Consommer local : levier d’émancipation et de développement

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Dans les pays d’intervention – Bénin, Togo, Burkina Faso, Maroc, Haïti entre autres – avec le boom démographique, la croissance économique et l’urbanisation croissante, la consommation de produits laitiers et carnés est en forte augmentation.

Cependant, la production locale ne répond pas à toute cette demande : la production de lait local ne couvre que la moitié de la consommation en Afrique de l’Ouest, voire un tiers au Sénégal. En Haïti, le lait constitue le 2ème poste budgétaire d’importation de produits alimentaires après le riz.

Les produits importés comme la viande, le lait en poudre et le riz sont majoritairement consommés et souvent perçus comme plus attractifs sur le plan de la qualité, du prix et de la facilité d’utilisation.

Or, cette prédominance des importations issues de l’agro‐industrie a des impacts néfastes dans plusieurs domaines :

  • Pour l’économie locale : les importations concurrencent les produits des petits paysans qui peinent à vivre de leur travail, faute de moyens pour produire et vendre en quantité et en qualité. Rappelons qu’en Afrique de l’Ouest, 90% de la production agricole est issue de petites exploitations.
  • Pour la santé : les produits transformés contiennent souvent des additifs – sel, sucre, conservateurs – et sont de moindre qualité nutritive, comme la volaille congelée traitée à la javel ou le lait en poudre enrichi avec de l’huile de palme.
  • Pour l’environnement : les modes de production, le conditionnement, le transport et les emballages des produits importés laissent une lourde empreinte par leur dégagement de CO2 et leurs déchets.

Pourtant, dans ces pays avec un secteur agricole représentant jusqu’aux 2/3 de la population active et dotés d’une grande biodiversité non cultivée et cultivée, la croissance de la demande pourrait offrir de larges débouchés aux petits producteurs afin qu’ils puissent enfin répondre aux besoins essentiels de leur famille : alimentation, soins, scolarisation, habitat. L’appui à la production et à la consommation locale est la clé du développement.

Elevages sans frontières s’inscrit pleinement dans cette vision en contribuant à l’organisation de systèmes alimentaires plus justes, par l’implantation de microentreprises d’élevage familial productives et respectueuses de l’environnement, par l’organisation de circuits courts et la promotion du « consommer local ».

Voici quelques initiatives menées en collaboration avec Elevages sans frontières

LET’AGOGO (Haïti) : un lait produit, transformé et consommé sur le même territoire

Grâce à l’appui d’Elevages sans frontières, la micro-laiterie Let’Agogo a été réhabilité en 2017. C’est l’unique micro-entreprise de transformation sur la commune de Belladère.

Cette micro-laiterie a pour vocation la collecte auprès des éleveurs bovins et la transformation du lait pour une mise en marché en circuit court de bouteilles de lait pasteurisé.

RIZ BERCEAU (Togo) : un riz local, produit de terroir issu d’une agriculture paysanne respectueuse de l’environnement

Le projet « Du Champ à l’Assiette » promu par Elevages sans frontières a permis la création d’une unité de transformation du riz : une entreprise mutualisée entre 17 coopératives qui permet la commercialisation du riz en circuit court, une meilleure redistribution de la valeur ajoutée et in fine l’amélioration des revenus des producteurs et productrices.

Selon la technologie agroécologique SRI, ce riz de la marque « Berceau » est produit grâce à l’utilisation du compost au détriment des engrais chimiques. Ce principe favorise l’exploitation durable et harmonieuse du sol-eau-lumière permettant à la plante d’exprimer son potentiel de production.

COROSA (Maroc) : le fromage de chèvre, levier d’émancipation pour les femmes marocaines dans le développement de leurs activités d’élevage

La coopérative COROSA est une fromagerie montée grâce au soutien d’Elevages sans frontières et de l’association marocaine ROSA. COROSA assure la collecte quotidienne de lait dans les différents villages du projet « Envol des femmes » dans la région de Ouarzazate.

Le lait est transformé en yaourt et fromage et est revendu à Ouarzazate principalement. Les revenus réguliers issus de la vente du lait permettent aux éleveuses de chèvres de couvrir les besoins quotidiens et d’améliorer leurs conditions de vie.

LA BONNE VIANDE (Bénin) : un partenariat avec un transformateur privé garantissant un débouché rémunérateur aux éleveurs.euses.

La Bonne Viande, partenaire du projet « Filières Vertes », travaille à la professionnalisation de la boucherie charcuterie au Bénin. L’entreprise familiale a pour vocation de promouvoir le « consommer local » en connectant les acteurs du secteur de l’élevage avec les consommateurs urbains de Cotonou par une mise en marché de gamme variée de produits viande de qualité en circuits courts.

En prêtant ses services au projet, l’entreprise contribue à :

  • Offrir un réseau de distribution de boucheries de proximité et un service de livraison rapide
  • Améliorer le pouvoir d’achat des petits producteurs en les aidant à optimiser leurs techniques de production et en achetant leur produit à un prix équitable
  • Promouvoir la participation des femmes et des jeunes à la chaîne de valeur afin d’améliorer leur situation socioéconomique.

LA BOBAR (Togo) : la première boutique Bar Restaurant 100% produits du terroir

L’ONG togolaise OADEL, en collaboration avec Elevages sans frontières, a ouvert la Boutique-bar-restaurant BoBaR de promotion et vente des produits du terroir. Alors qu’aucun lieu n’existait à part les supermarchés, qui offraient des gammes réduites de produits locaux transformés et conditionnés, la BoBaR propose en un seul lieu plus de 300 produits locaux à acheter à la boutique, à boire au bar et à manger au restaurant.

Ces initiatives peuvent encore grandir et être diffusées pour ainsi contribuer à une plus grande accessibilité et disponibilité des produits alimentaires locaux transformés et conditionnés pour un plus grand nombre de consommateurs.

Ensemble, engageons-nous avec détermination et pragmatisme pour une alimentation locale suffisante pour tous, en quantité et en qualité.

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