Après 6 mois du projet au Maroc Imik S’Imik, où en sommes-nous ?

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Elevages sans frontières et Rosa appuient l’activité d’élevage au Maroc comme levier d’autonomie pour les femmes depuis 2005. Le lancement en janvier 2021 du projet Imik s’Imik « petit à petit », avec le soutien de l’Organisation Internationale de la Francophonie, est une nouvelle étape dans l’accompagnement des jeunes femmes de la région de Ouarzazate. Après 6 mois d’activité, quelques éléments de bilan et de satisfactions sont déjà là.

Avec Imik S’ Imik, ESF & ROSA pensent à la relève !

En janvier 2021, la crise sanitaire a fragilisé l’économie locale et la confiance des femmes rurales en l’avenir. Cet avenir réside dans la jeunesse et la transmission des savoirs ! C’est dans ce contexte qu’est lancé le projet « Imik S’Imik », dont les objectifs sont d’inciter les jeunes femmes à développer une activité d’élevage, à en faire une activité rémunératrice grâce à des formations et un accompagnement de proximité. Le projet vise également à favoriser les échanges entre femmes, renforcer leurs liens sociaux et faire de leurs dynamiques collectives des leviers d’émancipation et de partage de savoirs.

Lors du lancement du projet en janvier, l’hypothèse que le métier d’éleveuse n’attire plus les jeunes générations s’est confirmée : peu de jeunes femmes étaient présentes lors des sessions d’information sur le projet. De plus, les aînées sous-estiment souvent les capacités d’apprentissage des plus jeunes : les membres des associations féminines étaient peu favorables à cette orientation du projet en faveur des jeunes. Après des temps d’échanges avec les aînées et les jeunes, quelques jeunes femmes se sont laissé convaincre pour apporter un vent de fraîcheur et un regard neuf sur l’activité. Leur réussite et leur plaisir de s’impliquer dans le projet, tant sur le plan personnel que professionnel, suscite déjà l’engouement et l’adhésion d’autres jeunes femmes qui ont exprimé leur souhait de rejoindre les associations locales pour pouvoir un jour compter parmi les nouvelles jeunes éleveuses entrepreneures.

Après 6 mois de projet, ce sont donc 25 femmes dont 16 qui ont mois de 35 ans, qui ont démarré un élevage de chèvres laitières.

Un parcours de formations enrichissant !

En mars et avril 2021, les 25 bénéficiaires du projet ont pu suivre le premier parcours de formations en gestion et entreprenariat en langue locale, organisé en partenariat avec le bureau d’étude IGHIL DARAA. Cette formation a été faite en parallèle des formations en technique d’élevage que réalise ROSA. En effet, pour convaincre les jeunes de se lancer dans l’activité d’élevage, la dimension économique est particulièrement importante.

Ce nouveau cycle de formations fut une très belle réalisation qui a permis aux jeunes éleveuses de mieux comprendre les enjeux de la microentreprise et d’appréhender leur métier d’éleveuse comme une réelle activité économique. Au-delà des compétences techniques, ces formations ont permis aux femmes de gagner en confiance et de réaliser tout ce qu’elles sont capables de faire. Les ateliers dédiés à la gouvernance et au leadership ont clôturé l’évènement en beauté avec ces 2 thématiques centrales de la vie associative. Les femmes témoignent, jour après jour, de tout ce que cela leur a apporté au quotidien en tant que femme et en tant que cheffe d’entreprise.

3 jeunes femmes se distinguent déjà : deux d’entre elle ont déjà le charisme et les qualités pour devenir femme leader (relais entre ROSA et les associations des femmes) et la troisième qui pourrait être formée aux soins

Le marrainage, sur les pistes du partage et de la transmission intergénérationnelle

ROSA et ESF expérimente dans le cadre du projet Imik S’Imik la mise en place de marrainage.

Les marraines ont été choisies pour leur reconnaissance sociale, leur capacité et leur envie à transmettre. Et bien sûr pour leurs compétences et la qualité du suivi de leur élevage. Ces anciennes bénéficiaires des projets d’ESF ont exprimé leur fierté à transmettre ce que les précédents projets de ROSA et ESF leur ont apporté. Et que maintenant, c’étaient à elles de participer à la formation des femmes de leur village.

Les marraines accompagnent 3 filleules. Ces groupes ont été suscités sur la base d’une proximité géographique et d’un choix mutuel entre marraine et filleul, dans lequel ROSA n’est pas intervenu. Pour que ce marrainage fonctionne, il est important que les personnes s’apprécient et se fassent mutuellement confiance.
Dès le début, les marraines et filleules ont pris l’habitude d’échanger quasi quotidiennement sur les élevages, les difficultés que les débutantes rencontrent, les conseils techniques, etc. Les marraines deviennent ainsi relais précieux de l’association ROSA sur le terrain.

Le marrainage est une très belle innovation qui tisse des liens entre générations, car souvent, la marraine est une femme plus âgée. Le souhait de ROSA et d’ESF est que les filleules, une fois lancées, aient à cœur d’être elles aussi marraines un jour.

Ce projet a permis à 8 groupes (une marraine et 3 filleules) de se constituer

Pour en savoir davantage sur le projet Imik S’imik

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