En Zambie, les éleveurs s’organisent pour améliorer l’accès à l’eau

L’accès à l’eau, un enjeu clé pour les communautés d’éleveurs Ce programme s’inscrit dans la continuité du projet Des lions et des vaches, mené conjointement par Melindika et Élevages sans frontières, à travers l’accompagnement des comités de gestion des pâturages. Au fil des échanges et du travail mené ces dernières années, un constat s’est imposé : la question de l’eau reste un défi majeur pour les éleveurs. En particulier à la fin de la saison sèche, le manque de points d’eau disponibles complique fortement la gestion des troupeaux. Cette situation peut conduire les éleveurs à se déplacer vers des zones plus éloignées, parfois plus exposées aux risques de prédation ou de transmission de maladies. Face à ces enjeux, il était nécessaire d’aller plus loin, en accompagnant les communautés sur des solutions concrètes liées à l’accès à l’eau. Des comités au cœur de la construction des projets L’approche choisie se veut simple, inclusive et entend fédérer la population locale autour des « comités de gestion des pâturages ». Ces derniers, à travers des consultations villageoises, identifient les besoins d’infrastructures hydrauliques collectives pour faciliter un meilleur accès à l’eau pour l’élevage. Ils sont ainsi accompagnés à chaque étape, de l’identification des besoins jusqu’à la structuration complète du projet. Cela commence par des échanges avec les éleveurs du village pour définir collectivement les priorités et choisir les solutions les plus adaptées. Les comités prennent ensuite en charge la construction du dossier : estimation des coûts, rencontres avec des prestataires, compréhension des aspects techniques… L’objectif est qu’ils soient en mesure de porter eux-mêmes leurs projets, de manière autonome et informée. Un travail spécifique est également mené sur la recherche de financements, notamment à travers des dispositifs de bourses proposés par les institutions publiques. Les comités sont accompagnés dans la constitution et le dépôt de ces dossiers. Des projets concrets, construits collectivement En 2025, plusieurs villages ont déjà été accompagnés dans cette démarche. À New Ngoma, le projet porte sur la création d’un bassin de rétention d’eau. Des études de terrain ont été réalisées avec un technicien, incluant l’identification précise du site et des analyses de sol. La construction est prévue pour 2026. À Ibula, le comité travaille sur un projet de puits équipé d’une pompe à énergie solaire. Une demande de financement a été déposée auprès du gouvernement et est actuellement en cours d’instruction. Chaque projet repose sur un modèle de financement partagé. Les communautés contribuent directement, que ce soit par la main-d’œuvre, des matériaux ou une participation financière. Cette implication est essentielle pour garantir l’appropriation et l’entretien des infrastructures sur le long terme. Les financements sont ensuite complétés par des bourses externes (publiques ou issues d’autres organisations), ainsi que par un appui de Melindika pour accompagner et sécuriser la mise en œuvre. Cette approche demande du temps et un engagement important des communautés. Elle marque aussi un changement dans la manière de concevoir les projets : ici, les éleveurs ne sont pas seulement bénéficiaires, mais pleinement acteurs des solutions mises en place. Thibault Queguiner Responsable projet 👉 Pour en savoir plus sur le projet Des Lions et des Vaches : c’est par ici 👉 Découvrir aussi : « En Zambie, les femmes renforcent leur rôle dans l’élevage caprin » : lire l’article 

