En Zambie, les éleveurs s’organisent pour améliorer l’accès à l’eau

L’accès à l’eau, un enjeu clé pour les communautés d’éleveurs Ce programme s’inscrit dans la continuité du projet Des lions et des vaches, mené conjointement par Melindika et Élevages sans frontières, à travers l’accompagnement des comités de gestion des pâturages. Au fil des échanges et du travail mené ces dernières années, un constat s’est imposé : la question de l’eau reste un défi majeur pour les éleveurs. En particulier à la fin de la saison sèche, le manque de points d’eau disponibles complique fortement la gestion des troupeaux. Cette situation peut conduire les éleveurs à se déplacer vers des zones plus éloignées, parfois plus exposées aux risques de prédation ou de transmission de maladies. Face à ces enjeux, il était nécessaire d’aller plus loin, en accompagnant les communautés sur des solutions concrètes liées à l’accès à l’eau. Des comités au cœur de la construction des projets L’approche choisie se veut simple, inclusive et entend fédérer la population locale autour des « comités de gestion des pâturages ». Ces derniers, à travers des consultations villageoises, identifient les besoins d’infrastructures hydrauliques collectives pour faciliter un meilleur accès à l’eau pour l’élevage. Ils sont ainsi accompagnés à chaque étape, de l’identification des besoins jusqu’à la structuration complète du projet. Cela commence par des échanges avec les éleveurs du village pour définir collectivement les priorités et choisir les solutions les plus adaptées. Les comités prennent ensuite en charge la construction du dossier : estimation des coûts, rencontres avec des prestataires, compréhension des aspects techniques… L’objectif est qu’ils soient en mesure de porter eux-mêmes leurs projets, de manière autonome et informée. Un travail spécifique est également mené sur la recherche de financements, notamment à travers des dispositifs de bourses proposés par les institutions publiques. Les comités sont accompagnés dans la constitution et le dépôt de ces dossiers. Des projets concrets, construits collectivement En 2025, plusieurs villages ont déjà été accompagnés dans cette démarche. À New Ngoma, le projet porte sur la création d’un bassin de rétention d’eau. Des études de terrain ont été réalisées avec un technicien, incluant l’identification précise du site et des analyses de sol. La construction est prévue pour 2026. À Ibula, le comité travaille sur un projet de puits équipé d’une pompe à énergie solaire. Une demande de financement a été déposée auprès du gouvernement et est actuellement en cours d’instruction. Chaque projet repose sur un modèle de financement partagé. Les communautés contribuent directement, que ce soit par la main-d’œuvre, des matériaux ou une participation financière. Cette implication est essentielle pour garantir l’appropriation et l’entretien des infrastructures sur le long terme. Les financements sont ensuite complétés par des bourses externes (publiques ou issues d’autres organisations), ainsi que par un appui de Melindika pour accompagner et sécuriser la mise en œuvre. Cette approche demande du temps et un engagement important des communautés. Elle marque aussi un changement dans la manière de concevoir les projets : ici, les éleveurs ne sont pas seulement bénéficiaires, mais pleinement acteurs des solutions mises en place. Thibault Queguiner Responsable projet 👉 Pour en savoir plus sur le projet Des Lions et des Vaches : c’est par ici 👉 Découvrir aussi : « En Zambie, les femmes renforcent leur rôle dans l’élevage caprin » : lire l’article
En Zambie, les femmes renforcent leur rôle dans l’élevage caprin

Renforcer le rôle des femmes dans l’élevage caprin Un programme d’accompagnement des femmes vers plus d’autonomie et une meilleure protection des troupeaux caprins a été lancé en 2025. Il s’inscrit dans la dynamique du projet Des lions et des vaches, mené conjointement par Élevages sans frontières et son partenaire Melindika. Ce travail fait suite à une étude menée en 2024 sur les conflits entre les prédateurs, notamment les hyènes et les troupeaux de chèvres. Elle a mis en évidence deux éléments clés : des pertes régulières liées aux attaques et un rôle central des femmes dans la gestion de ces animaux. Dans les villages, les chèvres représentent en effet une ressource essentielle pour le quotidien. Elles permettent de faire face aux dépenses courantes comme l’alimentation ou l’achat de petits équipements, contrairement aux bovins souvent réservés à des besoins exceptionnels. Leur gestion repose donc très largement sur les femmes, même si celles-ci ne se définissent pas toujours comme éleveuses. Une formation volontaire au plus près des besoins Pour répondre à ces enjeux, une formation volontaire a été mise en place dans les villages. Les participantes s’inscrivent librement. Le programme se déroule sur quatre demi-journées : les bases de la gestion d’un troupeau la santé animale (prévention, identification et traitement) la protection face aux prédateurs et la construction d’enclos renforcés, avec une sensibilisation à l’importance de la faune sauvage une introduction à la gestion économique de l’élevage, envisagé comme un petit business Cette formation reste volontairement accessible, avec l’objectif de renforcer des pratiques déjà existantes et de mieux comprendre les logiques d’investissement liées à l’élevage. Elle est menée avec l’appui d’un technicien du gouvernement, habitué à intervenir dans ce type de programme auprès des communautés rurales. Une forte mobilisation dans plusieurs villages Le programme a rencontré une forte mobilisation dès sa première année. À Basanga, 26 femmes ont participé à la formation, alors que 15 places étaient initialement prévues. Le groupe s’est structuré autour d’une dynamique collective, avec une participation souvent accompagnée des enfants. L’initiative a également été déployée à Kaminza et New Ngoma, en lien avec le Bee Club – un groupe de femmes déjà engagé dans l’apiculture et qui a souhaité développer une activité autour des chèvres. Cela a permis d’étendre le programme à deux villages supplémentaires. Suite à la formation, un travail a été engagé avec les participantes pour concevoir des enclos adaptés à leurs besoins. Le principe repose sur une mise en œuvre conjointe : les femmes construisent les structures à partir de matériaux locaux, tandis que le projet fournit les éléments complémentaires (grillage, clous) nécessaires au renforcement. La formation se poursuivra dans d’autres villages au cours de l’année, dans la continuité de cette première phase. Thibault Queguiner Responsable projet 👉 Pour en savoir plus sur le projet Des Lions et des Vaches : c’est par ici 👉 Découvrir aussi : « En Zambie, les éleveurs s’organisent pour améliorer l’accès à l’eau » : lire l’article