Au Bénin comme au Togo, l’élevage joue un rôle important dans les économies rurales. Il permet aux familles de se nourrir, de disposer d’une source de revenus et de faire face aux dépenses du quotidien. Pourtant, les éleveuses et les éleveurs rencontrent encore de nombreuses difficultés pour développer leur activité, accéder aux services techniques et sanitaires ou commercialiser leur production.
C’est dans ce contexte qu’Élevages sans frontières et ses partenaires mettent en œuvre le projet Des Éleveurs aux Consommateurs, au Sud du Bénin et du Togo. Jusqu’en juin 2027, le projet accompagne 890 agroéleveuses et agroéleveurs afin de renforcer les productions animales locales et de contribuer à des filières plus durables et inclusives.
Formations, accompagnement technique, amélioration des équipements, accès aux services vétérinaires ou encore développement de nouveaux services : l’objectif est de permettre aux éleveurs de mieux maîtriser leur activité et de répondre davantage aux besoins des marchés locaux.
À Veha, dans la commune de Lokossa au Bénin, Aimée KAKPO est l’une des bénéficiaires du projet. À 41 ans, elle élève aujourd’hui une centaine de volailles. Et depuis qu’elle a reçu une couveuse dans le cadre du projet, son activité prend une nouvelle dimension : son élevage se développe, mais elle peut aussi rendre service à d’autres éleveurs de son village.
De quelques volailles en divagation à un élevage mieux structuré
Aimée a commencé son activité avec quelques poules. À l’époque, ses volailles étaient en divagation et les pertes étaient nombreuses.
« Quand j’ai commencé l’élevage, mes poules étaient en divagation et il y avait beaucoup de pertes. »
En rejoignant le projet, elle a progressivement amélioré ses pratiques. Elle a bénéficié de formations pour apprendre à mieux prendre soin de ses animaux, à les entretenir et à fabriquer leur alimentation.
Elle a également reçu du matériel pour améliorer ses conditions d’élevage : un bâtiment, des abreuvoirs et des mangeoires.
Aujourd’hui, l’élevage rythme son quotidien. Chaque jour, Aimée vérifie l’état de ses volailles, les nourrit, soigne les animaux qui en ont besoin et entretient les abreuvoirs.
Lorsqu’un animal tombe malade, elle fait également appel au vétérinaire.
« Quand mes animaux ne vont pas bien, j’appelle le vétérinaire pour les soins. Ce suivi est très important. »
Ces nouvelles pratiques lui permettent de mieux suivre son élevage et de limiter les pertes.
Une couveuse qui profite à tout le village
Pour Aimée, une nouvelle étape a été franchie lorsqu’elle est devenue « éleveuse talent ». Elle a alors reçu une couveuse.
Avant cela, les volailles couvaient naturellement leurs œufs. Une méthode qui limite le nombre de poussins pouvant naître et rend la reproduction moins régulière.
Avec la couveuse, Aimée peut désormais mettre davantage d’œufs à incuber et obtenir les poussins au bout de 21 jours, de façon plus régulière.
Mais l’équipement ne profite pas uniquement à son propre élevage. Une dizaine d’autres éleveurs du village, également accompagnés par le projet, viennent aujourd’hui utiliser la couveuse.
L’équipement devient ainsi un véritable service au bénéfice de la communauté.
« Je suis fière de pouvoir offrir ce service aux autres éleveurs. »
Formée à son utilisation, Aimée peut également partager son expérience et ses connaissances avec les autres éleveurs.
Être la première à bénéficier de cet équipement dans sa communauté représente pour elle une grande satisfaction.
Développer son élevage pour faire vivre sa famille
Pour Aimée, l’élevage représente bien plus qu’une activité professionnelle. Mariée et mère de sept enfants, elle s’appuie sur les revenus de son activité pour répondre aux besoins de sa famille.
« Quand je vends un animal, cela sert directement aux besoins de la famille. Je peux scolariser mes enfants. »
Elle souhaite maintenant aller plus loin. Son objectif est notamment de disposer de davantage d’espace pour développer son activité autour de la couveuse et mieux élever les poussins.
Elle souhaite également trouver davantage de clients. Car si la demande existe déjà, elle reste encore limitée.
« En trouver plus permettrait d’augmenter mes revenus. »
À plus long terme, Aimée aimerait aussi acheter des parcelles pour agrandir son activité.
Une éleveuse qui transmet à son tour
Au-delà de son propre élevage, Aimée mesure aussi ce que son parcours a changé dans sa communauté.
Des personnes viennent désormais lui demander conseil et lui posent des questions sur son activité et sur la manière dont elle est parvenue à la développer. Elle partage volontiers son expérience et il lui arrive même de donner des animaux à d’autres éleveurs pour les aider.
Elle parle également du projet autour d’elle et encourage d’autres personnes à s’intéresser à l’élevage.
En développant son activité, Aimée contribue ainsi elle aussi à renforcer les capacités des éleveurs de son village.
Son ambition est désormais de continuer à faire grandir son élevage, de trouver de nouveaux clients et de construire, progressivement, une activité qui lui permette de répondre aux besoins de sa famille et de préparer l’avenir.
« Je suis fière d’être éleveuse. »
Daouda Sanou
Coordinateur du projet
👉 Pour en savoir plus sur le projet Des éleveurs aux consommateurs :
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