En Zambie, les femmes renforcent leur rôle dans l’élevage caprin

Renforcer le rôle des femmes dans l’élevage caprin Un programme d’accompagnement des femmes vers plus d’autonomie et une meilleure protection des troupeaux caprins a été lancé en 2025. Il s’inscrit dans la dynamique du projet Des lions et des vaches, mené conjointement par Élevages sans frontières et son partenaire Melindika. Ce travail fait suite à une étude menée en 2024 sur les conflits entre les prédateurs, notamment les hyènes et les troupeaux de chèvres. Elle a mis en évidence deux éléments clés : des pertes régulières liées aux attaques et un rôle central des femmes dans la gestion de ces animaux. Dans les villages, les chèvres représentent en effet une ressource essentielle pour le quotidien. Elles permettent de faire face aux dépenses courantes comme l’alimentation ou l’achat de petits équipements, contrairement aux bovins souvent réservés à des besoins exceptionnels. Leur gestion repose donc très largement sur les femmes, même si celles-ci ne se définissent pas toujours comme éleveuses. Une formation volontaire au plus près des besoins Pour répondre à ces enjeux, une formation volontaire a été mise en place dans les villages. Les participantes s’inscrivent librement. Le programme se déroule sur quatre demi-journées : les bases de la gestion d’un troupeau la santé animale (prévention, identification et traitement) la protection face aux prédateurs et la construction d’enclos renforcés, avec une sensibilisation à l’importance de la faune sauvage une introduction à la gestion économique de l’élevage, envisagé comme un petit business Cette formation reste volontairement accessible, avec l’objectif de renforcer des pratiques déjà existantes et de mieux comprendre les logiques d’investissement liées à l’élevage. Elle est menée avec l’appui d’un technicien du gouvernement, habitué à intervenir dans ce type de programme auprès des communautés rurales. Une forte mobilisation dans plusieurs villages Le programme a rencontré une forte mobilisation dès sa première année. À Basanga, 26 femmes ont participé à la formation, alors que 15 places étaient initialement prévues. Le groupe s’est structuré autour d’une dynamique collective, avec une participation souvent accompagnée des enfants. L’initiative a également été déployée à Kaminza et New Ngoma, en lien avec le Bee Club – un groupe de femmes déjà engagé dans l’apiculture et qui a souhaité développer une activité autour des chèvres. Cela a permis d’étendre le programme à deux villages supplémentaires. Suite à la formation, un travail a été engagé avec les participantes pour concevoir des enclos adaptés à leurs besoins. Le principe repose sur une mise en œuvre conjointe : les femmes construisent les structures à partir de matériaux locaux, tandis que le projet fournit les éléments complémentaires (grillage, clous) nécessaires au renforcement. La formation se poursuivra dans d’autres villages au cours de l’année, dans la continuité de cette première phase. Thibault Queguiner Responsable projet 👉 Pour en savoir plus sur le projet Des Lions et des Vaches : c’est par ici 👉 Découvrir aussi : « En Zambie, les éleveurs s’organisent pour améliorer l’accès à l’eau » : lire l’article

