Au Bénin comme au Togo, l’élevage permet à de nombreuses familles rurales de générer des revenus et de répondre aux besoins du quotidien. Mais pour développer son activité, un éleveur doit pouvoir accéder à des équipements, à des services de santé animale et à des conseils adaptés.
C’est l’un des objectifs du projet Des Éleveurs aux Consommateurs, mis en œuvre par Élevages sans frontières et ses partenaires au Sud du Bénin et du Togo. Le projet accompagne les éleveuses et éleveurs pour renforcer leurs capacités de production, améliorer la santé animale et développer des activités plus durables.
À Veha, dans la commune de Lokossa au Bénin, Ignace ATCHODJIHOUNDE est éleveur talent. À 37 ans, il élève des volailles, des lapins et des chèvres, avec sa femme. Il est également agent communautaire de santé animale et met son expérience au service des autres éleveurs de son village.
Un élevage construit au fil des années
Ignace a commencé l’élevage il y a cinq ans, avec quelques volailles. Aujourd’hui, il possède notamment 37 lapins, 17 poules, 2 coqs et 7 chèvres. Au quotidien, lui et sa femme participent aux soins et à l’entretien de la ferme.
Son parcours n’a pourtant pas été sans difficultés. Il a notamment connu des épisodes de mortalité liés à la peste, avec quatre volailles perdues.
Au fil des années, il a amélioré ses installations. Dans le cadre d’un précédent projet, il avait reçu des mangeoires et des abreuvoirs. Plus récemment, il a bénéficié d’un bâtiment d’élevage dans le cadre du projet Des Éleveurs aux Consommateurs.
Pour Ignace, être éleveur talent signifie aussi encourager d’autres personnes à développer leur activité.
« J’essaie de sensibiliser les gens autour de moi pour qu’ils évoluent dans l’élevage et pour leur faire savoir qu’ils peuvent bénéficier du projet. »
Veiller sur ses animaux et ceux des autres
Ignace est également Agent Communautaire de Santé Animale (ACSA). Il rend visite aux éleveurs, observe leurs animaux, donne des conseils et organise des réunions de sensibilisation sur la santé animale. Il dispose également de médicaments et de traitements pour apporter les premiers soins lorsque cela est nécessaire.
Dans son propre élevage, il applique ces bonnes pratiques au quotidien. Chaque matin, il vérifie l’état de ses animaux, leur donne de l’eau et de la nourriture et s’assure qu’aucun animal n’est malade ou manquant.
Il cherche également à rendre son élevage plus autonome. Il utilise notamment des feuilles de moringa pour nourrir ses volailles, récupère les fientes pour fertiliser ses champs et s’est équipé d’un récupérateur d’eau et d’un moulin pour fabriquer une partie de l’alimentation de ses animaux.
L’élevage, une source de revenus pour sa famille
Aujourd’hui, 50 % de ses revenus proviennent de l’élevage, en complément de son commerce, de son activité d’électricien et du maraîchage.
Ces revenus lui ont notamment permis de scolariser ses enfants, d’agrandir son élevage et d’améliorer les conditions de vie de sa famille. Il a ainsi pu remplacer son ancienne habitation en terre par une maison en dur et investir dans de nouveaux équipements.
« L’élevage nous a apporté beaucoup de choses. C’est pour cela que je continue depuis autant d’années. »
Ignace fait également partie de la coopérative Benodou, qui permet aux éleveurs de s’entraider. Chaque membre contribue à une caisse commune qui peut être utilisée en cas de difficulté, notamment pour les soins des animaux. La coopérative permet aussi d’organiser des ventes groupées pour répondre aux commandes importantes.
Transmettre pour faire avancer les autres
Le parcours d’Ignace a changé le regard porté sur son activité. Aujourd’hui, d’autres éleveurs viennent lui demander conseil.
Il les accompagne, les forme et peut même leur donner des poussins pour les aider à démarrer leur élevage.
« Je les aide, je leur donne des poussins pour les lancer dans leur activité, je les forme. »
Pour Ignace, cette transmission fait désormais partie de son rôle.
Son ambition est de continuer à progresser : agrandir son élevage, avoir davantage d’animaux et construire des bâtiments plus grands.
Son parcours illustre l’une des dynamiques recherchées par le projet Des Éleveurs aux Consommateurs : permettre aux éleveurs de développer leur propre activité tout en renforçant, à leur tour, les compétences et les services disponibles dans leur communauté.
Un éleveur qui avance et qui fait avancer les autres.
Daouda Sanou
Coordinateur du projet
👉 Pour en savoir plus sur le projet Des éleveurs aux consommateurs :
c’est par ici

