuses. Une formation volontaire au plus près des besoins Pour répondre à ces enjeux, une formation volontaire a été mise en place dans les villages. Les participantes s’inscrivent librement. Le programme se déroule sur quatre demi-journées : les bases de la gestion d’un troupeau la santé animale (prévention, identification et traitement) la protection face aux prédateurs et la construction d’enclos renforcés, avec une sensibilisation à l’importance de la faune sauvage une introduction à la gestion économique de l’élevage, envisagé comme un petit business Cette formation reste volontairement accessible, avec l’objectif de renforcer des pratiques déjà existantes et de mieux comprendre les logiques d’investissement liées à l’élevage. Elle est menée avec l’appui d’un technicien du gouvernement, habitué à intervenir dans ce type de programme auprès des communautés rurales. Une forte mobilisation dans plusieurs villages Le programme a rencontré une forte mobilisation dès sa première année. À Basanga, 26 femmes ont participé à la formation, alors que 15 places étaient initialement prévues. Le groupe s’est structuré autour d’une dynamique collective, avec une participation souvent accompagnée des enfants. L’initiative a également été déployée à Kaminza et New Ngoma, en lien avec le Bee Club – un groupe de femmes déjà engagé dans l’apiculture et qui a souhaité développer une activité autour des chèvres. Cela a permis d’étendre le programme à deux villages supplémentaires. Suite à la formation, un travail a été engagé avec les participantes pour concevoir des enclos adaptés à leurs besoins. Le principe repose sur une mise en œuvre conjointe : les femmes construisent les structures à partir de matériaux locaux, tandis que le projet fournit les éléments complémentaires (grillage, clous) nécessaires au renforcement. La formation se poursuivra dans d’autres villages au cours de l’année, dans la continuité de cette première phase. Thibault Queguiner Responsable projet 👉 Pour en savoir plus sur le projet Des Lions et des Vaches : c’est par ici 👉 Découvrir aussi : « En Zambie, les éleveurs s’organisent pour améliorer l’accès à l’eau » : lire l’article