Semer les graines de l’entrepreneuriat à Goudrin au Burkina Faso

Pendant quatre jours, du 25 au 28 mars 2026, une vingtaine d’élèves du LPTP3AE (Lycée Privé Technique Professionnel en Agriculture, Agroalimentaire, Agroforesterie, Élevage et Énergies renouvelables), à Goudrin, se sont initiés à l’entrepreneuriat agropastoral. Encadrés par le formateur Basile Yameogo, ils ont participé à une formation basée sur la méthode GERME (Gérez Mieux votre Entreprise) développée par le Bureau International du Travail. Cette initiative, menée avec Élevages sans frontières et APIL, s’inscrit dans le cadre du projet La Voie lactée des femmes de l’Oubritenga, qui vise à renforcer durablement les activités d’élevage et les opportunités économiques locales. Voir l’agriculture autrement L’objectif de cette formation est simple : aider les jeunes à changer de regard sur l’agriculture. Ici, il ne s’agit plus seulement de produire pour se nourrir, mais d’imaginer une activité capable de générer des revenus, de créer de la valeur et de s’inscrire dans une dynamique locale. De l’idée au projet concret La formation s’est organisée en deux temps complémentaires. Trouver son idée (TRIE)Les élèves ont d’abord exploré leurs envies, leurs compétences et les réalités de leur territoire. Élevage de volailles, maraîchage, transformation de produits… chacun a été invité à identifier des opportunités concrètes, en lien avec les besoins locaux. Créer son entreprise (CREE)Une fois leur idée définie, place à la mise en pratique. Les participants ont appris à construire un projet viable : calculer leurs coûts, organiser leur activité, réfléchir à la vente de leurs produits. Autant d’outils essentiels pour passer de l’envie à l’action. À travers ces étapes, les élèves commencent à se projeter concrètement dans leur avenir :  « Avant, je pensais surtout chercher du travail en ville. Maintenant, je me dis que je peux créer quelque chose ici, avec l’élevage. » Un levier pour l’avenir des territoires Au-delà de l’apprentissage, cette formation s’inscrit dans une vision plus large. Elle contribue à : offrir des perspectives concrètes aux jeunes dans leur territoire, renforcer les compétences dès le milieu scolaire, soutenir une agriculture plus structurée et durable. En créant des opportunités locales, elle participe aussi à limiter l’exode rural et à renforcer la sécurité alimentaire dans la région. Passer à l’action À l’issue de cette formation, le projet entre désormais dans une phase concrète. Une enveloppe de 10 000 000 FCFA (=15 245€) a été mobilisée pour offrir un premier soutien financier aux projets les plus prometteurs et aider les jeunes à lancer leur activité. En parallèle, un travail de mise en relation avec des institutions de microfinance locales permettra aux futurs entrepreneurs de renforcer leurs moyens et de développer leurs projets dans la durée. Construire l’avenir, ici Avec cette formation, les élèves de Goudrin repartent avec bien plus que des connaissances. Ils repartent avec des idées, des outils… et surtout l’idée qu’ils peuvent réussir ici, chez eux. En semant les graines de l’entrepreneuriat dès aujourd’hui, le projet La Voie lactée des femmes de l’Oubritenga contribue à faire émerger une nouvelle génération d’éleveurs et d’entrepreneurs capables de faire vivre durablement leurs communautés. Joseph KABORÉ Chargée de projets 👉 Pour en savoir plus sur le projet La Voie lactée des femmes de l’Oubritenga : c’est par ici 👉 Découvrir aussi : « L’élevage, une voie d’avenir pour la jeunesse burkinabè »: lire l’article

Lancement de la phase 3 du projet Or Gris des Savanes : une nouvelle étape pour la filière pintade au Togo

Élevages sans frontières et ses partenaires ont officiellement lancé la troisième phase du projet Or Gris des Savanes à Barkoissi, au nord du Togo. Ce lancement marque une étape clé pour renforcer une filière essentielle à l’économie locale et à la sécurité alimentaire des familles rurales. Depuis 2018, le projet accompagne le développement de l’élevage de pintades, une activité génératrice de revenus et accessible aux petits producteurs. Les deux premières phases ont permis d’améliorer les pratiques d’élevage et de structurer progressivement la filière. Cette nouvelle étape vise désormais à consolider ces acquis et à favoriser une appropriation durable par les acteurs locaux. Mobilisation des acteurs et impacts concrets L’atelier de lancement a réuni près de 70 participants, parmi lesquels des autorités administratives et coutumières, des services de l’État, des organisations paysannes et des partenaires techniques et financiers. Des témoignages de bénéficiaires des phases précédentes sont venus illustrer concrètement les impacts du projet sur leurs activités, leurs revenus et leur alimentation, renforçant l’adhésion des participants. Dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires et climatiques, le projet vise à renforcer la sécurité alimentaire, soutenir l’autonomie des femmes et des jeunes et contribuer à la cohésion sociale. Les échanges ont également permis de souligner l’importance de la coordination entre acteurs pour assurer la pérennité des actions engagées. Un moment fort de la journée a été la remise d’équipements à des Auxiliaires Villageois d’Elevage (AVE), acteurs clés de l’accompagnement des producteurs sur le terrain. Ces dotations visent à renforcer leurs capacités et à améliorer les services de proximité en santé animale au bénéfice des éleveurs et éleveuses Visibilité et perspectives L’événement a bénéficié d’une couverture médiatique avec un passage sur Télévision Togolaise (TVT) et la presse digitale avec LAABALI Info, contribuant à donner de la visibilité au projet et à sensibiliser un public plus large à ses enjeux. https://elevagessansfrontieres.org/wp-content/uploads/2026/03/TVT-2.mp4#t=1 Télévision Togolaise – TVT Ce lancement ouvre ainsi une nouvelle dynamique pour accompagner durablement les éleveurs et éleveuses de la région des Savanes et renforcer une filière porteuse d’avenir. Joseph KABORÉ Chargée de projets 👉 Pour en savoir plus sur le projet « Or Gris des Savanes » : c’est par ici

