Témoignage de Moïse Albert, Gérant de la micro-laiterie ‘Let’Agogo’ – Haïti

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Je suis Moïse ALBERT, de nationalité Haïtienne, célibataire, domicilié à Belladère. Je suis diplômé en informatique bureautique et comptabilité en République dominicaine, puis j’ai obtenu une licence en Sciences Comptables (promotion 2011-2015). J’ai travaillé en tant qu’Officier à Micro Crédit National SA en 2013, puis comme Agent de suivi au programme National de cantines scolaires de 2014 à 2018. Actuellement, je travaille comme Responsable de la laiterie de Belladère. Je suis aussi le Coordonnateur de l’Organisation des Jeunes Progressiste pour le Développement de Regadère.

La laiterie de Belladère se situe à Mireau, première section Renthe Mathé. Elle est l’unique micro-entreprise de transformation dans l’arrondissement et de la commune. Le peu de financements et d’autres difficultés structurelles freinent la micro-laiterie dans son bon fonctionnement. Actuellement, elle produit uniquement du lait stérilisé car nous ne disposons pas de chaine de froid pour la production de yaourt et de fromage. Même pour la fabrication du lait stérilisé, nous faisons face à des problèmes d’approvisionnement. En effet, le lieu où se trouve la micro-laiterie est éloigné de certaines zones de production de lait. Les producteurs laitiers manquent encore d’organisation dans la vente collective de leur lait, ce qui entraine un coût de production de lait stérilisé très élevé car la collecte du lait est insuffisamment organisée.

Le projet « Lait des Collines de Lascahobas » prévoit de nous apporter des appuis techniques et financiers pour viabiliser l’activité économique de laiterie. Au démarrage du projet, la laiterie était fermée en raison d’une insuffisance de lait en période sèche. Avec l’appui du projet, la laiterie a repris ponctuellement son activité de transformation et les problèmes liées à l’insuffisance d’intrants et d’équipements sont en partie résolus avec les dotations en contenants, capsules, l’achat d’intrants pour la production du lait stérilisé et la matière première.

Actuellement, nous avons identifié huit grandes zones de collecte sur toute la commune. Toutefois, pour mettre ces éleveurs en confiance afin qu’ils fassent la traite régulière de leurs animaux pour alimenter la laiterie en lait, nous sommes en train de les soutenir pour monter une organisation d’éleveurs producteurs de lait dans la commune. Le Coach en entreprise qui suit la laiterie, nous appui dans l’organisation des éleveurs dans la collecte du lait. Pour la collecte, nous passons dans les zones de production tous les matins avec une moto tricycle et les éleveurs apportent le lait au collecteur. Ce dernier effectue des tests de qualité comme : le test de densité, d’alcool, d’iode et un test sensoriel avant de prendre le lait et de payer le producteur soit sur place ou chaque semaine. Arrivé à la laiterie, le lait subit encore des tests de qualité, puis un filtrage avant la pasteurisation (90°C). Après la pasteurisation on laisse la température du lait diminuer jusqu’à 75°C pour passer au remplissage des bouteilles, suivi du capsulage des bouteilles stérilisées.
Généralement, on laisse le lait en observation pendant cinq (5) à huit (8) jours avant de les commercialiser. Aucune bouteille de lait stérilisé n’est autorisée à quitter la laiterie sans étiquette. Cette dernière, qui joue un rôle important dans la chaine d’approvisionnement du lait, constitue un outil essentiel pour transmettre au consommateur des informations sur le produit.

L’existence de la laiterie est porteuse de débouchés économiques pour les éleveurs dans la mesure où ces derniers font tous les jours la traite des vaches et continuent de vendre leur lait à la laiterie. Normalement, un éleveur qui possède seulement une vache qui peut donner un gallon de lait par jour pourrait générer en moyenne cinq mille (5,000.00) gourdes. Actuellement, on a une dizaine de boutiques qui achètent le lait et le revendent. De plus, avec une plus grande production de lait, la laiterie augmentera son staff. Ainsi, il y a des débouchés pour les éleveurs, pour les boutiques/commerçants et pour les jeunes de la commune.

Le lait des collines de Lascahobas

Améliorer les conditions de vie de la jeunesse rurale haïtienne par le développement d’une filière lait local

Projet

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