Le Togo : un pays rural face aux défis alimentaires

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Un pays rural marqué par la pauvreté

Le Togo, petit pays d’Afrique de l’Ouest de près de 9 millions d’habitants, est l’un des plus vulnérables de la région. Il se classe 162e sur 191 pays selon l’Indice de Développement Humain et près de 47 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, avec une précarité encore plus marquée en zone rurale. Cette fragilité se traduit notamment par la malnutrition : près d’un enfant sur quatre souffre d’un retard de croissance.

Agriculture et élevage au cœur de l’économie

57 % des habitants vivent à la campagne et 80 % dépendent directement de l’agriculture et de l’élevage. Pourtant, ces familles qui produisent l’essentiel de la nourriture manquent elles-mêmes d’alimentation suffisante et équilibrée. Selon la FAO*, plus de 20 % des enfants de moins de 5 ans souffrent de retard de croissance lié à la malnutrition chronique.

En matière de viande, le pays doit importer près de 45 % de sa consommation, souvent sous forme de produits congelés et de mauvaise qualité. Cette concurrence fragilise les petits producteurs locaux qui peinent à vendre leurs animaux à un prix rémunérateur.

À cela s’ajoutent des obstacles structurels : manque d’infrastructures d’abattage, services vétérinaires insuffisants, difficultés d’accès aux financements, et manque de perspectives économiques pour les jeunes dans le secteur.

Dans le nord du pays, des défis encore plus marqués

Ces difficultés sont particulièrement présentes dans la région des Savanes, au nord du Togo. La région est la plus pauvre du pays et particulièrement fragilisée par les chocs climatiques et la dégradation des sols : plus de la moitié de sa population vit sous le seuil de pauvreté.

La région est également la deuxième productrice de volailles du pays. L’élevage y représente donc une activité importante pour les populations rurales, mais les filières peinent encore à se développer et à se structurer, notamment en raison du manque d’appui technique et financier et de l’accès limité aux moyens de production.

Parmi ces élevages, la pintade occupe une place particulière. Traditionnellement pratiqué dans la région, cet élevage peut constituer une activité économique pour les familles rurales.

Pourquoi il est urgent d’agir ?

  • Parce que près d’1 enfant togolais sur 4 souffre déjà de malnutrition chronique.
  • Parce que la dépendance aux importations expose la population aux pénuries et aux hausses de prix en période de crise.
  • Parce que les jeunes se détournent de l’élevage, faute de perspectives, menaçant la relève des paysans et la vitalité des campagnes.
  • Parce que sans infrastructures, financements et accompagnement technique, les éleveurs ne peuvent pas vivre dignement de leur travail, alors même qu’ils sont au cœur de la sécurité alimentaire.

Dans les Savanes, soutenir l’élevage local constitue ainsi un levier à la fois pour améliorer l’alimentation des familles, créer des revenus et renforcer l’économie rurale.

C’est dans ce contexte qu’Élevages sans frontières agit, avec des partenaires locaux, pour accompagner le développement de la filière pintade dans les Savanes à travers le projet Or Gris des Savanes.

*FAO : Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture

Joseph Kaboré

Responsable projet

👉 Pour en savoir plus sur le projet Or Gris des Savanes :
c’est par ici

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