Solidarités : des initiatives inspirantes

Chaque année, des donateurs et partenaires d’Élevages sans frontières lancent des initiatives avec énergie et talents pour promouvoir et soutenir notre action. En voici quelques-unes qui pourraient vous inspirer ! Un concert de rock solidaire à Issoire En janvier 2025, à Issoire, un concert de rock au profit de l’association a battu son plein. À l’origine de cet événement : Jérôme, fidèle donateur, avec ses élèves de jeu en groupe d’Issoire Music School. Grâce à son engagement et à la mobilisation locale, cette soirée a rencontré un beau succès musical et solidaire ! Créer une association locale pour soutenir nos projets Claude, avec d’autres habitants de La Boissière (Hérault), a créé une association pour soutenir Élevages sans frontières. Leurs activités d’aumônerie ont permis de financer le projet Or gris des Savanes au Togo. Lors d’un échange en visio avec des éleveurs bénéficiaires et d’une visite à distance d’un bâtiment équipé d’une couveuse, ils ont pu mesurer concrètement l’impact de leurs dons. Une rencontre riche en émotions. Les jeunes se mobilisent pour Noël Chaque année, avant Noël, au Collège de Marcq Institution près de Lille, les élèves des 14 classes de 6ème sont sensibilisés par notre équipe sur les impacts de la solidarité internationale, avant de participer à une vente caritative. Au fil des années, les jeunes ont vendu santons, cartes de vœux, anges en bois… et même des savons au lait de chèvre issus des élevages de femmes bénéficiaires au Maroc. Merci à Marcq Institution pour ce formidable partenariat qui dure depuis 23 ans ! Rendez-vous sur www.lilo.org LE SAVIEZ-VOUS ? Vous pouvez nous soutenir autrement avec Lilo Le moteur de recherche solidaire LILO permet de transformer ses recherches internet en dons. Grâce à cette mobilisation simple du quotidien, près de 1 000 € ont déjà été reversés à Élevages sans frontières : preuve que de petits clics peuvent avoir de grands impacts. Au-delà de l’aspect financier, cette émulation nous touche et révèle combien tous ces soutiens ici, qui croient en notre action et au principe Qui reçoit… donne, peuvent changer des vies là-bas. Aissatou BA Chargée des relations donateurs Vous avez une idée d’action ? Contactez Aissatou au 03 20 74 83 92 ou par mail à donateur@elevagessansfrontieres.org

Parions l’égalité : renforcer le pouvoir d’agir des femmes rurales

Avec notre partenaire marocain ROSA, nous rejoignons le projet multi-acteur Parions l’égalité coordonné par BATIK International. Cette organisation est engagée pour renforcer le pouvoir d’agir des communautés vulnérables, notamment des femmes rurales. Les activités ont démarré à Ouarzazate en février : l’équipe ROSA a suivi une session sur les stéréotypes de genre, les discriminations qui en découlent et l’impact des projets de développement. Une autre formation, destinée aux éleveuses relais, visait à renforcer leur confiance, leur capacité d’accompagnement et l’écoute active. « En réfléchissant à leurs qualités de leader et en les mettant en pratique, les éleveuses ont gagné en confiance et en force. Au-delà du renforcement des compétences sociales, cette formation a développé leur pouvoir collectif. » Manon DRONIOU Animatrice de formations BATIK International

Une voie vers l’autonomie pour les éleveuses

FOCUS SUR UN PROJET : LA VOIE LACTÉE DES FEMMES DE L’OUBRITENGA Dans l’Oubritenga, à juste 30 km de la capitale Ouagadougou, 9 habitants sur 10 vivent de l’agriculture et de l’élevage. Les femmes assurent de multiples tâches dans des conditions difficiles sur le plan climatique, sécuritaire, matériel et culturel. Avec des moyens limités et la concurrence du lait en poudre importé, elles peinent à sortir de la précarité. Notre projet Voie Lactée des Femmes de l’Oubritenga (VOLAFO) renforce leur potentiel et les accompagne sur la voie de l’émancipation. Un quotidien harassant remplis d’obstacles Epouses, mères, agricultrices et éleveuses, les femmes de l’Oubritenga élèvent leurs enfants dans un habitat rudimentaire, souvent sans électricité, ramassent du bois et parcourent des kilomètres pour s’approvisionner en eau sous une température atteignant 45°C en saison chaude. L’accueil de centaines de déplacés qui ont fui les conflits armés du Nord génère des tensions pour l’accès aux ressources et fragilise la sécurité alimentaire des familles. Impliquées dans la production laitière, les femmes restent dépendantes de leur mari. La culture burkinabé encore très patriarcale, en particulier en milieu rural, limite l’accès à l’éducation, à la propriété des terres et des animaux, et leur pouvoir de décision. Des leviers pour l’autonomisation Dans ce contexte, l’objectif du projet VOLAFO est de permettre à 150 femmes mossis et peules de devenir les actrices de la résilience dans leur foyer et leur communauté en agissant sur les leviers de la productivité laitière, la transformation et la commercialisation. Son originalité tient à une approche globale : agir simultanément sur la technique, l’organisation collective et la dimension humaine. Le lait local devient ainsi un enjeu d’autonomisation économique et sociale. Les éleveuses sont formées aux techniques d’élevage de bovins et petits ruminants, à l’hygiène de traite et aux cultures fourragères. 25 femmes éleveuses de chèvres ont déjà bénéficié de bâtiments, d’équipements et d’intrants, favorisant la sédentarisation de l’élevage. La femme devient actrice car elle fournit désormais l’unité laitière. Voir le lait de son propre troupeau transformé en yaourt estampillé VOLAFO et vendu sur le marché renforce la fierté et le sentiment d’utilité sociale. En moyenne, chaque éleveuse produit 10 litres par semaine, vendus à 650 FCFA le litre (près d’1€), soit environ 25 000 FCFA (38€) de revenu mensuel. Un apport conséquent pour la scolarité, la santé et l’alimentation du ménage, qui modifie aussi les équilibres familiaux : la femme est désormais reconnue comme actrice économique à part entière. « La Voie lactée est mon espoir. À cause des attaques terroristes, nous avons trouvé refuge chez des parents de mon mari. Avec nos six enfants, nous étions à leur charge, ce qui me dérangeait car ils ont du mal à s’en sortir. À Foubé, notre élevage nous permettait d’assurer trois repas par jour et nos autres besoins. Nous avons fui juste pour sauver nos vies. Mon mari et moi ne connaissons que l’élevage. Quand on m’a parlé du projet pour personnes déplacées, je n’y croyais pas au début, surtout qu’il concernait les femmes. Il fallait le voir pour le croire ! » KADIGUÈTA DICKO, éleveuse, village de Lelexé Coopérer et transmettre pour avancer ensemble Nous accompagnons la création et la structuration d’une coopérative féminine qui mutualise la collecte et la vente du lait. À travers les élections de déléguées, la tenue d’assemblées générales et la gestion collective des décisions, les femmes découvrent une gouvernance démocratique. La coopérative joue aussi un rôle de filet de sécurité : face à la maladie, au deuil ou aux coups durs, les femmes peuvent compter sur un groupe solidaire. Enfin, dans ce contexte marqué par l’insécurité, VOLAFO mise aussi sur le facteur humain. Le dispositif de marrainage met en lien anciennes éleveuses, nouvelles arrivantes et femmes déplacées internes. Vingt-cinq marrainages ont déjà vu le jour. Au-delà du transfert de savoir-faire, ces relations offrent un soutien moral, une intégration sociale et favorisent le vivre-ensemble entre femmes peules et mossis, renforçant la cohésion et la paix sociale. À l’avenir, La coopérative souhaite diversifier ses produits laitiers et faire de VOLAFO un label régional de qualité, tout en poursuivant l’accompagnement des éleveuses. Cette dynamique prévoit l’installation de 50 nouveaux sites d’élevage, ainsi que la formation et l’équipement de 74 éleveuses pour améliorer la qualité du lait. Un partage de savoir-faire au Maroc avec la coopérative COROSA est prévu avant l’été. L’autonomisation des femmes n’a pas de frontières ! « Ce projet m’a redonné confiance. Je suis Djeneba, éleveuse et mère de sept garçons. Avant la Voie Lactée, je ne pensais pas pouvoir vivre de l’élevage laitier. Les formations, les chèvres reçues et le soutien de ma marraine m’ont appris à mieux soigner mes animaux et à produire du lait dans de bonnes conditions. Avec notre SCOOPS*, nous vendons ensemble à meilleur prix. Ces revenus financent l’école de mes enfants et soutiennent le foyer. Aujourd’hui, je suis ère de mon activité et de ma place dans le développement local. » DJENEBA KANDE, éleveuse, village de Barkoundouba *Société coopérative simplifiée Joseph KABORÉ Chargé de mission

Femmes d’Afrique de l’Ouest : garantes de la sécurité alimentaire et du développement

Piliers des familles, de l’agriculture et de la vie communautaire, les femmes rurales d’Afrique de l’Ouest portent à bout de bras une grande part du développement local. En soutenant leur émancipation, nos projets au Burkina Faso et au Togo contribuent à transformer durablement leur quotidien et les territoires. En Afrique de l’Ouest, les femmes assurent un rôle fondamental dans la production agricole, la sécurité alimentaire et la cohésion sociale. Pourtant, elles subissent des discriminations et leur potentiel reste largement sous-exploité. Des études démontrent que si les agricultrices bénéficiaient d’un accès équitable aux ressources productives, les rendements agricoles pourraient augmenter de 20 à 30%, permettant à plus de 100 millions de personnes de sortir de l’insécurité alimentaire. L’émancipation économique et sociale des femmes constitue donc un levier majeur pour un développement durable et inclusif. Des inégalités persistantes maintiennent les femmes dans la précarité. Au Burkina Faso, en milieu rural où vivent 9 habitants sur 10, les inégalités de genre sont très marquées. Près d’une femme sur deux est mariée avant ses 18 ans et 90% de la population considère que le maintien du foyer relève avant tout des femmes.vSeulement 2 filles sur 5 en âge d’être scolarisées dans le secondaire y sont réellement inscrites. Sur le plan économique, 85% des femmes actives occupent un emploi souvent non rémunéré ou informel, les normes sociales restreignant leurs droits à la propriété et aux services financiers. Ces fragilités sont amplifiées par un contexte sécuritaire instable. Les conflits et forcés exposent particulièrement les femmes aux violences physiques, sexuelles et économiques, tout en accentuant leur vulnérabilité sociale.  Le constat est aussi préoccupant au Togo. Les femmes gèrent une large majorité des unités de production informelles. Pourtant, leur accès à l’éducation, au foncier, au crédit et aux déplacements instances de décision reste limité. Seules 20% possèdent des terres, ce qui freine leur capacité à développer des activités rentables. Dans la région des Savanes, au nord du pays, ces inégalités sont encore plus fortes. Mariages précoces, grossesses adolescentes, violences et effets du changement climatique fragilisent durablement les trajectoires de vie des femmes. Des solutions concrètes améliorent la condition des femmes. Face à ces enjeux, nous développons dans ces pays une approche intégrée en faveur de l’émancipation des femmes. Au Burkina Faso, la première phase du projet Voie Lactée a permis de renforcer les compétences des équipes locales, de sensibiliser les communautés aux inégalités de genre avec des séances de théâtre et des assemblées dans les villages. Nous avons initié des actions pilotes pour réduire les violences et la pénibilité du travail féminin, par exemple avec l’octroi de charrettes pour faciliter la collecte d’eau. Par souci d’adaptation, nous favorisons l’initiation à l’élevage caprin, plus accessible, moins coûteux et mieux maîtrisé par les femmes pour faciliter une acquisition durable de revenus réguliers. Au Togo, notre programme Or Gris des Savanes a pour ambition de placer les femmes au cœur du développement local. L’approche s’appuie notamment sur plusieurs dispositifs complémentaires : les Associations Villageoises d’Epargne et de Crédit (AVEC), l’accès au microcrédit avec une institution partenaire de microfinance et les élevages-écoles. Les élevages-écoles reposent sur l’apprentissage entre pairs. Les éleveurs moins expérimentés, dits associés et en majorité des femmes, se regroupent au sein des exploitations d’éleveurs plus expérimentés, dits noyaux. Ce cadre favorise une transmission directe des connaissances, basée sur la démonstration des bonnes pratiques. Les éleveurs noyaux partagent ainsi leur savoir-faire en matière d’alimentation, de soins, d’hygiène et de gestion de l’élevage. L’utilisation de kits imagés rend les messages techniques accessibles, y compris pour les personnes peu alphabétisées. Ainsi, les femmes renforcent leurs compétences, adoptent des pratiques plus performantes et augmentent ainsi la productivité et la durabilité de leurs activités. Dans les Associations Villageoises d’Epargne et de Crédit (AVEC), les femmes mettent en commun leur épargne et accèdent à des prêts internes à faible taux pour des dépenses personnelles. Au-delà de l’appui économique, ces groupes leur offrent un espace de parole, de solidarité et de prise de confiance pour échanger sur leurs difficultés, réussites et aspirations. Parallèlement, avec la COOPEC SIFA, nous facilitons l’accès des femmes à deux dispositifs innovants de microcrédit. Le crédit direct, destiné à des groupes solidaires de femmes sans épargne préalable, finance des activités économiques dans des zones très précaires. La tontine, combinant épargne collective et prêt à court terme, favorise l’inclusion financière progressive et l’ouverture de comptes d’épargne. Ces mécanismes permettent aux femmes de diversifier leurs activités et de sécuriser leurs revenus. Toutes ces actions ont des impacts visibles pour les femmes et leurs communautés. De nombreuses éleveuses burkinabè et togolaises sont aujourd’hui propriétaires de leur élevage et gèrent mieux leurs revenus. Les formations sur l’égalité de genre, l’élevage et la gestion financière renforcent durablement ces acquis, tandis que les forums communautaires continuent d’encourager un dialogue constructif entre femmes et hommes autour des enjeux d’équité. Kenza MENSAH Chargée des financements institutionnels  » Être éleveuse dans les Savanes du Togo n’est pas simple : nous, les femmes, manquons souvent de moyens, de formation et de reconnaissance. Avant, je faisais face à de fortes pertes de pintades et mes revenus restaient très limités. Sans appui technique, il était difficile de développer mon activité. Grâce à l’accompagnement reçu, j’ai appris de meilleures pratiques d’élevage, à soigner mes animaux et à sécuriser ma production. Aujourd’hui, mes pintades sont un véritable soutien pour nourrir ma famille, payer les frais de santé et de scolarité, et même épargner. Cette évolution a renforcé ma confiance et ma place dans le village. Je suis ère de mon parcours et j’encourage les autres femmes à se lancer pour améliorer durablement leurs conditions de vie. » Monica LAMBONI, éleveuse de pintades – Togo Cliquez ici pour visionner le témoignage de Monica >>>

Le don régulier : un cercle vertueux pour les donateurs, les éleveurs et ESF

Le don régulier n’est pas seulement un moyen de soutenir Élevages sans frontières. C’est un mécanisme qui crée de la stabilité, de la confiance et de l’efficacité et à tous les niveaux de la chaîne de solidarité. Le don régulier profite à tous : aux éleveuses et éleveurs, aux donateurs et à ESF 👉 Je deviens Éleveur d’Espoir Pour les éleveuses et éleveurs : pouvoir se projeter La régularité permet aux familles d’éleveurs de sortir de l’insécurité permanente. Elle leur donne la possibilité de planifier, d’investir et de consolider leur activité. C’est cette projection dans le temps qui transforme un élevage de subsistance en une activité capable de nourrir durablement une famille. Pour les donateurs : un engagement clair et fluide Le don régulier est une façon simple de s’engager. Il permet de soutenir sans contrainte avec une visibilité sur son impact et un cadre transparent. C’est un engagement qui s’intègre naturellement dans la durée, sans renoncer à la liberté ni à la maîtrise de son don. Pour Élevages sans frontières : mieux agir La régularité des dons permet à l’association de mieux planifier ses actions, de réduire ses coûts de gestion et d’orienter davantage de moyens vers le terrain. Elle rend l’action plus efficace, plus cohérente et plus fidèle aux besoins réels des éleveuses et éleveurs. Le don régulier relie des donateurs engagés, une association structurée et des éleveuses et éleveurs qui construisent leur avenir. C’est cette alliance dans le temps qui permet à Élevages sans frontières d’avoir un impact durable. En choisissant le don régulier, vous rejoignez un cercle de confiance et d’impact 👉 Je mets en place mon don régulier et deviens Éleveur d’Espoir

Pourquoi j’ai choisi le don régulier – Témoignage d’une Éleveuse d’Espoir

S’engager auprès d’Élevages sans frontières, c’est souvent une première rencontre avec des projets très concrets sur le terrain. Pour Claire, c’est ce qui lui a permis de franchir un pas supplémentaire : celui du don régulier. Vous aussi, vous pouvez soutenir Élevages sans frontières simplement et dans la durée grâce au don régulier. 👉 Je deviens Éleveur d’Espoir Un choix simple, mais réfléchi « Au départ j’ai fait un don. Puis en découvrant vos projets et des témoignages, j’ai compris que la durée comptait vraiment pour les éleveurs. J’ai suis passée au don régulier pour mieux vous aider à avancer. » Son soutien est réparti sur l’année, sans contrainte ni oubli. « Je sais que je soutiens ESF tous les mois, sans avoir à y penser. C’est plus simple et rassurant pour moi et plus facile pour votre budget. » Savoir que son don compte vraiment « Ce que j’aime, c’est de savoir que mon don permet aux éleveurs et éleveuses de se projeter. Ils peuvent investir, construire, améliorer leurs pratiques. Mon soutien devient un vrai levier. » C’est cette cohérence entre simplicité, utilité et impact qui a fait du don régulier un choix durable pour elle. Une relation différente avec l’association Pour Claire, le don régulier crée un autre lien avec Élevages sans frontières. « On ne se sent pas seulement comme quelqu’un qui donne une fois. On se sent partie prenante d’un projet qui avance dans le temps. » La transparence, la lisibilité des informations et le cadre fiscal clair renforcent cette confiance. Comme Claire, choisissez un engagement simple et utile. 👉 Je mets en place un don régulier